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Belgique

Bouchez et NV-A critiquent la réforme des pensions, la CSC voit des éléments positifs

Bouchez flingue les projets de Lalieux pour la réforme des pensions: "On va devoir remettre tout ça sur le métier"
03 sept. 2021 à 08:10 - mise à jour 03 sept. 2021 à 11:24Temps de lecture4 min
Par Belga

Le MR a vivement critiqué le contenu de la réforme des pensions avancée vendredi par la ministre Karine Lalieux (PS), notamment ce vendredi sur La Première, estimant que le projet devait être remis "sur le métier".

"Cette réforme est hors des clous budgétaires et elle ne correspond pas du tout aux objectifs fixés dans la coalition. On va devoir remettre tout ça sur le métier", a commenté le président des réformateurs, Georges-Louis Bouchez. "On a besoin d'une réforme structurelle. Là on est dans une série de mesures dont il faudrait reparler dans 3 ou 4 ans. Ca ne va pas".

Ce n'est pas sérieux

Alors que celui-ci attendait des changements assurant la pérennité du système des pensions ainsi qu'une convergence des statuts et une solution pour les métiers pénibles, le MR juge le projet de la ministre Lalieux est aujourd'hui "bien loin de tout cela".

Outre les critiques sur le fond, M. Bouchez dénonce également la méthode utilisée par la ministre pour communiquer son projet: "Présenter une telle réforme dans la presse, avant-même que les textes se retrouvent sur la table du conseil des ministres, ce n'est pas sérieux", lance le Montois. "A Karine Lalieux (anciennement échevine à Bruxelles, ndlr), je suis tenté de dire : on n'est plus au collège de la Ville de Bruxelles. Franchement, c'est un dossier "touchy", ce n'est pas la bonne méthode".

L'invité de Matin Première: Karine Lalieux

La réforme des pensions

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L'opposition N-VA au fédéral a fustigé pour sa part a réforme de la ministre Lalieux, voyant dans celle-ci un "un manque total de sens des responsabilités". "On veut encore une fois dépenser de l'argent qu'on n'a pas, sans aucune adaptation valable pour rendre la réforme soutenable pour les générations à venir", selon la formation nationaliste. "C'est 'après nous le déluge!'".

Ce sont nos enfants et petits enfants qui paieront la facture

Pour la N-VA, les propositions sur la table laissent croire qu'on pourra travailler moins pour avoir une plus belle pension. "Mais ce sont nos enfants et petits enfants qui paieront la facture de la petite fête du PS", estime le parti de Bart De Wever.

Pour la N-VA, les réformes menées par le gouvernement Michel I pour maintenir le système des pensions financièrement soutenable sont vidées de leur substance avec le projet avancé par la ministre Lalieux. Le parti dénonce notamment les nouvelles conditions d'accès fixées pour bénéficier de la pension minimum. "Contrairement à ce qui est nécessaire, le travail effectif n'est pas récompensé par une meilleure pension. C'est une gifle en plein visage pour ceux qui auront contribué pendant des décennies à notre société".

La N-VA souligne aussi que le gouvernement table sur un taux d'emploi de 80% pour maintenir le régime des pensions soutenable, mais rien dans le plan n'indique comment ce taux sera relevé. Les nationalistes pointent le fait qu'il est déjà très difficile de pourvoir à de nombreux emplois, alors que le taux d'emploi n'est que de 70% actuellement.

Sanctions qui ne fonctionnent pas selon la CSC

De son côté, la CSC estime qu'il est "important pour nous que l'on quitte une logique de sanctions qui ne fonctionne pas", a brièvement réagi la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska, en référence au projet de réforme. 

"L'enjeu de cette réforme des pensions c'est d'amener de la stabilité, de la clarté... après beaucoup d'années d'incertitudes", a-t-elle estimé.

Si le syndicat chrétien voit des éléments positifs, notamment la possibilité de mieux combiner les fins de carrière et la vie privée mais surtout la fin "d'une logique de sanctions qui ne fonctionne pas", il rappelle que "beaucoup de questions restent ouvertes".

Plusieurs dossiers seraient amenés sur la table de la concertation sociale, comme la généralisation de la pension complémentaire ou encore la question de l'égalité hommes-femmes face aux pensions. "On espère que les règles qui seront fixées par le gouvernement permettront un débat serein", a-t-elle conclu.

Pour le syndicat libéral "regrette profondément les déclarations de toutes les parties sous forme de slogans" après la présentation dans la presse du projet de réforme des pensions. "Le dossier des pensions est complexe et il se doit d'être abordé dans sa globalité et porté par les interlocuteurs sociaux", estime la CGSLB vendredi. Elle s'attend donc à être rapidement invitée à la table des négociations pour pouvoir exprimer ses opinions.

Le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB), par l'intermédiaire de sa présidente Sylvie Lausberg, s'est félicité du contenu de la proposition de réforme des pensions présentée vendredi par la ministre Karine Lalieux (PS), jugeant qu'il était "grand temps que les effets des discriminations subies par les femmes au travail et dans l'organisation de la vie privée et professionnelle soient pris en compte au moment de réfléchir au système des pensions".

Dès le deuxième point de la proposition rédigée par la ministre des Pensions, une attention particulière est portée sur la "situation des femmes", se basant sur le constat qu'elles gagnent en moyenne une pension 33,4% moins élevée que les hommes, d'après les chiffres présentés dans la note. Une différence qui s'explique en grande partie par un pourcentage de travail en temps partiel plus conséquent chez les femmes (42,5%, contre 11,8% pour les hommes).

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