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Cécile De Gernier après France-Belgique : "Les Red Flames ont joué avec audace"

Euro 2022 France-Belgique : le débrief avec Cécile De Gernier

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Les Red Flames n’ont pas totalement gâché la fête nationale française ce jeudi soir à Rotherham, s’inclinant 2-1 au bout d’un match riche en émotions mais finalement moins disproportionné que pouvaient le faire craindre le classement FIFA des deux équipes (3e contre 19e) et la démonstration des Bleues lors de leur premier match face à l’Italie.

Lise Burion et Cécile De Gernier débriefent cette deuxième rencontre des Red Flames dans cet Euro féminin 2022.

Du caractère… chez les jeunes aussi !

Ce France-Belgique a fait passer les supporters par toutes les couleurs, entre le but d’ouverture rapide des Françaises, puis l’égalisation de Janice Cayman, le nouveau but bleu avant la mi-temps et puis aussi le nouveau penalty détourné par Nicky Evrard. Des émotions donc, mais pas seulement : "Il y a beaucoup d’ambitions aussi ! Je ne parle pas uniquement par rapport à la qualification mais aussi pour ce qui va venir dans les années futures. C’est intéressant de voir les Flames réagir au caractère. On sait que nous, les Belges, nous sommes un peuple brave : elles ont fait le dos rond quand il fallait, et puis remis une petite couche au caractère quand il fallait. Avec également de jeunes joueuses montées au jeu."

Ives Serneels a effectivement fait tourner son noyau. Sans que cela n’affecte le niveau de jeu. "On le dit depuis longtemps : les générations qui arrivent sont de mieux en mieux formées, et sans doute "meilleures", peut-être pas uniquement au niveau du talent mais aussi par rapport à tout ce qu’elles ont pu apprendre quand elles étaient jeunes. Ça s’est encore vu ce soir. Alors oui malheureusement Amber Tysiak traverse des difficultés, avec cette exclusion alors qu’elle était bien dans son match, mais on a aussi vu Feli Delacauw, Sari Kees, Hannah Eurlings, Marie Minnaert… C’était vraiment bon !"

Nicky Evrard, madame penalty ?

Une gardienne qui stoppe deux penalties au cours d’un même Euro, cela n’était plus arrivé depuis l’édition 2013 de la compétition. Après avoir écarté une tentative islandaise, Nicky Evrard avait encore les gants "on fire" ce jeudi soir face à la capitaine française Wendie Renard. La nouvelle gardienne d’OHL a d’ailleurs été élue "Flame du match". "Bon, les deux penalties n’étaient pas très bien tirés, mais elle part du bon côté, elle "provoque" quelque part le tir de ce côté-là. Elle est en confiance, elle fait un bon Euro je trouve, deux bons matches, et elle a eu pas mal de bons arrêts contre la France. Elle était présente. Confiante. C’est bien pour elle."

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Organisation et audace : les mots-clés du match

On le savait : face à la France il fallait une organisation sans faille. Et l’équipe l’a bien appliqué. "L’organisation défensive était meilleure, peut-être aussi parce qu’on devait moins penser à se projeter vers l’avant. Mais petit à petit on a réussi à faire reculer la France et on a pu se projeter correctement. Et clairement, cette équipe belge a joué avec beaucoup d’audace, il faut le reconnaître, beaucoup de caractère. Alors, il faut être honnête, le score ne reflète pas exactement la physionomie du match non plus. On aurait pu prendre quand même beaucoup plus de buts, mais on sent que la Belgique progresse. Dans la vitesse d’exécution il y a peut-être encore un petit temps de retard par rapport à une équipe comme la France. Mais vraiment, elles progressent !"

Des absences à craindre

Face à la troisième nation mondiale, les organismes ont souffert. Jody Vangheluwe n’a pas pu remonter sur le terrain après la pause (on l’a même vue être portée par Nicky Evrard au moment d’aller saluer les supporters), Laura De Neve a demandé son changement et est apparue avec la cuisse bandée… Le tout après un premier match contre l’Islande où certaines joueuses ont avoué avoir connu une panne de jambes. "Cette fois j’ai trouvé l’équipe plus en forme. On avait beaucoup évoqué la chaleur dimanche, ce jeudi on en était loin, mais courir derrière la balle en permanence effectivement ça fatigue. C’était un match avec une grosse débauche d’énergie mais ça ne m’inquiète pas pour la suite, elles étaient bien en jambes… Par contre, les blessées, ça, c’est plus inquiétant. Vangheluwe ne va peut-être plus pouvoir jouer, Tysiak sera suspendue, ça fait déjà deux défenseuses en moins. On verra ce que ça peut donner pour le reste. Et puis il y avait peut-être juste un quart d’heure de trop pour Tessa Wullaert. Si elle arrive à garder son niveau de jeu encore jusqu’au bout, sans doute que ça nous apportera encore beaucoup plus."

Un but belge signé par les deux stars, Wullaert et Cayman

Qui d’autre que Janice Cayman pour marquer un but contre la France, le pays où elle évolue depuis plusieurs saisons désormais ? Mais si les médias français s’étaient évidemment focalisés sur celle qu’ils connaissent fort bien à Lyon, Tessa Wullaert a aussi déposé sa carte de visite. La combinaison entre ces deux joueuses expérimentées (cinq Souliers d’or féminins à elles deux) est splendide. "Pour le coup, sur ce but, elles sont complémentaires. On voit beaucoup Tessa Wullaert décrocher, elle demande les ballons, elle vient chercher les balles dans le jeu. Elle se retourne, elle distribue, c’est super intéressant et elle fait ça extrêmement bien, mais il faut partir dans son dos. Là, Janice l’a très bien fait. Elles se complètent sur ce point-là et je pense qu’il faut continuer à prendre ce genre de phase de jeu en exemple, pour pouvoir continuer à aller de l’avant comme ça."

Battre l’Italie

Les Red Flames restent en course pour la qualification. Sans rentrer dans des projections trop complexes, la mission numero uno sera de gagner contre l’Italie (en espérant que la France ne perde pas contre l’Islande). Les Flames sont-elles capables de l’emporter face à la Squadra Azzura ? "Oui, elles sont capables de gagner ça c’est sûr. Mais attention tout de même qu’il y a eu un gros influx nerveux sur ce match, un match contre la France mobilise énormément d’énergie, on le sait. Il ne faut pas que ça retombe. Il va falloir commencer le match contre l’Italie de la même manière, pied au plancher. Mais l’Italie est une équipe très joueuse, qui joue fort au sol, très technique, et je ne suis pas sûre que cela nous convienne autant que des joueuses vraiment physiques et pour lesquelles il faut courir beaucoup. Mais bien sûr que les Flames ont les qualités pour battre les Italiennes."

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