Dans l'air du temps

Bourvil : "Vivre sans tendresse, il n’en est pas question"

André Bourvil en 1963

© ARCHIVE AFP

Le 23 septembre dernier, cela faisait 50 ans que Bourvil nous quittait... En cette période incertaine, où le spectre d'un nouveau confinement plane au-dessus de notre tête, Réal Siellez vous propose de revenir sur un titre totalement indémodable de la chanson francophone, qui a été largement partagé sur les réseaux sociaux durant la période du premier confinement.

Une symphonie confinée

Symphonie confinée, la chanson "la tendresse" a été reprise par 45 musiciens et chanteurs français, s’enregistrant tous séparément, et cela à l’initiative du guitariste touche à tout originaire de l’Orne Valentin Vander.

Une vidéo à découvrir ci-dessous.

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Mais cette chanson à une origine, on repart en 1963… Le premier interprète est masculin, un certain André Bourvil…

Et cette chanson sera ensuite reprise un an plus tard par Marie Laforêt.

La tendresse est une chanson écrite par Noël Roux qui avait déjà collaboré avec Bourvil, lui calibrant des succès qui font encore aujourd’hui partie de la mythologie du grand acteur. Nous nous souvenons tous de la Salade de fruits.

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C’est Hubert Giraud qui compose La tendresse pour Bourvil. Giraud avait fait la connaissance de ce dernier après la Guerre quand Bourvil travaillait auprès de Ray Ventura. Les compositions de Giraud seront également légendaires et feront la renommée des compagnons de la chanson, de Jacqueline François, de Juliette Gréco, d’Yves Montand, de Jean Sablon et d’une certaine Piaf.

Une découverte de la musique par la radio

Enfant, Bourvil se met à la musique d’abord par imitation de ce qu’il entend à la radio, ensuite ses parents lui achètent un accordéon. Il intègre ensuite la fanfare municipale de Fontaine-le-Dun, où il apprend le cornet à piston.

Et lorsqu’il doit faire son service militaire, il est engagé au 24e régiment d’infanterie dans la musique militaire, il est entouré donc de nombreux Premiers prix de conservatoire et autres Prix de Rome.

Quand vient la Guerre, il aura la politesse de vouloir faire rire autour de lui, ses capacités de musicien et son enthousiasme à toutes épreuves seront donc mis au service de l’humour.

Et c’est ainsi qu’à la sortie de la deuxième Guerre mondiale, il sera projeté dans le monde du Music-hall avec des mélodies joyeuses, où, uniquement pour faire rire, il jouera les imbéciles heureux.

"L’imbécile heureux, voilà mon emploi"

Lorsqu’il reçoit son prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise en 1956 pour La traversée de Paris, il dira : "Le rire dans la qualité c’est ce que je voudrais pouvoir faire. L’imbécile heureux, voilà mon emploi. Que je m’évade de temps en temps je ne dis pas non mais ce sera toujours pour y revenir."

Et sa chanson La tendresse, parmi plus de 300 titres qu’il a interprétés, fait donc partie de la sincérité qui lui colle à la peau… Un peu comme on écouterait le monologue d’un clown surdoué qui retire son nez face au public.

Aujourd’hui ce tube de tendresse nous est revenu par les réseaux sociaux, c’est parce qu’il nous manquait et nous manque encore, de la proximité, des bras et des baisers… Ceux chantés formidablement, il y a maintenant 57 ans restent indémodables.

"La tendresse" de Noël Roux et Hubert Giraud interprété par Bourvil en 1963. C’était dans l’air du temps, ça l’est toujours…

 

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