Cloé du Trèfle et Lisette Lombé se sont rencontrées lors d’une soirée Les Fleurs du Slam au Théâtre 140 à Bruxelles. Toutes deux ont alors l’envie de travailler ensemble. L’occasion se présentera quelques mois plus tard, en plein confinement. Le philosophe Laurent de Sutter leur passe une commande pour le Festival de philosophie et musique "Les Rencontres Inattendues" de Tournai. De là naîtra "Brûler Danser", pépite poétique et rythmique qui relate l’émancipation d’une femme, renouant avec "la puissance du ventre" et dont le prénom sonne comme une incantation : Remontada.
Remontada, remontée de score inattendue en football
et par extension, victoire inespérée quel que soit le sport
et par extension, retour au premier plan d’un homme politique après une longue traversée du désert,
et par extension, pour nous, par pour la politique, pas pour le dictionnaire, pas pour le terrain de foot, pour nous, Remontada sera le prénom de notre héroïne.
Il était une fois…
Non, elle était une fois Remonatada…
Sur ce personnage, on a assez peu d’informations concrètes. "On ne sait pas vraiment son âge, on dit à un moment donné qu’elle est dans la quarantaine mais on était aussi en quarantaine pendant la pandémie, il y a donc une polysémie à cet endroit-là", explique Lisette Lombé. Elle poursuit : "On ne connaît pas son métier, son âge exact, sa couleur de peau… Tout est un peu flou pour justement laisser la place à l’imaginaire, que chacun puisse se projeter." Pari réussi. Dans les gradins à ciel ouvert du Théâtre des Doms, le public frémit à chaque fois que Lisette Lombé décoche une flèche, un mot, une phrase. Son texte, puissant, va droit au but, sublimé par la musique de Cloé de Trèfle dont les nappes hypnotisantes évoquent la marée, inéluctable. Devant nous, la poésie s’incarne dans le corps de la slameuse, toute de noire vêtue. Lisette Lombé nous regarde droit dans les yeux, nous laissant comme subjugués.