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Premier League - Football

Burnley, le nouveau défi de Kompany : focus sur un club à l’identité bien marquée

A Turf Moor, les supporters sont très proches des joueurs.
14 juin 2022 à 14:30 - mise à jour 14 juin 2022 à 15:08Temps de lecture6 min
Par Jérôme Jordens

Vincent Kompany a donc répondu à l’appel de la Championship en s’engageant avec Burnley. Après deux saisons passées à la tête des Mauves, l’ancien capitaine de Manchester City va donc retrouver l’Angleterre, cette fois comme entraîneur et dans l’antichambre du football anglais. Un défi de taille dans un club à l’histoire récente bien particulière. Focus sur le nouveau challenge de l’ancien capitaine des Diables.

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Sean Dyche : mi-coach, mi-Dieu

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Car l’ancien pensionnaire du banc des Clarets a marqué les esprits et est une véritable icône dans les travées de Turf Moor. Sean Dyche incarnait à lui seul l’équipe de Burnley et était adoré des supporters. Il faut dire que Dyche, c’est l’Anglais "moyen", avec un fort accent et un caractère bien trempé. La ville de Burnley l’avait accueilli à bras ouvert et lui avait même offert un pub à son nom dans lequel il passait souvent : le Royal Dyche.

Cette reconnaissance de tous, le colosse roux l’a acquise au fil des années et de son excellent travail. Arrivé en 2012, il avait fait monter le club en Premier League lors de la saison 2013/14 mais les Clarets étaient directement redescendus la saison suivante. Après un titre de champion en Championship, Burnley retrouvait à nouveau l’élite en 2015/16 pour cette fois s’y installer de façon plus durable.

Si les Clarets ont souvent joué dans la deuxième partie du tableau et ne sont pas parvenus à se maintenir cette saison, Sean Dyche a réalisé l’exploit de les emmener en Coupe d’Europe, une première en 51 ans. En finissant 7e de Premier League en 2017/18, le club a participé aux qualifications de l’Europa League mais a échoué lors du dernier tour, éliminé par l’Olympiakos.

Six saisons consécutives en Premier League pour Burnley, c’est l’équivalent d’un petit miracle tant l’équipe était citée chaque année parmi les candidats à la descente. Le secret ? Un projet à long terme. Quand ils sont redescendus en 2015, ils n’ont pas dépensé sans compter pour remonter, ils ont modernisé le centre d’entraînement avec l’argent gagné en Premier League et fait quelques transferts qui rentraient bien dans l’effectif.

Un plan façonné dans la tête de Sean Dyche qui faisait sens pour tous les fans de Burnley qui voyaient en leur coach un véritable chef de file. Dans les tribunes de Turf Moor, on pouvait d’ailleurs voir des banderoles "In Dyche we trust".

Dans une vidéo publiée par Copa 90 en février 2018, on pouvait d’ailleurs voir l’attachement que les supporters des Clarets portaient à leur entraîneur. "Ce n’est pas un manager qui a dépensé plein d’argent pour atteindre ses objectifs à court terme, il veut construire le club sur le long terme. Et même s’il ne réussit pas, il sait qu’il aura laissé le club à une bonne place pour l’entraîneur suivant. Ce qui est bien plus que ce qu’on peut demander à un entraîneur", expliquait Lee Burgess, supporter.

Liam Waddington, vlogger et supporter du club allait même plus loin : "Quand Sean Dyche va quitter Turf Moor, quand il aura fini son projet dans lequel il croit, il aura une statue devant le stade".

Une chose est sûre, Vincent Kompany devra séduire immédiatement les supporters de Burnley pour tenter de faire oublier Sean Dyche.

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Un style de jeu aux antipodes de celui de Kompany

Au-delà de l’attachement des supporters à leur ancien entraîneur, le principal obstacle de Vincent Kompany sera de dépasser la barrière du style de jeu. Si Sean Dyche était apprécié pour son caractère, c’était également le cas du jeu proposé par son équipe. Un vrai football anglais à l’ancienne. Solide défensivement, costaud dans les duels, n’hésitant pas à allonger le jeu, le football de Burnley est loin des idées de Vincent Kompany et son football de possession.

Un football qui avait pourtant été reconnu par Pep Guardiola : "Ils jouent d’une manière complètement différente de la nôtre, mais ils le font parfaitement".

"Un pour tous, tous pour un", ça aurait pu être la devise de Burnley. Un bloc défensif ultra-compact avec des joueurs qui se donnent à 100% les uns pour les autres. La charnière centrale apparaissait d’ailleurs souvent dans le haut de la liste des joueurs avec le plus de dégagements et de tirs contrés.

Si ce style de jeu faisait partie de l’ADN récent du club et qui entraînait la fascination des fans de foot anglais, c’est peut-être celui-ci qui les a menés à leur perte cette saison.

