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Blake et Mortimer : Né avec le siècle, l’enfance de Jacobs (Épisode 1)

Né avec le siècle, l’enfance de Jacobs (1904-1921)

Episode 1 | Partition pour Blake & Mortimer ou Les Dix vies d’Edgar P. Jacobs

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27 déc. 2021 à 06:30Temps de lecture2 min
Par Thierry Bellefroid

Les Aventures de Blake & Mortimer font partie des plus grosses ventes annuelles d’albums de bande dessinée depuis leur reprise il y a vingt-cinq ans par différentes équipes de scénaristes et dessinateurs. Mais sans le génie de la série originale créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par l’auteur belge Edgar P. Jacobs, le succès actuel n’aurait jamais existé.

D’où vient ce génie ? Qu’est-ce qui fait que cet univers somme toute un peu désuet continue de fasciner ? C’est pour le comprendre qu’il faut se pencher sur le destin exceptionnel de son créateur. Car les clés de l’explication du génie sont là.

La Marque Jacobs, 2004 - Archives Sonuma

Edgar P. Jacobs est né en 1904, dans le quartier du Sablon, à Bruxelles. Fils d’un agent de police aux méthodes d’éducation musclées, il raconte son enfance avec un mélange d’humour et de tendresse.

C’est parce qu’il lui était interdit d’aller jouer dans la rue et d’user son épée en bois que le petit Edgard (il avait encore un d au bout de son prénom) allait commencer à dessiner frénétiquement. Mais le dessin ne serait pas la seule passion de cet enfant. La musique, sous toutes ses formes, le ferait également frissonner.

La Marque Jacobs, 2004 - Archives Sonuma

Edgard a dix ans quand survient la Première Guerre mondiale. Il en parle peu dans ses souvenirs. Elle lui réserve pourtant un moment fondateur. Grâce aux relations que son père entretient avec le personnel du Théâtre des Galeries, le jeune garçon peut assister à sa première représentation d’opéra. C’est le coup de foudre pour le spectacle total qu’est l’art lyrique. Mais aussi pour le livret de Faust, dont il découvre la version composée par Gounod.

Faust sera la matrice de l’œuvre à venir. Jacobs est fasciné par l’idée du pacte faustien. Abandonner ses principes moraux pour obtenir richesse ou réussite, pactiser avec le Diable au prix de son âme mais en contrepartie de la réalisation de ses vœux, voilà qui animera les ennemis de Blake & Mortimer dans leurs aventures.

De la passion combinée pour le dessin et pour l’opéra naîtra une vocation artistique indéniable. Dès ses quinze ans, Jacobs décide de se tourner vers l’Académie des Beaux-Arts.

Parallèlement, il dévore tous les spectacles de théâtre et d’opéra que lui permettent ses maigres moyens financiers, quitte à ne se déplacer qu’à pied d’un bout à l’autre de Bruxelles. Tout cela nourrira son œuvre bien plus tard. Une œuvre qu’il accomplira dans un médium, la bande dessinée, dont il a à peine entendu parler en ces années de formation.

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