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Ces contenus sur les réseaux sociaux que vous adorez détester

"Adorer détester" c’est valable aussi pour certains contenus sur les réseaux sociaux.

Le "hate-watching" (regarder pour détester) est un concept qui a émergé il y a dix ans dans le domaine des séries télé. Une journaliste du magazine The New-Yorker avait utilisé cette expression, interloquée par le succès étonnant de la série américaine "Smash" considérée comme un navet et pourtant regardée en masse. Elle était arrivée à la conclusion que le public était au rendez-vous car il prenait plaisir à critiquer ce programme télé. "Adorer détester" c’est un concept qu’on retrouve également dans la consommation des réseaux sociaux. Qui ne s’est pas déjà attardé sur le profil d’un individu ou d’une personnalité qui pourtant lui fait horreur? Cela peut-être par fascination pour un contenu dérangeant, pour s’en moquer gentiment (ou pas) ou pour se rassurer en se disant qu’on est loin de publier de telles bêtises (du moins on aime le penser).

Bref dans le "hate-watching" les contenus repoussants deviennent attirants mais l’idée n’est pas de les troller. Mépriser intérieurement par pur plaisir ce n’est pas très glorieux mais est-ce pour autant malsain ? Pas forcément si l’on en croit Stephen Dehoul, psychologue et psychothérapeute en addictologie, interrogé par le Huffington Post : Trouver une satisfaction à regarder un film ou une série qui ne provoque en vous que de la haine, du dégoût ou du mépris, c’est permettre à votre inconscient de libérer des pulsions agressives sans aucun danger”.

Doomscrolling et FOMO : quand c’est l’angoisse sur les réseaux

D’autres comportements un peu tordus peuvent se manifester sur les réseaux sociaux. Parmi ceux-ci, le doomscrolling qu’on peut traduire par "défilement morbide". Cette attitude consiste à faire défiler à l’infini ses fils d’actualité dans une recherche vorace d’information, souvent à prédominance négative, notamment lorsqu’une crise éclate : pandémie, guerre, catastrophe climatique etc. Cela joue évidemment sur le niveau d’angoisse et d’anxiété de l’internaute et donc sur la santé mentale.

Autre syndrome générant de l’angoisse, le FOMO acronyme de "Fear Of Missing Out" (la "peur de manquer", en français) : c’est la peur maladive de rater quelque chose comme une opportunité ou une information importante. Cela pousse les personnes atteintes de ce syndrome à rester hyperconnectées en permanence. Le Dr Caroline, psychiatre, explique à la RTBF : "Il s’agit de vouloir tout savoir, or il est impossible d’être au courant de tout. Mais aussi de vouloir participer à toute rencontre ou évènement, sous peine de se sentir exclu, que les autres vivent un moment inoubliable mais sans nous." Elle rappelle que ce syndrome est bien connu des professionnels en marketing qui n’hésitent pas à en jouer : "On a vu exploser les offres commerciales formulées sous la forme "après minuit il sera trop tard" ou "plus que trois exemplaires disponibles". Ces offres jouent sur l’urgence de l’offre, et le risque pour le consommateur de passer à côté. Inutile de préciser que la rareté induite est généralement complètement artificielle."

Enfin, elle invite à troquer le FOMO contre le JOMO, "Joy Of Missing Out" où l’on se réjouit au contraire de manquer quelque chose.

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