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Carnaval de Strépy-Bracquegnies : "Le contraste entre une attente aussi forte et ce drame crée un véritable choc"

Dossier de la rédaction

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21 mars 2022 à 13:17Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck sur base de l'interview de François Heureux

Plus de 24 heures après le drame survenu à Strépy-Bracquegnies, c’est la tristesse et l’incompréhension qui dominent. Sans compter que ce début de carnaval endeuillé devait symboliser le retour à la normale, après deux ans de crise sanitaire. Alors, quel impact ce tragique événement peut-il donc avoir sur une population déjà fragilisée psychologiquement par la pandémie ?

Comme le rappelle Olivier Luminet, psychologue de la santé à l’UCLouvain, cet événement aurait été évalué comme particulièrement tragique en toutes circonstances.

"Mais ce qui est particulier aujourd’hui, c’est le fait qu’il survient dans un contexte extrêmement lourd de deux années de Covid et d’une crise en Ukraine. Sans compter que ce carnaval avait été annulé les deux années précédentes." Mis bout à bout, ces événements rendent le contexte encore plus lourd.

Une population fragilisée

Ce drame touche donc une population qui a déjà été fragilisée psychologiquement et surtout, une population qui se réjouissait de retrouver un peu de liberté.

"C’est une ville de carnaval : le carnaval est un événement fondamental pour leur identité. C’est un moment de rassemblement, c’est un moment où l’on célèbre ensemble un événement heureux. Et donc l’attente était particulièrement élevée."

"Le contraste entre une attente aussi forte et ce drame crée un véritable choc qui est traumatique pour un grand nombre de personnes de La Louvière."

Maintenir les festivités pour surmonter l’épreuve

Malgré le drame, d’autres festivités sont maintenues. Ce dimanche, par exemple, deux autres carnavals se sont tenus dans d’autres villages. Quant au carnaval de La Louvière, il aura bien lieu le week-end prochain. Ce maintien est-il une façon de surmonter l’épreuve ?

"C’est une réflexion qu’il faut sans doute avoir à chaque endroit", répond Olivier Luminet.

Le psychologue de la santé à l’UCLouvain souligne qu’il est certes compliqué de se recueillir et d’être dans la commémoration par rapport aux victimes tout en organisant ces festivités. Pour autant, "ce rassemblement est très important et donc si cette décision a été prise, c’est qu’ils ont pensé que c’était la meilleure pour le moment."

"En tout cas, je pense qu’il ne fallait pas reporter le carnaval dans un an. Cela aurait été très difficile à vivre pour les habitants", ajoute-t-il.

"J’imagine que ça va être un carnaval de joie, mais également de recueillement. Et l’élément important est que ces personnes vont se retrouver ensemble pour pouvoir enfin échanger et fêter quelque chose d’attendu depuis si longtemps."

Selon Olivier Luminet, ce maintien des festivités est donc une bonne décision d’un point de vue psychologique. Néanmoins, il est évident que la forme du carnaval de cette année aura une tournure tout à fait particulière.

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