Le 8/9

Cali publie son 3e roman : "je n’ai pas voulu que quelque chose sorte grâce au confinement"

Cali pour son nouveau roman "Voilà les anges"

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

16 déc. 2021 à 10:26Temps de lecture3 min
Par Johan Rennotte

Vous connaissez Cali chanteur, mais connaissez-vous Cali écrivain ? L’auteur-compositeur-interprète a sorti son troisième roman, "Voilà les anges", chez Albin Michel. Il nous en parle dans le 8/9.

"Je vous aime. Je vais vous enlever, amour, et vous emmener loin d’ici. Là où le cynisme et la tromperie ne dresseront jamais leurs armées cruelles. Là où l’on ne vit que pour l’amour, là où l’on ne meurt que par amour".

Cali n’écrit pas seulement des beaux textes pour des chansons, il a aussi une belle plume littéraire. En 2018, l’artiste a sorti son premier roman, "Seuls les enfants savent aimer", suivi de "Cavale ça veut dire s’échapper" en 2019. "Voilà les anges", quant à lui, est paru en novembre dernier.

Un personnage presque biographique

Voilà les anges - Cali

C’est l’histoire de Bruno, un chanteur qui tombe amoureux de Sofia, une libraire. Mais son histoire d’amour, comme sa carrière, ne va pas se passer comme prévu. Sa maison de disques lui vole ses meilleurs textes pour les donner à un chanteur plus en vogue. Les événements vont prendre une tournure dramatique, et Bruno passera par la case prison (Cali, lui, ne l’a pas fait !). Il lui faudra rencontrer "des anges" sur sa route pour se sortir de son enfer.

Comme le dit Cyril, le chanteur-écrivain nous emmène dans un rêve éveillé, une sorte "d’immense poème qui ne s’arrête pas."

Lisez les premières pages du roman ici.

Un personnage principal qui est chanteur, et qui connaît les difficultés du milieu impitoyable de la musique, voilà qui ressemble beaucoup à Cali lui-même.

"J’aime bien l’idée de réalité relative, un avatar de Cali, peut-être. J’aimais bien démarrer par un chanteur complètement déçu. […] Dans la vie on peut tomber dans le ravin, le gouffre, les ténèbres, ou quelqu’un peut nous agripper la main et nous ramener vers le soleil."

Dans le livre, Bruno rêve d’avoir quatre enfants. Il sait même quels prénoms il va leur donner. Dans la vie, Cali a quatre enfants qui ont les mêmes prénoms que ceux évoqués par son personnage. Il assume cette ambiguïté entre la fiction et la réalité de sa propre vie.

"Je parle de personnes que je connais, et qui vont se reconnaître, et je leur fais faire des choses innommables. Et ça, ça me plaît. Je pense à eux, et je me dis que quand ils vont le lire, ce sera dingue."

Le monde de la musique en toile de fond

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le roman n’est pas un "bébé confinement". Cali refuse de donner une importance créative à cette période sombre.

"Pendant le confinement, moi, j’ai fait une dépression. Donc non, je n’ai pas voulu que quelque chose sorte grâce au confinement. C’est un cauchemar, et dans dix ans je n’ai pas envie de me dire qu’une chanson ou un livre a été commise grâce au confinement."

Ce qui l’a inspiré, c’est surtout la musique, qui est omniprésente. Sans doute, aussi, parce qu’il a écrit sur la route, entre les concerts et les promotions, dans les avions, les trains et les bus de tournée. Même si souvent, la folle ambiance musicale autour de lui n’est pas vraiment propice à la concentration.

Il s’est donc inspiré de son propre vécu du milieu musical, mais aussi de celui d’autres grands chanteurs qu’il connaît bien, et qui ont parfois eu un parcours sinueux.

"Quand j’ai commencé l’industrie musicale, j’ai croisé des Higelin, comme un grand frère, des Lavilliers, comme un grand frère, Thiéfaine, comme un grand frère, Charlélie Couture pareil. Et ils m’ont parlé de tout ça, de leur arrivée : tout le monde les attendait, et puis après tout se calme un petit peu, puis on revient et on repart. J’adore les chanteurs qui ont des vies qui ne sont pas lisses. Je me méfie des chanteurs qui, quand on les regarde à la tv, on se dit "waw, ça, c’est le beau-fils idéal ! […] J’en ai vu qui traitaient mal leurs assistants, et qui étaient à la tv pendant trois minutes, très souriants, et tout le monde les adoube et les adore. Et juste après ils deviennent odieux."

L’artiste n’hésite pas à attribuer ses propres chansons, celles qu’il a vraiment écrites et composées, à son personnage. On se souvient évidemment de son tube "C’est quand le bonheur", qui a véritablement lancé la carrière de Cali auprès du grand public.

"Cette chanson m’a permis d’aller voir le monde, et je suis tellement heureux de la chanter. Mais parfois, pour rigoler, en concert je dis "Vous savez les enfants, si vous voulez faire un tube, répétez 48 fois la même chose. C’est comme ça que ça marche !", mais non, s’il y avait une recette ce serait trop facile, et ce serait trop dommage."

Cali interprète "C’est quand le bonheur" dans D6bels On Stage, c’était en 2012 déjà :

D6bels On Stage, La Collection - Cali

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Cali renfilera sa casquette de chanteur pour deux concerts en Belgique : le 04 février à Mons, au Théâtre Royal, et le 05 février à Bruxelles, à La Madeleine.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

Sur le même sujet

Mehdi livre avec humour son recueil de caricatures tirées du Grand Cactus

Le 8/9

Éric Antoine : "En magie, si tu rates, tu es le dernier des couillons"

Le 8/9

Articles recommandés pour vous