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Chroniques Culture

Ces Belges à (re) découvrir : Gustave Rolin-Jacquemyns

Gustave Rolin-Jacquemyns (1835-1902)

Découvrez aujourd’hui un "homme de pensée et d’action", originaire de Gand au XIXe siècle, qui participa à la fondation de la jeune discipline du Droit international dans les années 1870.

Gustave Rolin-Jacquemyns voit le jour à Gand, le 31 janvier 1835. Avec un père avocat, il sera bien vite attaché aux valeurs de justice et de progrès.

Après des humanités à Gand et au lycée Charlemagne, à Paris, le jeune homme cumule diplômes et doctorats en droit ainsi qu’en sciences politiques et administratives.

Bien qu’il s’inscrit au barreau sous pression paternelle, Gustave partage également sa vie entre études et vie politique. Au sein de la famille politique libérale, il est élu à la Chambre des représentants en 1878 et deviendra ministre, comme son père, cette fois de l’Intérieur, jusqu’en 1884.

Son début de carrière politique est plutôt mouvementé puisque la Belgique connaît, en cette période, la Première guerre scolaire (1879-1884), opposant virulemment libéraux aux catholiques.

Eliminer les sources de conflit entre sociétés

Si le nom de Gustave Rolin-Jacquemyns est resté en mémoire, c’est aussi parce qu’il a participé à la fondation de l’Institut de Droit International, en 1873. Basé à Gand, l’Institut a pour but de soutenir les efforts visant à éliminer les sources de conflit entre les sociétés de ce monde.

Vaste ambition qu’est de codifier un droit international public, afin de promouvoir les droits humains. Cette institution, qui existe encore de nos jours, reçut d’ailleurs le Prix Nobel de la paix en 1904.

Dans la foulée, Gustave Rolin-Jacquemyns fonde également la Revue de Droit International, un bon moyen de diffuser et partager les connaissances en termes de lois et d’institutions à l’étranger. La Revue prend également l’aspect d’une tribune aux idées nouvelles, facilitant ainsi le développement des droits des sociétés.

Ce droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Rama V,  roi de Siam de 1868 à 1910.

Si l’on décrit Gustave Rolin-Jacquemyns comme un "homme de pensée et d’action", c’est parce qu’il s’est également donné l’occasion de mettre sa théorie en pratique.

Sa réputation en termes de droit international le mènera au Siam pendant 9 années. Ce territoire, situé dans l’actuelle Thaïlande, subissait convoitises françaises et britanniques.

Le roi en place, Rama V (1853-1910), convoque notre futur diplomate belge pour moderniser son pays. Le nouveau conseiller général et ministre plénipotentiaire est alors chargé de réformer les institutions. Il sera à l’origine d’une nouvelle constitution, code de procédure civile, code pénal et de plusieurs décrets sur l’abolition de l’esclavage.

"Où est donc dans le droit international actuel la sanction du droit des Schleswigeois septentrionaux ? Ce droit existe, plus clair que le jour et s’il appartient à quelqu’un, c’est aux populations intéressées… en vertu du droit naturel qui défend de céder des hommes comme du bétail" (Source : notice de Jean Salmon)

Sa position en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne fait pas l’ombre d’un doute, et c’est pourquoi Gustave Rolin-Jacquemyns sera à l’origine du traité franco-siamois (1893) ayant permis au Siam de garder son indépendance.

En guise de récompense, il se verra décerner le titre honorifique le plus élevé jamais attribué à un Européen (Chao Phraya Abhai Raja).

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