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Bouclé. e par le corona ? Ouvre-la / La gifle pour l'assiette mal rincée

Bouclé. e par le corona ? Ouvre-la / La gifle pour l’assiette mal rincée

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06 mai 2020 à 16:00Temps de lecture2 min
Par mriy

" Personne d’autre que moi, jamais ne voudra de toi, Amélia " je ne vivais que par lui. Je restai car j’étais conditionnée, IL m’avait conditionnée.

De nombreuses femmes victimes de violences conjugales sont coincées avec leur bourreau depuis le début du confinement. Voici un texte d’Amélia participante à l’atelier d’écriture initié par Scan-R, une ASBL qui aide les jeunes entre 12 et 25 ans à coucher sur papier leurs vécus sur des sujets qui les touchent.

Pendant un an et demi, Amélia a eu une sale histoire et on ne peut pas appeler ça une histoire d’amour. Victime de celui qu’elle aimait, elle pense aujourd’hui à toutes les autres femmes qui sont deux fois prisonnières. Une fois du virus… Une seconde fois de son gars.

Le confinement ce n’est pas chouette. On ne peut plus aller au cinéma, prendre un verre avec des copains, faire ses courses tranquillement ou seulement, bêtement, se balader en paix. Du haut de mes 20 ans, j’ai vécu un tout autre confinement qui, lui, a duré 1 an et demi. Livrée à moi-même, je tombe sous le charme d’un homme qui, au début, avait tout d’un gentleman. Il se présenta comme un héros, il m’a promis la lune et dans mon malheur… Je l’ai cru.

L’oiseau était dans la cage. Interdiction de sortir, souffrances physique et mentale, surveillance constante, rabaissement et j’en passe. Aveuglée par ses moments de tendresse entre deux " personne d’autre que moi, jamais ne voudra de toi, Amélia " je ne vivais que par lui. Je restai car j’étais conditionnée, IL m’avait conditionnée.

Certaines femmes le sont aussi, mais avant le confinement, elles avaient l’opportunité de s’aérer l’esprit. Aujourd’hui, je pense à toutes ces femmes qui, malgré elles, se retrouvent confinées avec leur bourreau. Ces femmes qui s’acharnent à éduquer leurs enfants du mieux qu’elles peuvent, qui malgré leur fatigue et la pression, s’occupent de leur maison comme des chefs et qui ne reçoivent jamais la reconnaissance qu’elles mériteraient. Je veux qu’on pense à elles car quand nous nous plaignons que le wifi bugge, elles reçoivent une gifle pour une assiette mal rincée.

 

Info en plus !

Dans “Coronavirus en Belgique : les lignes d’écoute pour les victimes de violences conjugales sont saturées”, une dépêche de l’agence Belga publiée sur le site de la RTBF, on apprend que, depuis le début du confinement, le nombre d’appels passés au 0800/30.030 a doublé. Ce numéro est celui de Ecoute violence conjugale, disponible 7/24, il permet – gratuitement et dans l’anonymat – de parler de la situation. Parler, c’est un premier pas vers une solution.

Amélia, 20 ans, Namur.

Tu as aimé l’article d’Amélia. Toi aussi tu as un sujet en particulier qui t’anime, Tu veux faire part de ton témoignage ? L’équipe de Scan-R peut t’aider et t’accompagner dans l’écriture. Tu trouveras toutes les infos ici ou ici

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