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Belgique

Bon nombre de revenus comme les gains de transactions financières ne sont pas imposés aujourd’hui : il faut pouvoir changer cela plaide Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC

Davantage de pouvoir d’achat pour les travailleurs et une modification de la loi sur la norme salariale. Voilà pour les revendications au cœur de la manifestation nationale organisée par les syndicats et qui a rassemblé entre 70.000 et 80.000 personnes ce lundi dans les rues de Bruxelles. QR l’actu fait le point sur cette action et les solutions envisageables avec Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC et Philippe Defeyt, économiste, membre du groupe d’experts "pouvoir d’achat".

Mesures insuffisantes ?

Le gouvernement a décidé ce week-end de prolonger les mesures d’aides : tarif social élargi, TVA à 6% sur le gaz et l’électricité, baisse des accises sur les carburants. En outre, le chèque mazout et propane sera revalorisé et passera de 200 à 225 euros. Tout ceci représente un effort budgétaire de près de 1,4 milliard d’euros d’ici la fin de l’année. Des mesures jugées importantes pour Marie-Hélène Ska : " L’extension et la prolongation du tarif social pour l’électricité sont des mesures qui réduisent significativement la facture pour ceux qui en ont besoin. Il ne faut le négliger. Pour les autres mesures à savoir la baisse de la TVA ou les chèques, ce ne sont pas des mesures miracles. Il faut travailler sur le coût vérité de l’énergie et trouver des solutions récurrentes et significatives".

De son côté, Philippe Defeyt défend aussi les mesures prises notamment sur le tarif social mais dénonce la lenteur de prise de décision. "Le gouvernement a été lent à la détente, par ailleurs certaines mesures ne sont toujours pas d’application comme le chèque mazout. Et puis à certains égards, le gouvernement en fait de trop. Je ne vois pas la nécessité d’un chèque électricité de 100 euros pour des personnes aisées. Enfin pour certains ménages, il n’en fait pas assez. Les petits revenus qui se chauffent au mazout, sont discriminés par rapport aux ménages qui se chauffent au gaz et qui bénéficient du tarif social".

Augmenter les salaires ?

Pour l’économiste Philippe Defeyt, il semble opportun d’augmenter les salaires nets et cela passera par l’augmentation de salaires bruts mais pas seulement : "Entre le brut et le net, il y a des mécanismes fiscaux qui tiennent compte de la situation de chacun. Et puis l’augmentation du salaire horaire, ce n’est pas tout. Vous avez des travailleurs qui bénéficient d’avantages et c’est une bonne chose. Le hic, c’est que ceux qui ont un petit salaire horaire, ce sont ceux-là qui ont très peu d’avantages. Et puis, enfin, il y a des travailleurs qui ont un double pécule de vacances ou un 13e mois et tout le monde n’a pas cela. Nous devons harmoniser tout cela à mon sens".

Revoir le système fiscal ?

Avec l’indexation des salaires, on peut se voir plus taxer qu’auparavant. Et au final, le gain en pouvoir d’achat peut se révéler quasi nul. Pour Marie-Hélène Ska, il est essentiel quand on indexe les salaires, de revoir aussi les barèmes fiscaux à la hausse.

Philippe Defeyt et les membres de la commission "pouvoir d’achat" recommande un mécanisme qui préserve l’indexation des salaires : "Si votre salaire augmente de 2% en brut, il doit augmenter aussi de 2% en net. Actuellement, ce n’est pas le cas. Les travailleurs ne sont pas assez protégés quand on analyse les salaires nets. Par ailleurs, des tas de rapports démontrent qu’il est possible de réduire la fiscalité sur les revenus du travail et de taxer un peu plus ceux qui polluent, ainsi que les revenus du capital".

Micro taxe sur les transactions financières ?

La secrétaire générale de la CSC estime qu’il faudrait une véritable transparence sur ce que nous gagnons les uns et les autres :" Bon nombre de revenus ne sont pas imposés aujourd’hui. Avec de la transparence et une globalisation des revenus de tout un chacun, nous pourrions réduire la pression sur le travail, alimenter correctement les caisses de l’Etat, investir dans la transition".

L’idée de la micro taxe est une très bonne mesure pour Philippe Defeyt. "Elle doit être prise dans un panel de mesure. Ce n’est pas cette unique mesure qui va réduire tous les problèmes sociaux et économiques du pays".

 

 

 

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