Belgique

Budget fédéral : SNPS, FGTB, CSC dénoncent les promesses non tenues

Les ministres fédéraux ont tenu une conférence de presse pour présenter leur accord sur le budget, ce mardi 11 octobre 2022.

© Belga ERIC LALMAND

12 oct. 2022 à 12:03Temps de lecture4 min
Par Belga édité par D. V. Ossel

Le gouvernement est parvenu à un accord sur le budget fédéral, ce mardi 11 octobre. "Promesse non tenue", "inacceptable", "cadeaux aux entreprises", les syndicats réagissent.

CSC : "Promesse non tenue pour les fonctionnaires fédéraux"

La CSC Services publics redoute que certaines dispositions prises dans le budget 2023 ne remettent en cause l'accord destiné à améliorer la rémunération des 65.000 fonctionnaires fédéraux, conclu fin juin.

"Pour la première fois en 20 ans, nous pouvions envisager une augmentation salariale qui ne se limiterait pas à l'index. Après ces avancées encourageantes lors de la concertation sociale pour la fonction publique, le gouvernement a rompu sa parole de façon éhontée", dénonce la CSC-SP dans un communiqué diffusé mercredi au lendemain de l'accord sur le budget bouclé par le gouvernement fédéral.

"Les agents fédéraux peuvent oublier une augmentation de l'allocation de fin d'année, une augmentation salariale de 2% (à peine) et ils devront se contenter de l'illusion de chèques-repas, même si ceux-ci, promis dès novembre 2022, ne seront attribués aux agents fédéraux qu'à partir de 2024", ajoute le syndicat chrétien.

Au cabinet de la ministre de la Fonction publique Petra De Sutter, on reconnaît que le timing de l'octroi des chèques-repas a été revu, tout en soulignant la revalorisation qu'une telle mesure va apporter. "Cela représentera à terme un gain net de pouvoir d'achat de près de 1.000 euros par an pour les fonctionnaires qui travaillent à temps plein", explique-t-on. 

FGTB : "Avancées sociales" mais aussi "cadeaux ONSS" aux entreprises

L'accord sur le budget fédéral comprend certaines avancées sociales, reconnaît la FGTB mais aussi des "cadeaux ONSS" faits aux entreprises. L'ensemble est assez déséquilibré, conclut le syndicat socialiste.

Ce dernier a d'abord salué le prolongement des mesures de soutien destinées à alléger la facture d'énergie des ménages jusqu'au mois de mars. "Mille euros de moins à payer, reconnaissons que cela soulage."

La FGTB est également satisfaite du maintien de l'indexation automatique des salaires et constate que la mise à contribution des banques, des surprofits, du capital est enfin enclenchée. "Ce n'est pas rien! Mais c'est insuffisant", clame-t-elle.

L'organisation de défense des travailleurs craint que les mesures accordées aux entreprises ne pèsent trop sur la sécurité sociale. "Toutes les entreprises vont profiter, de manière linéaire, de 7% d'exonération de cotisations patronales pour le premier semestre 2023, à raison de 1 milliard d'euros. À cette mesure s'ajoute le report de cotisations sociales qui leur est déjà accordé pour la deuxième moitié de 2023."

Pour plusieurs autres matières, la FGTB, rejointe par le CGSLB, sont déçus : "Les flexi-jobs étendus à plusieurs secteurs, l'élargissement du nombre d'heures de 'travail étudiant' et la réduction de l'accès à des crédits-temps sont des coups portés à la concertation sociale, en défaveur des travailleurs."

"Une fois de plus, ce gouvernement trahit ses promesses faites lors de son entrée en fonction, à savoir le respect de la concertation sociale", pointe de son côté le syndicat libéral.

SNPS : revalorisation salariale reportée à octobre, "inacceptable"

L'accord salarial comprenant une augmentation de salaire pour les policiers conclu entre la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden et les syndicats SNPS et SLFP Police aurait dû faire ressentir ses effets dès janvier 2023. Il est désormais reporté à octobre 2023, apprend-on mercredi à l'issue d'une réunion entre la ministre et les syndicats. "Nous ne remercierons pas le Premier ministre De Croo qui a, de ce fait, mangé sa parole", a réagi Thierry Belin, secrétaire national du SNPS. "C'est inacceptable, il s'agit d'un manque de respect par rapport à sa ministre et aux partenaires sociaux".

L'accord qui portait sur une revalorisation de 1.000 euros bruts par policier sera phasé: 45% en sera mis en oeuvre en octobre 2023, 45% en octobre 2024 et 10% en octobre 2025.

ACV Puls: les flexi-jobs dans le secteur des soins, "une gifle"

Le syndicat chrétien flamand ACV Puls est farouchement opposé aux plans du gouvernement fédéral de rendre possible les flexi-jobs dans le secteur du bien-être et des soins. "Cela n'apporte aucune réponse structurelle au manque de personnel et cela va entraîner un recul des conditions salariales et de travail", estime ce syndicat. Il demande au gouvernement de revoir sa décision.

L'ACV Puls souligne que les salaires des personnes occupant des flexi-job sont inférieurs à ceux attribués à des contrats de travail classiques. Il donne des exemples de différences de salaires d'un tiers ou plus après 5 ans d'ancienneté, et "cette différence augmente au plus on a de l'expérience". De plus, les personnes ayant un flexi-job ne reçoivent pas d'indemnités pour, par exemple, les heures supplémentaires et le travail de soirée, du week-end ou de nuit.

"Les employeurs accorderont dès lors leur préférence à un 'flexi-jobber' bon marché", assure le syndicat selon lequel, des milliers de travailleurs à temps partiel du secteur sont pourtant prêts à travailler plus d'heures et pourraient donc rapidement aider à pourvoir certains postes vacants. "L'introduction des flexi-jobs est une gifle pour ces milliers de collègues à temps partiel et les condamnera à des horaires réduits ou à accepter un statut défavorable pour travailler plus".

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