Economie

Bruno Colmant : "Dans l’économie de marché, il n’y a pas de projet pour l’humain". Vers la fin du néolibéralisme ?

Vivons-nous la fin du néolibéralisme ?

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22 sept. 2022 à 05:31 - mise à jour 22 sept. 2022 à 10:38Temps de lecture2 min
Par Arnaud Ruyssen

Dans le 4ème épisode du PODCAST "Déclic – le Tournant", nous nous intéressons au néolibéralisme. A l’heure où de nombreux gouvernements dénoncent les dérives du marché énergétique, certains se demandent si le néolibéralisme tel qu’incarné politiquement depuis les années 80 n’est pas en train de mourir. Alors mythe ou réalité ?

Interrogé dans le cadre de ce Podcast, l’économiste Bruno Colmant (du cabinet de stratégie Roland Berger) ne mâche pas ses mots sur certaines dérives du capitalisme dans le cadre de l’économie de marché : "les marchés fonctionnent par anticipation de la richesse future et donc l’économie de marché consiste en un capitalisme d’aspiration du futur, contrairement au capitalisme rhénan (qu’on a connu dans les années 60 et 70) qui lui partage ce qui est accompli. On peut donc dire que l’économie de marché telle que promue par le néolibéralisme a transformé le vecteur du temps ce qui a entrainé une surexploitation de la nature. On veut une jouissance immédiate, au détriment de la nature qui n’a pas le temps de se régénérer".  

" Le néolibéralisme ne s’intéresse pas à l’humain "

Et celui qui est aussi professeur d’Economie à l’UCLouvain évoque aussi la place de l’humain dans ce modèle : "Comme c’est un capitalisme d’anticipation, la valeur de l’humain est sa valeur circonstancielle du moment. Il n’y a pas de projet pour l’humain et donc c’est un système qui conduit à l’épuiser. Le néolibéralisme ne s’intéresse pas à l’humain qu’il considère comme une externalité. La seule limite de l’humain, c’est sa limite biologique. Et donc c’est un capitalisme qui est par nature inégalitaire et qui surexploite la planète".

Pour Bruno Colmant qui enfonce le clou, le modèle de capitalisme porté par les néolibéraux est incompatible avec l’état social. "C’est ça qu’on constate maintenant en Europe. Les équilibres qui ont été patiemment construits après la guerre sont incompatibles avec les exigences ou l’intempérance de l’économie de marché. Et on ne s’en est pas tout de suite rendu compte car quand ce néolibéralisme s’est déployé dans les année 80, nous n’étions pas convaincus, nous citoyens, de l’efficacité de l’état".

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Bruno Colmant mais aussi les regards croisés de Bertrand Henne, Kenneth Bertrams (professeur d’histoire de l’économie à l’ULB) et de la professeure en sociologie du travail (UCLouvain) Isabelle Ferreras dans ce nouveau numéro du PODCAST " Déclic – Le Tournant ". Bonne écoute!

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