Chroniques Culture

Ces Belges à (re) découvrir : Marijke Van Hemeldonck

Marijke Van Hemeldonck dans son bureau au Parlement européen.

© Extrait du livre "Marijke Van Hemeldonck Socialiste en feministe" (ELS FLOUR, 2013)

31 déc. 2021 à 08:00Temps de lecture2 min
Par Romane Carmon

S’engager pour une société plus juste

C’est à l’Athénée royal II de Laeken que Marijke Van Hemeldonck puise des premières inspirations féministes. Là-bas, le corps professoral est composé de femmes, et pas n’importe lesquelles : beaucoup ont servi dans les rangs de la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

À côté de ses études en langues germaniques à l’ULB, elle suit des cours de journalisme le soir. Diplôme en poche en 1953, Marijke commence par quelques petits boulots pour finalement enseigner au Collège Marie-José à Anvers.

L’intérêt de Marijke pour la politique grandit au cours des années 50, un levier par lequel elle entend lutter pour une société plus égalitaire. Elle rejoint des mouvements de gauche, comme l’Action commune socialiste, créée en 1949 par le Parti socialiste belge (PSB), la FGTB, les mutualités socialistes et les coopératives de cette tendance dans le cadre de la Question royale.

De 1958 à 1987, elle prête sa plume à Links, revue socialiste flamande dans laquelle elle dénoncera notamment les stéréotypes sexistes véhiculés par les médias.

Pour l’égalité des sexes

Communautés Européennes 1984

Élevée par des femmes fortes et inspirantes, Marijke Van Hemeldonck saisit rapidement l’importance d’une meilleure place des femmes dans la société.

Le droit au vote obtenu en 1948, en 1949 dans les faits, est loin de mettre un terme aux discriminations envers les femmes en Belgique. Le chemin vers l’égalité des sexes est encore long, et Marijke n’est pas dupe.

Membre des Femmes prévoyantes socialistes dès les années 50, la jeune femme affirme son militantisme en travaillant pour le cabinet de l’avocate et féministe, Marie-Thérèse Cuvelier. En 1955, Marijke rejoint également le Groupement de la Porte Ouverte et croise la route d’Isabelle Blume, figure féministe et de lutte antifasciste.

En 1966, Marijke Van Hemeldonck a ses mots :

"[…] Tout le monde semble tout à coup étonné de constater qu’une moitié de l’humanité est composée de femmes. Et qu’en dépit du fait que tous les citoyens sont égaux devant la loi, les hommes sont toujours plus égaux que les femmes." (Source : Els Flour, "Marijke Van Hemeldonck Socialiste et féministe", 2013)

L’autodétermination, une contraception fiable, une meilleure place des femmes dans les syndicats, voilà plusieurs droits pour lesquels notre personnalité belge milite fermement.

"À travail égal, salaire égal"

Dans son engagement féministe, Marijke Van Hemeldonck rejoint également le comité "À travail égal, salaire égal". Créé à l’initiative de l’UGS (l’Union de la gauche socialiste, petit parti de gauche créé à Bruxelles au début de 1965), ce comité prenait d’abord et avant tout la forme d’une marche de soutien dans le cadre du mouvement de grève des femmes Fn en 1966.

Pour soutenir ses sœurs grévistes, Marijke, avec l’aide de Monique Van Tichelen, lance un appel le soir de la manifestation au pied de la statue de Gabrielle Petit, sur la Place Saint-Jean à Bruxelles.

Afin de "ne plus lâcher le sujet", ce comité s’inscrit finalement dans le temps, rassemblant dans ses rangs jusqu’à un millier de membres. Il marque la une transition entre un féminisme "à l’ancienne" de celui du début des années 1970’s.

Coprésidente néerlandophone du comité, Marijke Van Hemeldonck ira jusqu’à porter son message à l’échelle européenne : elle est l’une des initiatrices de la Commission du Travail des femmes au sein du Ministère de l’Emploi et du Travail. En octobre 1977, elle reprend la présidence de la Commission consultative de statut de la femme, chargée de vérifier l’application en Belgique des textes internationaux sur les droits des femmes.

En 1982, elle devient députée SP au Parlement européen où elle siège jusqu’en 1994.

 

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