Coronavirus

Bulle des 5 et coronavirus : "La prudence est de mise", avertit Maggie de Block en commission Santé de la Chambre

Bulle des 5 et coronavirus : "La prudence est de mise" avertit Maggie de Block en commission Santé de la Chambre

© THIERRY ROGE - BELGA

18 août 2020 à 14:35 - mise à jour 18 août 2020 à 14:35Temps de lecture3 min
Par Johanne Montay

La commission Santé de la Chambre a consacré son débat d’actualité au Covid-19. La ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD) et le ministre responsable de la Task Force Shortages (responsable de l’approvisionnement en tests, notamment), Philippe De Backer (Open VLD) ont répondu aux nombreuses questions des députés.

A propos du menu du Conseil national de sécurité (CNS) de ce jeudi, Maggie De Block donne le sommaire : "On va voir ce qu’on peut faire pour la bulle de 5, quid des écoles, des courses etc. Ce sera tout un agenda. Avec les ministres-présidents, nous allons en débattre et prendre les mesures nécessaires (assouplir ou durcir quelques mesures)." Un comité de concertation entre le fédéral et les Régions doit se réunir ce mardi vers 16 heures.

Prudence sur la bulle

A propos de la bulle de cinq personnes, décidée lors du CNS de fin juillet, Maggie De Block explique que cette limitation a été inspirée par des simulations et des modèles développés par les universités d’Anvers et de Hasselt, qui indiquent que la limitation des contacts hors ménage peut avoir impact majeur sur le nombre d’hospitalisations. "Si je comprends que cette mesure a un impact considérable", dit Maggie De Block, "il faut la respecter pendant un certain temps pour limiter le nombre de contagions. Maintenant, nous allons nous y pencher à nouveau au niveau du CNS, voir si cette mesure doit être prolongée (ralentissement seulement récent). La prudence reste de mise."

Connaissiez-vous Paloma ?

C’est le nom du tableau de bord qui dit aux autorités sanitaires qui revient de zone rouge ou orange. Il a été développé en 2 semaines, explique Maggie De Block.

Et le Remdesivir ?

C’est le nom d’un médicament antiviral dont la ministre affirme qu’il a un effet bénéfique chez les patients qui ont des symptômes sévères et sous respirateur. Les études cliniques à ce propos sont contradictoires. L’agence européenne du médicament a donné une licence temporaire et conditionnelle pour ce médicament. Un achat conjoint se prépare par la commission à partir d’octobre. Des contacts sont noués par la Belgique pour veiller à ce que les patients belges y aient accès. Mais à quel prix ? C’est bien le problème. La firme, Gilead, le produit à un coût de 6 euros, mais le vend à 2000 euros. Il y a encore pas mal d’inconnues sur la mise à disposition et le prix de ce médicament en Belgique.

Quid des vaccins ?

Notre pays ne s’est pas encore engagé pour réserver une future quantité de vaccins. La ministre de la Santé rappelle qu’il y a eu un premier accord entre la commission européenne et la firme AstraZeneca. Les Etats membres ont 5 jours pour décider s’ils signent ou pas. La Belgique n’a encore rien dit : "On n’a pas encore parlé d’un prix. On va voir quelle sera la position de la Belgique", répond Maggie De Block aux députés.

Objectif 90.000 tests

Le ministre Philippe de Backer estime que le testing est important, mais isoler en quarantaine les cas positifs est plus important : selon le Risk Assessment Group, il n’est pas recommandé, dit-il, d’effectuer des tests à grande échelle sur des personnes asymptomatiques dans un dépistage général. Jusqu’à fin septembre, le ministre assure que la capacité de 30.000 tests sera assurée. Il annonce la mise en place d’une plateforme nationale "bis" qui pourra réaliser 40.000 tests à 7 endroits via les labos universitaires à partir du 1er octobre (50 millions d’euros seront investis par le fédéral dans des machines, des réactifs et du personnel). Les laboratoires cliniques devraient, eux, augmenter leur capacité de 15 à 40.000 puis 50.000 tests.

Centres de triage

Les centres de triage ont été fermés après la première vague. Il est prévu qu’ils doivent pouvoir se relancer dans les 48 heures. La plupart ont entre-temps à nouveau ouvert.

Tests sérologiques "sécurisés"

Philippe De Backer utilise l’expression "sécurisation" des tests sérologiques, pour décrire leur mise à disposition des laboratoires cliniques pour effectuer les tests. Les quantités ainsi "sécurisées" sont : 1 million de tests DiaSorin, 1,5 million de tests Abbott, 3,6 millions de tests rapides Zentech et 1 million de tests Ortho Clinical. Sécurisation ne veut pas dire achat, on l’a vu avec l’entreprise liégeoise Zentech qui a assigné l’Etat en référé pour ne pas avoir honoré les échéances de commandes prévues dans son contrat.

A l'issue de la séance de commission, plusieurs députés ont déploré de ne pas avoir de droit de réplique aux réponses des ministres, car tant Maggie De Block que Philippe De Backer ont dû s'esquiver pour participer au comité de concertation.

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