Guerre en Ukraine

Ces collaborations scientifiques avec la Russie qui subsistent malgré la guerre en Ukraine

La station spatiale internationale depuis le centre de contrôle russe Roscosmos.

© Roscosmos – APTN

Pendant que, sur Terre, la Russie se retrouve confrontée à l’Occident dans un climat qui rappelle les heures les plus tendues de la guerre froide, la collaboration, et même l’entraide entre Russes et Américains se poursuivent dans l’espace.

La station orbitale ISS connaît des problèmes techniques importants. Une fuite de liquide de refroidissement sur le vaisseau Soyouz requiert toute l’attention de toutes les équipes investies dans le programme.

L’agence spatiale américaine, la Nasa et son homologue russe Roscomos élaborent différents scénarios pour rencontrer ces problèmes et envisager toutes les possibilités. On imagine même l’envoi d’un véhicule de secours à vide si celui qui est endommagé s’avère incapable de remplir sa mission de transport de personnel.

Passez le bonjour à toute l’équipe américaine

La collaboration entre les deux agences est des plus étroites. Le directeur général de Roscosmos, Iouri Borissov, a d’ailleurs déclaré lors d’un entretien avec ses trois compatriotes à bord d’ISS, les cosmonautes Sergueï Prokopiev, Dmitri Peteline et Anna Kikina : "Passez le bonjour à toute l’équipe américaine, ils se sont comportés de façon très digne dans cette situation et nous ont tendu la main pour nous aider."

Nécessité fait loi

Les intérêts russes et américains sont étroitement liés autour de la Station spatiale internationale (ISS). Deux nations à bord d’un même vaisseau. Selon Christian Barbier, chef de projet au Centre spatial de Liège, cette collaboration est inéluctable.

C’est dans l’intérêt des deux parties

"Je crois que, même au sol, les équipes russes et américaines travaillent ensemble. Il y a des astronautes américains à Moscou. […] C’est le seul domaine à ma connaissance où Russes et Américains travaillent ensemble, c’est la Station spatiale internationale. Ils ont besoin les uns des autres. C’est dans l’intérêt des deux parties."

Collaborations interrompues

Pour d’autres missions spatiales, c’est une tout autre histoire. Exomars en fait partie. Il s’agit d’une collaboration entre l’ESA, l’Agence spatiale européenne et son homologue russe Roscosmos. L’objectif : envoyer un rover d’exploration sur Mars et procéder à toute une série d’expériences, de relevés et de mesures.

Le prototype du rover d’ExoMars, Rosalind Franklin, destiné à explorer la surface de Mars.
Le prototype du rover d’ExoMars, Rosalind Franklin, destiné à explorer la surface de Mars. © Dan Kitwood – Getty Images

La partie "rover" du programme, pilotée par l’ESA, est finalisée, l’engin est prêt mais la collaboration pour son acheminement sur Mars a tourné court. Exomars, telle qu’elle avait été conçue n’aura donc vraisemblablement pas lieu.

Seule solution pour ne pas perdre l’entièreté des efforts consentis, se tourner vers d’autres partenariats. Il semblerait qu’une piste de collaboration avec la Nasa pourrait être envisagée mais il semble bien aussi que l’on doive reprendre le travail dès le début.

Collaborations académiques

Au mois de mars 2022, l’Union russe des recteurs d’université a publié un communiqué soutenant l’initiative du Kremlin de mener ce qu’elle appelle toujours officiellement son opération militaire spéciale. Un soutien officiel à la politique de Vladimir Poutine dans le dossier ukrainien.

Le Conseil des Recteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles a rapidement réagi au travers d’un communiqué. "En réaction à cette prise de position opposée à leurs valeurs démocratiques, les recteurs et rectrices francophones belges annoncent la suspension des relations avec les universités russes ayant signé cette déclaration."

Prise de position opposée à leurs valeurs démocratiques

Toutefois, dans le même communiqué, l’organisme représentant les recteurs et rectrices francophones belges a laissé la porte ouverte aux collaborations individuelles existant entre chercheurs russes et belges francophones.

"Conscients que la déclaration des recteurs russes ne reflète pas la position de nombreux universitaires russes et que les collaborations de recherche sont aussi et surtout le fruit d’échanges individuels, dont l’arrêt pourrait être perçu comme un abandon par des chercheurs russes en opposition avec leur régime, les recteurs francophones laissent aux chercheurs de leurs universités le soin de maintenir ou non les relations individuelles de coopération qu’ils entretiennent avec leurs collègues russes."

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