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Burn-out parental : comment réagir pour s'en sortir ?

Burn-out parental : c’est quoi ?

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02 mai 2022 à 15:30 - mise à jour 29 août 2022 à 12:50Temps de lecture4 min
Par Daphné Fanon

150.000 parents souffrent du burn-out parental en Belgique. Il est caractérisé par un épuisement physique et émotionnel, ainsi qu’une perte de plaisir avec l’enfant. Les parents se surinvestissent avec leurs enfants et un jour, s’effondrent. Des émotions que les enfants ressentent, et qui risquent de les poursuivre. Le point avec Anne-Catherine Dubois, infirmière pédiatrique et chercheuse à l’UCLouvain.

Le burn-out parental est un déséquilibre entre le facteur de stress subis par les parents, et les ressources dont ils disposent pour faire face. Ce déséquilibre se manifeste par un état d’épuisement physique, moral et psychologique. La prévalence est de 7% dans la population belge. Soit, 150.000 parents touchés : 2/3 de femmes pour 1/3 d’hommes, explique Anne-Catherine Dubois, infirmière pédiatrique et chercheuse à l’UCLouvain.

Trois symptômes caractéristiques 

  • L’épuisement, une grande fatigue : Ne plus avoir l’énergie de gérer tout ce que demande le rôle de parent. On n’arrive plus à faire face à la pression ;
  • La saturation accompagnée de la perte de plaisir dans le rôle de parent ;
  • La distanciation affective, le parent n’arrive plus à ressentir de l’amour pour ses enfants. Le parent établit une distanciation émotionnelle entre lui et son enfant. Il n’arrive plus à être réceptif aux demandes de l’enfant, il n’arrive plus à être en empathie avec ce que l’enfant vit.

Origines multifactorielles 

  • Au niveau de l’individu : les personnes perfectionnistes, qui ont un idéal de vie très construit avant d’être parent, sont plus à risque. La capacité à gérer soi-même ses émotions intervient aussi dans les facteurs de risque : certaines personnes font mieux face au stress que d’autres. Et l’influence de l’éducation qu’on a reçue joue également son rôle.
  • Au niveau sociétal : on vit dans une société remplie d’injonctions, avec des politiques familiales qui définissent ce qu’est, d’être un bon parent. Certaines personnes essayent de répondre à des injonctions en permanence, ce qui peut être fatigant.
  • Au niveau historique : la place de l’enfant dans la société occupe une place centrale. On a tendance à vouloir à en faire trop et à épuiser nos ressources en tant que parents.

Le burn-out parental: c'est quoi ?

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En tant que parent, c’est tout à fait normal d’être plus énervé certains jours. Il faut relativiser. Ce n’est pas pour autant qu’on est en burn-out parental. Les parents doivent en permanence se réajuster, pour être le plus adéquat possible. Il n’existe aucun parent qui passe sa vie sans jamais s’énerver. "Là où ça devient inquiétant, c’est quand la majeure partie du temps, on réagit de manière négative et qu’on n’a plus envie de vivre son rôle de parent" ajoute Anne-Catherine Dubois.

Reconnaître les signes d'un burn-out parental

  • Vous vous énervez rapidement ;
  • Vous vous agacez pour tout et pour rien ;
  • Vous ne trouvez plus de plaisir à être parent ;
  • Cela peut se manifester par beaucoup de cris, d’énervement et parfois même, de la violence physique.

Les solutions pour s'en sortir

La première chose à faire si on suspecte un burn-out parental est de se faire aider par des professionnels. Il existe plusieurs prises en charge :

  • Individuelle, de type thérapeutique, accompagné de psychologues formés à la question parentale.
  • Accompagnement de groupes thérapeutiques, pour aider les parents à déposer et à mettre en commun leurs histoires, pour relativiser et prendre de la distance. Cela permet de trouver les ressources et replacer les priorités là où elles doivent être.

L’enfant, lui aussi, est concerné !

Jusqu’ici, les études menées sont essentiellement tournées vers les parents. Mais quelle est la place de l’enfant dans tout ça ? Comment l’enfant vit-il la situation ? Il faut libérer la parole des enfants et leur donner les ressources pour affronter la situation, pour ne pas développer des conséquences plus tard. Anne-Catherine Dubois réalise une étude à ce sujet. Si vous souhaitez participer à cette étude, n’hésitez pas à la contacter : anne-catherine.dubois@uclouvain.be

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Le point de vue de Cynthia Suarez

Cynthia Suarez, psychologue clinicienne chez Clinikids à Nivelles, est également intervenue à ce sujet dans l'émission "La Grande Forme" du 29 août 2022.

Notre experte définit le burn-out parental come étant un déséquilibre prolongé de stress par rapport aux ressources qu'on peut avoir, "comme si vous étiez brûlé de l’intérieur et que vous n'aviez plus de carburant pour avancer..." 

Symptômes 

Quatre sortes de symptômes : 

  • Épuisement physique et émotionnel
  • Une distance s’installe avec son enfant, le parent passe en pilote automatique
  • Perte de sentiment d’efficacité et de satisfaction, il se sent nul comme parent et regrette sa vie d’avant 
  • Le parent s’est mis un idéal en tête et il y a un contraste avec le parent en burn-out qu’il est ; par exemple, avant il était très câlin et désormais, c'est insupportable pour lui d’en faire  

Conséquences au quotidien 

Les parents sont fatigués, irrités et irritables, peuvent avoir des migraines, des maux de dos, etc. Le parent est perdu, et l’enfant va culpabiliser. On peut déceler que l’enfant perd des points à l'école, qu’il est plus angoissé, qu’il fait des cauchemars la nuit, qu’il a des comportements plus agressifs pour faire réagir ses parents justement… Le parent a parfois envie de tout plaquer ; on a déjà vu des parents partir et revenir plus tard.

Burn-out parental

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Clés pour aller mieux 

  • S'inscrire dans un groupe de parole 
  • Suivre une thérapie avec un psy
  • Prendre du temps pour soi : faire des exercices de pleine conscience et/ou du yoga
  • Se dire qu’on n’est pas qu’un parent, qu’on est quelqu'un de bien, ce n’est pas un aveu d’échec d’être en burn-out parental, il faut s’aimer avec ses imperfections 

"Parfois, malgré tout, il vaut mieux faire un break et arrêter un peu de travailler pour se recentrer sur soi-même et repartir sur de bonnes bases", conclut Cynthia Suarez.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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