Red Flames

Cécile De Gernier après la qualification des Red Flames contre l’Italie : "Il faut laisser jouer les filles au football en Belgique !"

Euro 2022 Italie-Belgique : le débrief avec Cécile De Gernier

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La soirée restera gravée dans de nombreuses mémoires : les Red Flames sont qualifiées pour les quarts de finale d’un grand tournoi pour la première fois de leur Histoire. En battant l’Italie au bout du suspense (0-1, but de Tine De Caigny), au bout de l’effort, dans la fournaise anglaise (le pays est en alerte rouge…), les footballeuses belges ont écrit la plus belle page de leur Histoire. Retour sur cette soirée riche en émotions avec notre consultante Cécile De Gernier.

 

Cécile, ce match a fait passer les supporters par toutes les émotions. Qu’avez-vous envie de retenir en priorité ?

"Avant tout : la qualification, ça me semble évident. Après, on savait que ça allait être un match compliqué du début à la fin. On a eu nos moments, certains meilleurs que d’autres, on a réussi à faire le dos rond et à s’imposer. C’est ça qu’il faut retenir."

On l’a dit plusieurs fois pendant le match : les Red Flames ont plié mais n’ont pas rompu. C’est au courage qu’elles sont allées chercher cette qualification ?

"Les Flames font preuve de beaucoup de caractère pendant cet Euro, et ça c’est impressionnant. Ici la question n’était pas de revenir au score, ni de perdre par une petite différence de buts, mais bien de montrer ses qualités et de faire preuve d’audace, comme on l’a déjà dit plusieurs fois aussi. Et ici il y avait vraiment des vagues bleues qui arrivaient en continu, mais personne n’a rien lâché et c’est ça le plus important à retenir de cet Euro actuellement."

On a aussi beaucoup parlé de l"âme" de cette équipe lors de l’Euro 2017, d’un vrai sentiment collectif où chacune se battait pour l’autre. On retrouve ça dans ce match et cette qualification ?

"Oui ! Et c’est assez typiquement belge, chez les dames comme chez les messieurs en fait : on n’est pas l’équipe la plus technique ni la plus physique du monde, mais par contre on est une des équipes les plus solidaires. Et c’est aussi comme ça qu’on gagne des matches."

L’objectif était annoncé : se qualifier pour les quarts. La pression était donc là avant cette rencontre, mais elle n’a pas écrasé les joueuses. Est-ce que ce match, que les Flames auraient peut-être perdu il y a quelques années, peut servir de déclic dans la tête ?

"On savait que la Belgique était capable de battre une équipe comme l’Italie, une équipe comme l’Islande aussi. C’était déjà arrivé. Les joueuses savent de quoi elles sont capables, ce n’est pas pour elles qu’on doit parler de déclic. Par contre, ça doit servir de déclic pour la Fédération, pour les supporters, pour le grand public… : ce qui est important c’est qu’on laisse les filles jouer au foot, qu’on les accueille dans des clubs, avec des garçons aussi et qu’on se dise que le foot est un sport mixte que tout le monde peut pratiquer. C’est le sport le plus populaire du monde et tout le monde doit pouvoir y jouer. C’est à ça qu’on doit arriver avec cette équipe."

Ce n’est jamais évident après un match pareil, mais est-ce qu’il y a une joueuse ou une personnalité à sortir du lot ?

"On a souvent dit que cette équipe manquait de leaders. Ici, je trouve que le plus bel exemple c’est Nicky Evrard. Elle n’est peut-être pas un leader charismatique au niveau du vestiaire mais sur le terrain elle est impressionnante. Elle fait un Euro assez incroyable. Aucune boulette pour elle, tout se passe bien, notamment dans son jeu au pied, dans ses sorties aériennes, et puis les penalties aussi… Je la trouve très très impressionnante."

Cet Euro n’est donc pas terminé ! Rendez-vous vendredi contre la Suède (deuxième au classement mondial derrière les USA). Enorme morceau ! Que peut-on espérer, et comment se préparer jusque-là ?

"On doit récupérer, il y a eu beaucoup d’émotions et on parlait déjà de l’influx nerveux dépensé contre la France, ici, avec la qualification c’est de l’adrénaline pure. Donc il faut de la récup, ce sera le programme ce mardi. Et puis la Suède a un jour de repos de plus que nous. Il faudra voir comment ça va être géré. Les Flames sont déjà fatiguées, et on espère que la météo va un peu mieux leur convenir en fin de semaine aussi ici. Mais là maintenant, il n’y a rien à perdre ! Il faut jouer. C’est un match à élimination directe, donc aussi à qualification directe en fait… Sur un match on ne sait jamais ! Ça va être compliqué, comme ça avait été compliqué contre la France. Face aux Bleues on avait joué pour ne pas prendre de claque, là cette fois on va devoir jouer pour gagner. On verra ce que ça peut donner."

S’il faut terminer sur UN mot, pour décrire cette soirée ?

Historique. Elles ont écrit l’Histoire et il faut continuer à vouloir le faire et à vouloir inscrire son nom sur les pages du grand livre du football.

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