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Bilan 2020, covid 19 et football belge (8/12) : Anderlecht

Lukas Nmecha a fait taire les critiques à la pointe de l'attaque anderlechtoise.

© VIRGINIE LEFOUR - BELGA

27 déc. 2020 à 06:00Temps de lecture2 min
Par Manuel Jous avec Jérôme Jordens

275 millions d'euros de perte globale de revenus. En publiant la réalité implacable des chiffres, le 19 novembre dernier, la Pro League a objectivé les terribles conséquences financières de l'épidémie de covid-19 pour nos clubs professionnels.

Aujourd'hui, nos clubs sont face à une nécessité de limiter les dépenses sur le marché de transferts, en faisant preuve d'une inventivité et d'une créativité maximales.

Y sont-ils parvenus ? Dans quelle mesure leurs ambitions sportives ont-elles été affectées par une perte de revenus exceptionnelle, dans tous les sens du terme ? Petit tour d'horizon subjectif en descendant le classement et en comparant les performances.

Les chiffres pris en considération ont été arrêtés au 17 décembre.

Saison 2019-2020 : 21 points après 17 journées

Saison 2020-2021 : 29 points après 17 journées (+8)

Le club le plus titré du royaume est également le plus scruté, le plus analysé, le plus détaillé et le plus...critiqué de tous. 

Les chiffres montrent pourtant que le redressement est en cours. 8 points de plus que la saison dernière à pareille époque, ce n'est pas rien. Et encore, on n'oubliera pas que les fins de matchs ont, jusque ici, coûté...10 points aux Mauves, principalement lors des matchs à domicile contre Mouscron, Eupen et OHL. Cette saison, à son corps défendant, le Sporting est devenu une machine à partages (8 depuis le début de la saison !). A l'inverse, c'est lui qui a subi le...moins de défaites (2), alors que la saison dernière à pareille époque, il en totalisait déjà 6 !


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Incontestablement, les résultats sont en progrès et la griffe (greffe ?) de Vincent Kompany commence à prendre. Même si, paradoxalement, c'est depuis qu'il  commence à assouplir ses principes que les choses vont mieux. Le jeu dominant reste une priorité (ou une philosophie) mais plus à n'importe quel prix. Les victoires contre l'Antwerp, et même Ostende, montrent qu'il est parfois utile de déroger à son propre romantisme.

On le sait, à Neerpede, l'heure n'est plus aux folies outrancières en terme de dépenses. Ni quand il s'agit de transférer, ni quand il s'agit de rémunérer. Aujourd'hui, on recrute via data pour réduire le risque (Murillo), on fonctionne par prêts (Nmecha, Tau, Miazga) et, plus que jamais, on puise dans le réservoir jeunesse (Delcroix, Lissens, Arnstad, Ait El Hadj,...). Et cela commence à payer. Même si, vu l'état des finances, il faut parfois sacrifier un projet sportif sur l'autel de la trésorerie (Doku vendu 26 millions € à Rennes).


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Paradoxalement, le transfert le plus cher de l'été (Bundu, 3 millions €) est également le moins convaincant. Alors que des Cullen, Miazga ou Mukairu commencent à montrer leur utilité. Sans même parler de Lukas Nmecha. L'international espoir allemand a débarqué dans un nuage de scepticisme (aucun but inscrit lors de ses précédents prêts à Wolfsburg et Middlesbrough…) mais ses 9 buts personnels et sa très large palette individuelle (sens du but, couverture de balle, appels,...) font aujourd'hui de lui l'attaquant le plus complet et le plus prometteur de l'élite...avec Noa Lang, actif sous les couleurs du rival brugeois. La différence (et elle est de taille) est que, contrairement à l'Ajax, Manchester City n'a pas assorti le prêt de son attaquant d'une option d'achat...

En attendant, et alors que les places pour les Play Offs seront encore plus chères qu'avant, vu la réduction de 6 à 4 équipes, Anderlecht redevient un postulant sérieux…

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