Avec un jeu basé principalement sur la défense, Burnley a peiné à marquer. Avec seulement 34 buts inscrits en 38 rencontres, les Clarets font partie des pires attaques de Premier League. Si avec 53 buts encaissés, Burnley est loin de faire partie des pires défenses (Manchester United en a encaissé 57), la différence de buts de -19 était insuffisante pour obtenir les résultats nécessaires au maintien, même si celui-ci s’est joué à 3 petits points. Burnley terminant avec 35 unités, Leeds premier maintenu avec 38.

17e avec 39 points la saison précédente, Burnley n’avait alors inscrit que 33 buts et encaissé 55, tout en prenant pourtant 4 unités supplémentaires qui auraient été suffisantes pour se maintenir cette saison.

Le manque de buts s’est illustré par la liste des meilleurs buteurs du club. Maxwell Cornet occupe la première place avec 9 roses. Derrière lui, Chris Wood, parti en janvier à Newcastle avec 3 buts, tout comme Ben Mee, défenseur central. Wout Weghorst, débarqué en janvier de Wolfsburg pour 14 millions d’euros n’a pas été le sauveur attendu et n’a inscrit que 2 buts.

Avec une victoire contre Tottenham, des nuls à Leicester, Arsenal, Chelsea et contre Manchester United, Burnley a pourtant fait trembler les grosses écuries cette saison mais a sans doute manqué le maintien suite à ses mauvais résultats contre ses adversaires dans la course au maintien : une défaite et une victoire contre Everton et un nul et une défaite contre Leeds et Norwich.

Pour Kompany, il va donc falloir reconstruire une identité et convaincre les joueurs d’adhérer à sa philosophie de jeu.

Un noyau qui va faire peau neuve

Le point positif pour Vincent Kompany est que le noyau risque de beaucoup changer. Sept départs de joueurs en fin de contrat ont déjà été annoncés et d’autres joueurs devraient également quitter le club.

Parmi les joueurs en fin de contrat, on retrouve d’ailleurs des joueurs qui ont longtemps été importants dans le onze de Sean Dyche. Ben Mee et James Tarkowski formaient la charnière centrale, le premier était même capitaine. Ils n’ont pas été prolongés. Tout comme le vétéran Aaron Lennon, les deux arrières gauches Erik Pieters et Phil Bardsley et le milieu de terrain Dale Stephens.

De son côté, Wout Weghorst a déjà annoncé ne pas vouloir faire de vieux os en Championship alors que Maxwell Cornet attise de l’intérêt.

Vincent Kompany pourrait donc attirer de nouveaux joueurs qui rentrent dans sa philosophie de jeu. Mais l’ancien coach des Mauves va sans doute devoir chercher des recrues à moindre coût. Burnley n’étant pas connu pour être un club très dépensier. Le plus gros transfert de l’histoire du club est celui de Ben Gibson, acheté en 2018 à Middlesbrough pour 16,90 millions d’euros et revendu au début de la saison dernière pour 9,30 millions à Norwich.

Les gros transferts de Burnley se situent autour de cette fourchette des 15 millions d’euros comme en témoignent les arrivées de Chris Wood (16,4 millions), Robbie Brady (15,1 millions), Maxwel Cornet (15 millions) et Wout Weghorst (14 millions).

Le club pourrait cependant déroger à la règle et offrir une grosse enveloppe à Vincent Kompany pour tenter de remonter le plus rapidement possible dans l’élite puisque l’ancien joueur de Manchester City se serait vu offrir selon les rumeurs le plus gros salaire parmi les coachs de Championship.

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La Championship : un championnat pas comme les autres

Pour remonter, il faudra justement dompter cette Championship. Un championnat atypique et très exigeant puisque composé de 24 équipes. Il faut donc être régulier sur les 46 matchs qui jalonnent la saison pour espérer obtenir son ticket pour la Premier League. Avec un football un peu plus physique encore que la Premier League, les pièges sont nombreux et il n’est pas rare de voir une équipe mal classée battre une équipe qui joue le titre.

Fulham, sacré champion cette saison, a par exemple partagé à Barnsley, dernier, et s’est incliné à Derby County, avant-dernier et a terminé la saison avec 9 partages et 10 défaites.

Pour Kompany, l’objectif sera de finir dans les six premiers pour tenter de remonter dans l’élite puisqu’en Championship les deux premiers montent directement et des matchs de barrage sont organisés entre les équipes placées entre la 3e et la 6e place. C’est de cette manière que Nottingham Forest s’est octroyé le droit de revenir en Premier League après de longues années passées dans les championnats inférieurs.

Pour tenter de remonter, Vince the Prince pourra compter sur un stade de Turf Moor bourré de caractère et qui est réputé pour rendre le match compliqué pour l’adversaire. Avec des tribunes proches du terrain et des supporters à 100% derrière l’équipe qui attendent beaucoup de caractère de la part de leurs joueurs, Kompany aura le soutien nécessaire dans les bons comme dans les mauvais moments car malgré la mauvaise situation du club cette saison, les supporters étaient globalement déçus de l’éviction de Sean Dyche en avril dernier.

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