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Calendrier surchargé, des "grands" à la peine quand la Ligue des Nations se mue en "laboratoire de compétition"

Les bleus, tenant du titre, tenteront surtout de se maintenir en Ligue A.
14 juin 2022 à 10:53 - mise à jour 14 juin 2022 à 11:19Temps de lecture3 min
Par Christophe Reculez

A l’occasion de cette large (en jours et en matches) fenêtre internationale, un constat s’impose : les dites " grandes nations " sont, pour certaines, à la peine en Ligue des Nations.

Dans le groupe 3, l’Angleterre (4ème) et l’Allemagne (3ème) ferment la marche. Dans le groupe 1, La France (tenante du titre) est déjà éliminée après sa défaite lundi face à la Croatie. Et il est inutile de rappeler que nos Diables rouges, s’ils sont toujours en course pour une qualification au Final Four, alternent le chaud et le froid (voir très très froid face aux Pays-Bas) dans le groupe 4. 

Certes, cette jeune compétition (3ème édition seulement) ne concurrencera jamais les grands rendez-vous comme la Coupe du monde ou l’Euro. Mais, à l’occasion des précédentes éditions, les ténors étaient toujours - plus ou moins - présents. Le vainqueur portugais en 2019 était accompagné de l’Angleterre, des Pays-Bas et de la Suisse. La France avait été plus forte que l’Espagne, l’Italie et la Belgique en 2021.

A cinq mois de la Coupe du monde, l'Allemagne d'Hansi Flick inquiète.
A cinq mois de la Coupe du monde, l'Allemagne d'Hansi Flick inquiète. AFP or licensors

Après une si longue saison, ce n’est pas toujours facile

Alors comment expliquer ce désintérêt ou, à minima, ce manque de résultats pour ces nations majeures qui sont au bord de la relégation en Ligue B?

Indéniablement, la saison fut longue pour un bon nombre des joueurs présents dans ces équipes. De multiples joueurs ou sélectionneurs s’en sont plaints. Chez nous, l’exemple de Kevin De Bruyne a le plus marqué mais en Allemagne aussi, par exemple, la fatigue est mise en avant. La Mannschaft, en pleine panne d’inspiration offensive, a réalisé une série historique – dans le mauvais sens du terme- de 4 partages consécutifs (à chaque fois sur le score de 1 partout, en comptant une rencontre amicale en mars dernier). "Notre attaque ne manque pas de direction, mais plutôt de détermination et de volonté absolue d’en finir. Cela demande de la conviction, mais aussi de la fraîcheur. Et après une si longue saison, ce n’est pas toujours facile.”, expliquait le sélectionneur Hansi Flick.

De nombreux joueurs sont donc mis au repos ou se retrouvent blessés (parfois diplomatiquement) et les différents sélectionneurs ont dû opter pour des équipes hybrides, mêlant un peu d’expérience et beaucoup de jeunesse.

A titre d’exemple, l’équipe de France titulaire lundi contre la Croatie comptait six joueurs ayant atteint, au maximum, 11 sélections. De plus, sur ce onze de départ, seuls deux joueurs semblent partir avec la certitude d’une place de choix au Qatar (Benzema et Mbappe). Au passage, avec cette défaite, l'équipe de France enchaîne un quatrième match sans victoire. Un bilan que Didier Deschamps (touché en plus par la disparition de son père) n’avait affiché qu’une seule fois en dix ans à la tête des Bleus. De quoi inquiéter fortement dans l’hexagone où le spectre de 2002 (le tenant du titre avait été éliminé en phase de poule) refait surface.

Malgré des résultats mitigés, Roberto Martinez reste confiant.
Malgré des résultats mitigés, Roberto Martinez reste confiant. © Tous droits réservés

Le mondial qui est déjà dans toutes les têtes

En conclusion, si cette Ligue des Nations apporte un peu plus d’enjeu que des simples matches amicaux, elle permet aussi de faire des ajustements (volontaires ou forcés) et des tests. Bref, potentiellement, un laboratoire avec un peu de compétition. Mais elle n’a pas effacé totalement une réalité très ancienne : la fenêtre internationale du mois de juin reste le parent pauvre du football mondial.  "Ces rassemblements de juin sont compliqués depuis que je suis là. Cette fois, il l'est encore plus", admettait le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, après la défaite face aux Croates.

Autre facteur prépondérant :lLe mondial qui est déjà dans toutes les têtes. "Nous sommes ici pour préparer la Coupe du monde. S’il y a des gens à blâmer, c’est moi. Les joueurs ont appliqué le jeu demandé en vue de la Coupe du monde", expliquait le sélectionneur fédéral Roberto Martinez à l’issue de la déroute face aux Pays-Bas.

Un besoin de faire des tests alors que les équipes nationales prendront la direction du Qatar dans 5 mois et que ces matches sont pratiquement les derniers avant cette Coupe du Monde. Il restera bien entendu les rencontres fin septembre mais cela reste peu alors que les internationaux retenus ne seront libérés par leur club qu’une semaine avant le début de la compétition. Et c’est sans doute aussi cela que les joueurs ont en tête : La prochaine Coupe du monde et ses dates inédites rendront encore plus denses la saison prochaine. D’où l’envie de recharger les batteries physiques et (ou surtout ?) mentales.

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