Black Friday : quatorze jours d’actions contre la publicité en rue

À l’image de ce message, plusieurs panneaux publicitaires ont été détournés pour les ZAP GAMES à Bruxelles
25 nov. 2021 à 15:55 - mise à jour 25 nov. 2021 à 23:09Temps de lecture2 min
Par Sarah Heinderyckx

Cela ne vous a peut-être pas échappé si vous vous êtes promenés dans les rues de Bruxelles ces derniers temps : des dizaines d’affiches publicitaires ont été détournées, enlevées ou remplacées par des messages poétiques, artistiques ou politiques. Des actions de ce type ont aussi été menées dans d’autres villes comme Liège.

Un symbole du consumérisme

À l’origine de ces actions : un jeu lancé par un groupe de militants à l’occasion du Black Friday, cette journée de réductions massives dans plusieurs magasins. Il s’intitule ZAP GAMES, pour "Zone Anti Pub". Nous avons contacté un des organisateurs qui nous explique : "Le Black Friday, ça représente vraiment tout ce qu’on n’aime pas. C’est un symbole du consumérisme qui incarne le modèle capitaliste".

Pendant deux semaines, ils ont donc invité ceux qui le voulaient à détourner différentes affiches dans l’espace public. Et il y en a pour tous les goûts. Certains ont inséré des poèmes, des dessins, des publicités ironiques pour de grosses voitures qui vont "brûler la planète", et même des branches d’arbres et des feuilles mortes pour faire place à la nature. Reprises sur le site internet des ZAP GAMES, une cinquantaine d’actions sont réparties par catégories et des prix seront même décernés aux plus exemplaires.

Un exemple de détournement d’affiches publicitaires
Un exemple de détournement d’affiches publicitaires
Un exemple de détournement d’affiches publicitaires

Publicité envahissante

"La ville est beaucoup plus belle et agréable comme ça", nous confie l’organisateur qui regrette l’envahissement de Bruxelles, notamment, par les messages publicitaires. "La présence de publicité dans l’espace public est une présence qu’on ne peut pas choisir. On ne peut pas choisir de ne pas la voir comme sur les réseaux sociaux, c’est pour ça qu’on s’attaque vraiment à ça", ajoute-t-il. Des militants qui regrettent aussi le nombre croissant d’écrans digitaux dans les rues. Le récent contrat décroché par le géant français JC Decaux avec la ville de Bruxelles pour quinze ans ne devrait pas freiner cette expansion.

Si ces actions de désobéissance civile se voulaient non-violentes, précisons tout de même que ces militants peuvent s’exposer à des amendes s’ils sont pris en flagrant délit par la police. D’autant qu’une minorité est allée jusqu’à casser plusieurs écrans digitaux.

S’inspirer d’autres villes

Les militants souhaiteraient que Bruxelles s’inspire d’autres villes comme Grenoble. La ville française a drastiquement réduit les espaces publicitaires sur son territoire suite à l’élection municipale de 2014. La mairie avait alors fait enlever 326 panneaux du territoire, l’équivalent de 2051 mètres carrés d’espace publicitaire.

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