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Caroline Désir : "Le CEB c’est la meilleure façon d’assurer une égalité de traitement entre les élèves"

L'invitée de Matin Première: Caroline Désir, ministre de l’Education

Moment de vérité pour l'école ?

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13 juin 2022 à 07:30 - mise à jour 13 juin 2022 à 11:39Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien
Caroline Désir, ministre de l’Education
Caroline Désir, ministre de l’Education RTBF

Une étude du Bureau du Plan estime que la pandémie de Covid-19 a fait perdre 21 semaines d’apprentissage aux élèves. Cette étude a fait des projections à partir de données récoltées sur l’enseignement en Flandre. Interrogée sur La Première, la ministre de l’Education Caroline Désir constate : "Ce n’est pas une surprise que la crise sanitaire a eu des conséquences sur notre enseignement. Trois années scolaires ont été impactées par les ouvertures, les fermetures et les pertes de semaines de cours. C’est pour cela que le gouvernement s’est battu pour qu’on maintienne au maximum les écoles ouvertes. Mais je n’étais pas très contente que le Bureau du Plan ne nous ait pas contactés, ni mon cabinet, ni mon administration, pour voir ce qui a été mis en œuvre pour remédier à ces difficultés et comment on comptait mesurer le niveau de notre système scolaire. Pour mesurer le niveau scolaire, il y a les évaluations externes. Pour le reste, on a mis 90 millions d’euros pour pouvoir pratiquer de la remédiation et du soutien dans les écoles pendant toute la crise".

Selon la ministre, "le niveau du CEB n’est pas trop bas, toutes ces épreuves externes sont préparées de manière professionnelle par des groupes de travail composés d’experts, d’inspecteurs, de conseillers pédagogiques, d’enseignants qui calibrent convenablement les épreuves. Ils déterminent ensemble les conditions de réussite. De plus le gouvernement a décidé d’adjoindre à ces groupes de travail des experts scientifiques pour continuer à améliorer en permanence le système et bien calibrer les épreuves dans le temps". Caroline Désir indique que, même s’il y a eu précédemment des fuites dans les questions du CEB, cette année c’est la norme prévue par le décret qui est appliquée : les corrections sont centralisées "parce que c’est la meilleure façon d’assurer une égalité de traitement entre les élèves. Ce n’est pas par manque de confiance vis-à-vis des professeurs, toute la littérature scientifique montre que quand on corrige les épreuves de ses propres élèves on a des biais inconscients de correction". Afin d’éviter les fuites "on a très fort balisé la sécurité de ces épreuves. Il y a aussi de fausses fuites, je le dis aux élèves et aux parents : il y a parfois de fausses épreuves qui circulent".

Dès la rentrée de septembre 2022, les élèves auront un parcours scolaire identique jusqu’en troisième secondaire : c’est le "tronc commun". "Jusqu’ici on faisait l’école sur base de référentiels qui dataient d’il y a 25 ans. Il était temps de moderniser tout cela". Ces référentiels seront aussi plus précis, année par année, discipline par discipline. "Le but est de renforcer les savoirs de base : lecture, écriture, calcul. On resserre la vis dans le début du parcours. On a aussi de nouvelles disciplines" poursuit Caroline Désir. "Actuellement l’enseignement qualifiant et trop souvent vu comme un enseignement de relégation, on voudrait permettre aux élèves de toucher à tout pour qu’ils fassent des choix éclairés et positifs, notamment vers des filières du qualifiant".

"Pour réduire l’échec scolaire et le redoublement, on portera une attention très soutenue aux besoins de chaque élève : pendant plusieurs heures par semaine, les enseignants pourront bénéficier dans leur classe, de la présence d’un autre enseignant ou d’un logopède pour aider des élèves qui feraient face à une difficulté scolaire, et aussi pour faire de la consolidation avec les élèves qui sont plus à l’aise avec la matière". "On n’a plus envie de voir une école à deux vitesses se développer avec d’un côté des parents qui peuvent payer des cours particuliers, et de l’autre côté des enfants qui n’ont pas cette aide", conclut Caroline Désir.

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