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Regions Hainaut

Bois-du-Luc et 3 autres sites miniers majeurs fêtent leurs 10 ans à l’UNESCO

Les directeurs des 4 sites miniers majeurs wallons, accompagné par la Ministre De Bue, le Bourgmestre de la Louvière, et d’anciens mineurs.
13 juin 2022 à 15:40Temps de lecture3 min
Par Julien Malpas

Au mois de juillet, 4 sites miniers wallons vont fêter les 10 ans de leur reconnaissance à l’UNESCO : Bois-du-Luc (La Louvière), le Bois du Cazier (Marcinelle), le Grand-Hornu (Hornu), et Blegny-Mine (Trembleur). Une reconnaissance du passé, mais aussi une opportunité de développement.

Aujourd’hui, ces sites miniers sont avant tout des lieux de mémoire, en souvenir des mineurs qui ont travaillé dans des conditions plus que difficiles, et de ceux qui y ont laissé la vie.

Marco Recchia a travaillé de nombreuses années dans plusieurs mines wallonnes. Et lorsqu’il y revient, les souvenirs remontent à la surface : “On avait des amis qu’on ne connaissait même pas. On s’appelait par des numéros. On travaillait dans le noir, dans des tailles de 80cm avec des pioches, et des pelles. Et ce dont je me souviens surtout, c’était la poussière, et les conséquences sur la santé”.

Malgré tout, il tentait de préserver sa famille : “On ne racontait pas les drames à la maison. Quand il y avait un mort dans la mine, j’évitais de le dire à ma famille”. Sa fille, Giovanna, se souvient : “Ils ont toujours tout pris sur eux. Nous, on a vécu une belle enfance dans l’insouciance. Je me souviens vaguement de quelques souvenirs. Il n’avait pas de moyen de transport pour se rendre à la mine. Et il devait parfois marcher des kilomètres pour rentrer à la maison. Parfois, il revenait avec ses moustaches glacées, ses lèvres bleues, et le visage marqué par le froid et le travail. Je pense que cette inscription à l’UNESCO, c’est une belle reconnaissance, parce que ces gens-là l’ont bien mérité”.

Marco et Giovanna Recchia
Marco et Giovanna Recchia © Tous droits réservés

Une opportunité de développement

Mais cette reconnaissance, elle a également permis de donner un second souffle au site de Bois-du-Luc, comme l’explique la directrice Chloé Pirson : “aujourd’hui, Bois-du-Luc est inscrit à l’UNESCO, comme le Taj Mahal ! Mais c’est une étiquette avec beaucoup de travail derrière. Mais ça permet de faire avancer les choses et de renforcer l’activité touristique. Ce qui est aujourd’hui fondamental”.

Récemment, la Région wallonne est redevenue propriétaire du site de Bois-du-Luc, en reprenant le bail emphytéotique. Pour la Ministre wallonne du Patrimoine et du Tourisme, Valérie De Bue : “la Région et Bois-du-Luc continuent de travailler en collaboration avec les asbl qui sont actives sur ce site. Comme le Musée de la mine et du développement durable, qui va continuer à exploiter le site. Il est aussi important de se doter d’une vision stratégique à l’horizon de 10/15/20 ans, pour planifier toute une série d’actions concrètes, et notamment pour préserver le patrimoine, pour lui redonner une nouvelle vie, mais aussi de renforcer ce potentiel d’attractivité touristique”.

Des vestiges sur le site de Bois-du-Luc
Des vestiges sur le site de Bois-du-Luc © Tous droits réservés

Un appel à projets

Parmi ces actions concrètes : un appel à projets. Des appels ont été déposés pour débloquer des fonds européens (FEDER). Ils permettront notamment d’améliorer la qualité patrimoniale du site. Mais aussi d’aider à la transition énergétique de l’ancienne mine, avec par exemple l’installation des panneaux photovoltaïques.

Des fonds européens donc, mais aussi une mobilisation à l’échelle locale. Le bourgmestre Jacques Gobert, des projets sont en créations dans le quartier autour de la mine : “On veut faire de notre passé des atouts pour l’avenir. Il ne faut pas oublier le travail de mémoire indispensable. Mais il faut aussi renforcer l’attractivité touristique et patrimoniale de notre ville et de la région.” Plusieurs projets sont d’ailleurs déjà en préparation, notamment dans le quartier autour de l’ancienne mine. La commune souhaite reconfigurer l’intérieur de l’espace public, mais également y ramener plus de vie, sans pour autant le dénaturer. De l’artisanat et des commerces de proximité devraient notamment y voir le jour.

Le quartier de l’ancienne mine de Bois-du-Luc
Le quartier de l’ancienne mine de Bois-du-Luc © Tous droits réservés

Des activités au programme

Mais ce n’est pas tout, à l’occasion de cet anniversaire à l’UNESCO, les 4 anciens sites miniers renforcent leurs collaborations, et présentent un programme d’activités et d’exposition. En ce qui concerne Bois-du-Luc, le programme est à retrouver ici.

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