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CEB, CESS : qui élabore les questions des épreuves certificatives externes ?

CEB, CESS : qui élabore les questions des épreuves certificatives externes ? Photo d'illustration
11 juin 2022 à 05:00 - mise à jour 14 juin 2022 à 04:04Temps de lecture3 min
Par Thi Diem Quach avec Maurizio Sadutto

A quelques jours des épreuves qualifiantes comme le CEB, le CE1D ou le CESS, parfois redoutées par les élèves de Fédération Wallonie-Bruxelles, rencontre exceptionnelle avec ceux qui se cachent derrière les questions. Ils pensent et imaginent ces épreuves, avec deux années d’avance. Comment travaillent-ils ? Qu’ont-ils adapté cette année après deux années scolaires marquées par la crise sanitaire ? Reportage.

Une validation collégiale

C’est une porte qu’on ne pousse que très rarement. Voici le groupe de travail qui planche sur les épreuves du CEB, le certificat d’études de base. Autour de la table, des enseignants, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques de partout en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils discutent au sujet d’une proposition de question et la présidente de cette assemblée entame les débats : "Je pense qu’on peut tout de suite passer la parole à nos collègues de mathématiques. Alors, nous avons une première question, et donc vous avez probablement des commentaires à nous formuler ?"

Une première enseignante prend la parole : "Cette question me semble assez complexe. Elle est très intéressante au niveau de l’apprentissage en classe. Mais lors d’une évaluation, elle l’est peut-être beaucoup moins."

Une deuxième enchaîne : "Ce qui me dérange le plus, c’est qu’il y a beaucoup de réponses possibles. Cela risque de poser des problèmes au niveau des corrections. Je pense qu’au vu de la discussion, on serait plutôt dans l’idée de proposer de la supprimer ?"

Une question qui n’a pas passé l’épreuve… de validation
Une question qui n’a pas passé l’épreuve… de validation © Tous droits réservés

Concevoir des questions de qualité

C’est parce que cette question de math a été rejetée que nous avons pu la filmer. A part ceci, vous ne verrez rien d’autre, car tout est classé confidentiel. Ce sont déjà les CEB de 2023 et de 2024 qui sont en préparation. Chaque semaine, ce groupe de travail se réunit et rien n’est laissé au hasard.

"[Pour] questionner les enfants, chaque mot, chaque libellé est vraiment très important, commente Benoît Pochet, l’un des concepteurs du CEB. La qualité du document présenté à l’enfant est aussi très importante. Il faut vraiment que la question soit claire, qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Et que cela ne mette pas les enfants dans une certaine difficulté qui n’aurait pas lieu d’être."

Benoit Pochet, concepteur du CEB et membre du groupe de travail "éveil", instituteur de 6e primaire à Han-sur-Lesse.
Benoit Pochet, concepteur du CEB et membre du groupe de travail "éveil", instituteur de 6e primaire à Han-sur-Lesse. © Tous droits réservés

Une difficulté équivalente d’année en année

Ces acteurs de l’école imaginent aussi les épreuves bis. Des examens de secours en cas de pépins techniques ou de fuites. Ce groupe de travail veille surtout à ce que les épreuves soient d’année en année du même acabit. Pascale Genot, inspectrice générale et coordonnatrice pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous en parle :

"[Ces épreuves] ont d’abord pour but de mettre tous les élèves de 6e année dans les mêmes conditions pour obtenir le certificat d’études de base. Elles répondent à trois conditions : la première condition, c’est d’évaluer les attendus de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce que l’on appelle les socles de compétence, et l’expertise des inspecteurs, elle se situe particulièrement là."

"Une autre condition est de produire des questions qui ressemblent à ce que l’on fait dans les classes. La troisième condition est d’avoir un niveau de difficulté équivalent d’une année à l’autre."

Pascale Genot, inspectrice générale et coordonnatrice pour la Fédération Wallonie-Bruxelles
Pascale Genot, inspectrice générale et coordonnatrice pour la Fédération Wallonie-Bruxelles © Tous droits réservés

Des mesures spécifiques ponctuelles

Si les épreuves sont imaginées avec 2 ans d’avance, cette année, le CEB, le CE1D et le CESS ont été passés en revue, pour tenir compte des retards d’apprentissage liés au COVID. Des mesures spécifiques seront encore d’application. Iris Vienne est à la direction des standards éducatifs et des évaluations, en Fédération Wallonie-Bruxelles :

"La première mesure, c’est vraiment que les épreuves correspondent aux essentiels qui ont été communiqués en février dans les écoles. La deuxième mesure c’est d’avoir communiqué des informations complémentaires, par rapport aux épreuves aux enseignants, pour qu’ils puissent bien préparer les élèves. Comme des thématiques qui seront abordées dans le CE1D de langues."

Iris Vienne, directrice faisant fonction pour les standards éducatifs et les évaluations, en Fédération Wallonie-Bruxelles
Iris Vienne, directrice faisant fonction pour les standards éducatifs et les évaluations, en Fédération Wallonie-Bruxelles © Tous droits réservés

En cas d’échec, un score indicatif pourra être calculé par les enseignants en retirant les questions liées à des matières non vues en classe. Un élément dont le conseil de classe pourra tenir compte. En ce mois de juin, près de 130.000 élèves s’apprêtent à passer une des épreuves externes de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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