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Binche : évolution de l’enquête et évaluation des dégâts autour des Récollets

11 juin 2022 à 15:18 - mise à jour 12 juin 2022 à 07:25Temps de lecture2 min
Par Nicolas Rondelez

L’expert judiciaire en charge des causes de l’incendie qui a ravagé l’église et le cloître des Récollets, vendredi en fin de journée, s’est rendu très tôt sur les lieux, ce samedi matin. Dès 7h00.

Il a rapidement conclu qu’il n’y avait pas eu trois, mais quatre départs de feux. Ce qui renforce la thèse de l’incendie criminel.

Une bonne partie de la nuit, c’est Daniel Marlière, Premier Substitut du Procureur du Roi de Charleroi qui a mené les premiers devoirs d’enquête. Rapidement, plusieurs mineurs d’âge ont été interrogés.

Inconnus des services de polices et de la Justice, ils ont été relâchés, rien ne permettant d’engager leur responsabilité.

Poursuite de l’enquête

Il apparaît que l’église des Récollets n’était pas seulement un squat, mais un lieu de rendez-vous récurrent de nombreux jeunes. Les noms d’autres jeunes ont été communiqués par des témoins. Ils seront plus que probablement eux aussi entendus.

L’enquête se penchera sur l’utilisation faite par ces jeunes de leur GSM. Enfin, les images de caméras de surveillance, apparemment nombreuses aux alentours de l’église en plein centre de Binche seront minutieusement analysées.

Premières images de l’intérieur

Une photographe de l’ASBL Communauté Historia, asbl luttant pour la protection et la mise en valeur du patrimoine et de l’environnement en Wallonie, était également sur place très tôt, ce matin.

Après ses premières constatations et de longues discussions avec les pompiers encore présents sur place, le communiqué publier sur la page de l’ASBL se voulait relativement rassurant : "Avec l’accord du capitaine des pompiers notre équipe a pu avoir un accès au-dessus de la voûte et à l’intérieur de l’église. Si la charpente a presque entièrement été calcinée, on nous indique que le bâtiment n’a pas bougé et que la voûte a entièrement encaissé le poids de la charpente lorsqu’elle est tombée petit à petit dessus. Les dégâts intérieurs sont extrêmement minimes et particulièrement rassurants dans l’optique d’une restauration. La suie n’a pas du tout atteint les divers tissus ornementaux et boiseries sculptées. On nous indique également que le bâtiment est encore sec".

Etude de stabilité et patrimoine à protéger

Le bourgmestre de la commune, Laurent Devin a demandé à une société spécialisée de procéder à une étude de la stabilité du bâtiment. Le rapport des ingénieurs est attendu dès la fin du week-end.

Cette étude permettra dès ce lundi matin aux autorités communales et à des représentants de l’Agence Wallonne du Patrimoine d’envisager les mesures de protections nécessaires pour la sécurité mais pour la mise à l’abri d’éléments classés, dans le chœur de l’église.

Il renferme notamment un ensemble de colonnettes en pierre qui proviennent plus que probablement du Palais de Marie de Hongrie, dont les ruines se trouvent à quelques centaines de mètres du sinistre. Au début du 18e siècle, ces éléments ont probablement été transférés et utilisé pour ériger l’église des Récollets. Ils ont une grande valeur patrimoniale et suscitent le plus grand intérêt de l’Agence Wallonne du Patrimoine.

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