"Cacophonie", "pas de nature à apaiser"… Le MR pointe du doigt les sorties médiatiques des experts

Le président du MR Georges-Louis Bouchez photographié le 18 août 2020.

© BELGA

Les experts disent-ils tout et son contraire quant aux mesures à prendre pour lutter contre l’épidémie de coronavirus ? Cela semble être l’avis du MR qui, à la veille du Conseil national de sécurité (CNS) de ce jeudi, dénonce par plusieurs voix leur "cacophonie", voire un manque de respect pour la prise de décision politique.

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), attaquait le premier ce mercredi en séance plénière : "Je regrette la cacophonie des experts qui s’expriment tous azimuts dans la presse et parfois de façon très contradictoire. Cela n’arrange pas la compréhension et l’adhésion de la population à ces mesures (sanitaires)", a déclaré le libéral.

La sortie n'aura pas manqué d'attirer l'attention du virologue de la KU Leuven Marc Van Ranst, twittant comme pour paraphraser Pierre-Yves Jeholet : "'C'est la faute des experts.' Pas très courageux, chers politiciens !".

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"Ce n’est pas ce que l’on attend d’un virologue"

C’était ensuite au tour du président du Mouvement Réformateur de prendre position en ce sens sur Twitter. En réponse au virologue de la KU Leuven Marc Van Ranst qui estimait qu’il était "trop tôt" pour élargir la bulle de 5 personnes, Georges-Louis Bouchez a prié "d’attendre le CNS pour faire des observations et oppositions".

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Et le chef des libéraux d’ajouter sarcastiquement : "Ou alors on peut faire les réunions sur Twitter peut être ?".

Contacté par nos soins, Georges-Louis Bouchez se dit dans l’incompréhension face à ce genre de sortie : "La réunion du CNS a lieu ce jeudi et, l’avis de Marc Van Ranst, tous les politiques le connaissent. Alors quel est le but ? Qu’est-ce qu’il cherche ? A forcer la main ? Créer la polémique ? Se mettre en évidence ? [] Ce n’est pas de nature à apaiser les choses, ce n’est pas ce que l’on attend d’un virologue".

"Avec tout le respect que j’ai pour son expertise, ça ne va pas, poursuit-il, ça brouille la communication qui est déjà très critiquée. Les mesures sont annoncées par le CNS à nos concitoyens et cela de manière très claire par la Première ministre (Sophie Wilmès, ndlr). Et ce serait en effet très clair pour tout le monde si cela se limitait à cela."

Maintenir la bulle de cinq ? Plusieurs avis en ce sens

Le maintien de la bulle de 5 personnes semble toutefois être l’avis rendu par plusieurs groupes d’experts, comme l’a rapidement pointé Marc Van Ranst sur Twitter.

"Ce point sur le maintien d’une bulle de 5 personnes a en effet déjà été discuté, premièrement, par le Celeval (les rapports sont accessibles au public), ensuite en Comité de concertation et, enfin, aujourd’hui lors de la conférence de presse du centre de crise", a écrit le virologue.


►►► A lire aussi : CNS, Comité de concertation, GEES, Celeval, qui fait quoi ? Qui décide quoi ?


Effectivement, dans l’un de ses derniers rapports, daté du 11 août, c’est ce que préconise le Celeval – la Cellule d’évaluation chargée d’assister le gouvernement dans les mesures à adopter pour lutter pour le coronavirus. On peut ainsi y lire : "Il est en outre important de se concentrer sur les mesures actuelles (par exemple la bulle de 5, l’interdiction de rassemblement) et sur leur application".

La porte-parole interfédérale de la lutte contre le coronavirus, Frédérique Jacobs, ne disait pas autre chose ce mercredi matin lors de la conférence de presse du centre de crise : "La bulle des cinq, si elle est effectivement difficile à respecter, est essentielle pour l’instant. D’autant plus que ce n’est que depuis quelques jours que le nombre de contaminations diminue".

 

Extrait de la conférence de presse du centre interfédéral de ce 19 août:

Coronavirus en Belgique : aucun élargissement de la bulle sociale pour l'instant

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"La décision relève d’un équilibre global"

Mais pour le président du MR, qu’ils aillent tous dans le même sens ou non, il ne s’agit là que d’avis : "C’est le politique qui prend la décision à l’arrivée. Les choses sont plus compliquées qu’il n’y paraît".

"Le but est de diminuer la propagation du virus et, là, on se focalise sur un point extrêmement symbolique alors qu’on pourrait imaginer que, si d’autres mesures deviennent plus strictes dans d’autres secteurs, peut-être cette règle de la bulle pourrait être assouplie. La décision relève d’un équilibre global."

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