Belgique

Bornes de comptage de vélos : suivre la fréquentation en temps réel

20 août 2022 à 03:00 - mise à jour 20 août 2022 à 13:48Temps de lecture2 min
Par Françoise Berlaimont

Vous avez sûrement déjà aperçu ces bornes grises électroniques le long de certains boulevards. Elles donnent la température, l’heure, le nombre de cyclistes du jour et le nombre de cyclistes depuis le début de l’année. Se déplacer à vélo rencontre un succès exponentiel, le prix des carburants n’étant qu’un des facteurs récents qui favorisent ce choix en vogue depuis quelques années. Bruxelles Mobilité utilise les données pour concevoir les aménagements futurs, et les met à la disposition du public en "open data".

Pic de passages à Molenbeek

Un internaute propose sur son blog plusieurs graphiques. John Doe (l’équivalent anglophone de Jacques Dupont, Monsieur Tout le Monde) a d’abord répertorié 17 bornes qu’il nous propose de suivre en direct. L’inévitable rue de la loi, le boulevard Général Jacques, la rue des Nerviens à Etterbeek ne sont que quelques exemples des lieux très empruntés par les cyclistes. Mais c’est le quai aux charbonnages, le long du canal à Molenbeek, qui enregistre le plus grand nombre de passages avec 3237 vélos, par exemple, ce 18 août 2022.

Vous y trouvez aussi le nombre de passage l’heure écoulée, aujourd’hui et cette année, et puis la vitesse moyenne, le nombre de vélos par heure, le nombre de cyclistes par jour, par nuit, et enfin l’heure de pointe. Et puis ce cycliste quotidien, développeur web, a mis au point les graphiques de comparaison. On voit ainsi que rue de la loi, entre juin 2021 et juin 2022, le trafic des vélos a augmenté de 70% et de 56% entre juillet 2021 et juillet 2022. Ce cycliste et informaticien passionné met son travail à la disposition de tous, gratuitement.

 

Concevoir de nouveaux aménagements

C’était il y a 5 ans, au début de l’été. La rue de la loi était aménagée pour faire de la place aux vélos. La célèbre rue passait de 4 à 3 bandes pour les voitures et 1 bande réservée aux cyclistes, de plus en plus nombreux. La première borne de comptage des vélos y a été installée en septembre 2017. Depuis, "une vingtaine de bornes enregistrent chaque jour le passage des cyclistes", précise Inge Paemen, porte-parole de Bruxelles Mobilité. Evidemment, "ces bornes sont placées aux endroits où l’on constate des passages importants".

"Le but de ces comptages, au départ, était de rendre les cyclistes plus visibles", explique Inge Paemen, "de montrer à chacun que c’était possible de rouler à vélo à tel endroit et ainsi créer une communauté de cyclistes". D’autres systèmes de comptage ont précédé les bornes électroniques : le comptage manuel pendant une unité de temps, généralement aux heures de pointe. Et puis l’installation de tubes à air dans la voirie a permis un début d’automatisation. Quelle que soit la méthode, les données ainsi récoltées permettent de repérer les lieux à améliorer ou à créer.

Objectiver le nombre de cyclistes

Le Gracq (le Groupe de recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens) soutient depuis longtemps ce genre d’initiative. "Cela nous permet d’objectiver le nombre de cyclistes avec des données réelles", explique Gaël De Meyere, porte-parole, et "de bien prouver, contrairement à ce que certains affirment, que le nombre de cyclistes est en hausse, notamment à Bruxelles, et que les pistes cyclables ne sont pas vides".

Au début, en 2017, l’objectif des bornes de comptage était d’encourager les cyclistes pour qu’ils ne se sentent pas seuls. Aujourd’hui, "les bornes sont restées un outil d’encouragement ("Je suis le 312e cycliste à passer ici aujourd’hui") mais elles sont surtout devenues un outil de planification politique", se réjouit Gaël De Meyere.

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