La Trois

Bruno Cremer : au-delà de Maigret

Bruno Cremer

© Getty Images

23 sept. 2022 à 06:28 - mise à jour 23 sept. 2022 à 07:03Temps de lecture2 min
Par Fanny Guéret
Bien sûr, Bruno Cremer est indissociable de son personnage du commissaire Maigret. Mais il a multiplié les rôles au cinéma et incarné bon nombre de personnages. Ce documentaire perce le mystère de cet acteur très discret qui nous a quittés en 2010.
 
Des frères Dardenne à François Ozon (Sous le Sable) en passant par Jean-Claude Brisseau (Un jeu brutal), l’imposant Bruno Cremer a eu une riche carrière et a ravi tous les réalisateurs avec qui il a travaillé. Il a connu, il est vrai, la gloire en s’appropriant ce personnage du commissaire Maigret entre 1991 et 2005. Mais, avant tout brillant comédien de théâtre, Cremer est apparu dans de nombreux films, comme l’incontournable Noce Blanche dans les années 80.
L’acteur est d’abord passé par la case conservatoire en même temps que Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort et Jean-Paul Belmondo, et comme eux, il y a fait ses armes.
 
Les acteurs et réalisateurs qui parlent de lui dans ce documentaire sont éclairants à bien des égards : Jacques Perrin devenu son ami et même son "grand frère" parle du grand talent de son ami, Costa-Gavras (Un homme de trop) décrit un acteur à l’attitude parfaite en tournage, s’accommodant de conditions parfois difficiles, ou encore les frères Dardenne, pour qui l’acteur avait accepté de tourner dans leur premier film Falsch en 1986 alors qu’ils n’étaient pas du tout (re) connus à l’époque. Les frères témoignent de la générosité de Cremer et de leur grande expérience acquise grâce à la sienne.
Et tous s’accordent sur le grand acteur qu’il a été. Tour à tour, Bruno Cremer est décrit par tou.te.s celles et ceux qui ont collaboré avec lui comme un grand acteur calme et discret, généreux et discipliné, à la voix imposante et à l’humour froid, capable de créer une constance à ses personnages qu’il incarne. Un grand professionnel. Bruno, c’était l’incarnation "D’une lenteur voulue qui donne le pouvoir" dira Gavras. Cremer a aussi accepté pas mal de rôles secondaires dans sa carrière, une richesse pour les réalisateurs pouvant compter sur un acteur de son envergure. Et il était aussi tourné vers ses collègues, "il les regardait, il travaillait avec eux" dira cette chargée de production qui l’a côtoyé durant 10 ans pour la série des Maigret.
 
Chantal Cremer, sa femme, intervient elle aussi dans ce film et revient sur l’enfant qu’il a été et sur ce qui l’a peut-être amené à ce métier. Elle explique aussi comment son mari parvenait subtilement à éviter de se dévoiler en interview. On n’a pratiquement jamais rien su de sa vie privée, il s’est toujours arrangé pour qu’elle le reste.
 
Quant à ce restaurateur parisien où l’acteur avait pris l’habitude de venir déjeuner et se poser les après-midi, le lien qu’ils ont tissé en dit long sur le personnage anti-people qu’il était et sur cette solitude choisie qu’il avait instaurée dans sa propre vie.
 

Le mystère Cremer, un portrait à voir sur La Trois le vendredi 23 septembre à 20h35, et en replay sur Auvio.

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