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Canada : la police évacue des manifestants anti mesures sanitaires d’un pont frontalier aux Etats-Unis, la foule arrive à Ottawa

Manifestant anti-mesures sanitaires dans les rues d’Ottawa, le 12 février 2022
12 févr. 2022 à 17:13Temps de lecture3 min
Par AFP

La police canadienne a commencé samedi matin à évacuer un pont frontalier stratégique avec les Etats-Unis, bloqué par des manifestants opposés aux mesures sanitaires, des milliers d’autres contestataires étant attendus dans la capitale fédérale Ottawa pour un grand rassemblement.

Le mouvement, qui entre dans sa troisième semaine, a inspiré hors des frontières, notamment à Paris où, malgré l’interdiction de la manifestation par les autorités, des milliers d’opposants au pass vaccinal ont défilé.

Au Canada, la Cour supérieure de l’Ontario avait ordonné vendredi le départ des manifestants installés depuis lundi sur cet axe frontalier majeur entre les deux voisins américains, un blocage qui a poussé Washington à intervenir auprès du gouvernement de Justin Trudeau.

La police évacue le pont frontalier Ambassador, à Windsor (Canada), le 12 février 2022
La police évacue le pont frontalier Ambassador, à Windsor (Canada), le 12 février 2022 Geoff Robins

Ce dernier avait promis vendredi une répression policière accrue car les "frontières ne peuvent pas rester fermées" et l’état d’urgence a été déclaré en Ontario. Mais rien ne semblait ébranler les manifestants installés dans les rues d’Ottawa ou sur le pont Ambassador, qui relie Windsor en Ontario à la ville américaine de Détroit.

En milieu de matinée, la police progressait sans heurts aux abords du pont : les manifestants ont démonté certaines tentes installées au milieu des voies de circulation et les premiers camions ont quitté les lieux, a constaté un journaliste de l’AFP.

Mais plusieurs dizaines de manifestants occupaient toujours la chaussée et faisaient face à la police, qui est déployée en masse et appuyée par des véhicules blindés.

La police canadienne évacue le pont Ambassador, à Windsor (Canada), le 12 février 2022
La police canadienne évacue le pont Ambassador, à Windsor (Canada), le 12 février 2022 Geoff Robins

"Les personnes qui se trouvent dans la zone de manifestation sont susceptibles d’être arrêtées. Il est conseillé aux personnes de quitter immédiatement la zone", a tweeté la police en fin de matinée.

La fermeture de ce pont depuis lundi a entraîné des perturbations pour l’industrie automobile des deux côtés de la frontière. Plus de 25% des marchandises exportées entre les Etats-Unis et le Canada y transitent.

Deux autres axes frontaliers sont également bloqués : le premier, à Emerson, relie la province du Manitoba au Dakota du Nord, tandis que le second est situé en Alberta.

Je viens dès que je peux

Samedi matin, pour le troisième week-end consécutif, la foule a rendez-vous dans les rues de la capitale fédérale Ottawa, épicentre du mouvement. Drapeaux canadiens à la main ou fixés sur leurs épaules, ils étaient des centaines à investir le centre-ville et à venir se faufiler au milieu des camions stationnés, malgré la neige qui tombe, a constaté une journaliste de l’AFP.

"Moi je ne suis pas vacciné et je ne suis pas mort", raconte Marc-André Mallette, 38 ans, qui dit soutenir la cause "depuis le début".

John Pacheco, qui vient trois fois par semaine manifester, a emmené samedi sa fille Sophia, 15 ans. Cet "activiste catholique" se félicite de voir que les convois se répandent dans le monde. "Si je ne suis pas vaccinée, je ne peux pas aller à l’église", s’insurge Sophia Pacheco qui a installé des chapelets autour du drapeau canadien.

Partie au départ du mouvement de camionneurs contre l’obligation vaccinale pour passer la frontière avec les Etats-Unis, la contestation s’est étendue à des revendications plus larges contre toutes les mesures sanitaires mais aussi le gouvernement de Justin Trudeau.

Ce dernier a été fortement critiqué par les oppositions pour son inaction depuis le début du mouvement. Depuis le début de la contestation, Justin Trudeau juge qu’il s’agit une "minorité marginale et bruyante".

Mais dans un pays où les mesures sanitaires sont dans la plupart des provinces plus restrictives qu’ailleurs dans le monde, le mouvement a reçu un soutien populaire plus large qu’anticipé par les autorités.

A Paris, une partie des milliers d’opposants au pass vaccinal a réussi samedi à atteindre les Champs-Élysées.
A Paris, une partie des milliers d’opposants au pass vaccinal a réussi samedi à atteindre les Champs-Élysées. Sameer Al-DOUMY

Selon un sondage, un tiers des Canadiens soutiennent le mouvement et 44% des personnes vaccinées comprennent "la cause et les frustrations véhiculées par les protestataires".

Depuis le début du mouvement, plusieurs provinces canadiennes du centre ont annoncé l’abandon du passeport vaccinal et du masque dans les prochaines semaines. Mais ce n’est pas le cas des deux provinces plus peuplées du pays : l’Ontario, épicentre de la contestation et le Québec.

Manifestation à Paris

A Paris, une partie des milliers d’opposants au pass vaccinal a réussi samedi à atteindre les Champs-Élysées, déclenchant rapidement l’intervention des forces de l’ordre pour les disperser, et s’est mêlée aux manifestations anti-pass autorisées.

Rassemblement hétéroclite d’opposants au président Emmanuel Macron, au pass vaccinal et de "gilets jaunes", ceux qui se font appeler "convois de la liberté" se sont constitués sur le modèle de la mobilisation canadienne.

Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui s’étaient donné rendez-vous sur les Champs-Elysées.

A La Haye, les manifestants venus en convois de tous les Pays-Bas bloquaient le centre de la capitale, où ils sont déterminés à rester malgré les appels des forces de l’ordre à quitter les lieux.

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