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Ces deux Français ont été sélectionnés pour vivre n'importe où dans le monde gratuitement. Un an après, ils racontent leur aventure

© Airbnb

23 août 2022 à 13:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Will et Steven sont partis vivre, travailler et voyager à l'étranger grâce au programme Live Anywhere, un concours lancé par Airbnb en 2021 pour améliorer les fonctionnalités de la plateforme et les adapter à un mode de vie flexible.

Un an après, ces deux Français reviennent sur cette expérience lors d'une interview en visioconférence depuis New York. De pays en pays, de logement en logement, les deux candidats ont fait évoluer leur manière de travailler à distance et se disent "heureux" avec ce mode de vie. Ils souhaitent continuer de vivre ainsi, au-delà du programme proposé par la plateforme. Cette interview a été éditée et condensée.

 

  • Lorsqu'on travaille beaucoup et que l'on voyage, peut-on allier vie professionnelle et personnelle ?

Will : J'ai commencé l'année avec une certaine FOMO ("Fear of missing out", la peur de rater quelque chose, ndlr). Au fur et à mesure, on revoit les priorités. Qu'on soit en Australie, aux États-Unis ou au Mexique, on profite de tout ce que la destination a à offrir dans notre temps personnel. On organise les soirées et les week-ends comme on organiserait notre vie normale.

Steven : Au début, on partait vraiment pour quatre semaines environ par destination. Mais comme on travaille toute la semaine, on rate beaucoup de choses. On a compris qu'on devait juste rallonger nos voyages pour décompresser. Par exemple à Berlin, on s'est dit qu'on resterait un mois et demi au lieu d'un mois.

  • Est ce que vous diriez que vous avez ressenti des changements quant à votre créativité ou votre niveau de stress ?

W : Je me suis rendu compte que toutes les destinations où je me sentais le plus heureux, le moins stressé et le plus créatif étaient celles où l'on restait longtemps. Au Mexique, par exemple, on est restés trois semaines, on était tout le temps dehors. Pour moi, c'est là que j'étais le plus stressé. A Berlin, j'ai fait beaucoup moins de choses. J'ai plus vécu une vie comme un local et j'ai vraiment été plus détendu, malgré le décalage horaire avec les États-Unis.

 S : En Australie, j'ai bougé sur quatre destinations en quatre semaines. Ça a été très mouvementé. Je rejoins Will sur ce point-là. Le plus difficile pour moi d'un point de vue professionnel a été lorsque j'ai fait le plus de choses.

  • Comment fonctionniez-vous avec le décalage horaire ? 

W : Je travaille à temps plein pour une entreprise basée à New York. Mon entreprise étant très flexible, elle me permet de travailler dans mon fuseau horaire. Lorsque j'étais en Europe, le matin je travaillais pendant qu'ils dormaient. C'était suffisant. Les entreprises américaines en général sont assez flexibles. 

S : J'ai été en Corée du Sud et il y avait quand même un sacré nombre de difficultés par rapport au décalage horaire. Je me suis retrouvé à prendre des meetings à 1h du matin. J'avais un mode de vie assez décalé : je me levais plus tard, me couchais beaucoup plus tard. Will n'a pas pu me rejoindre malheureusement car il y avait un décalage horaire trop important.

  • Où avez-vous l'habitude de travailler lors de vos déplacements ?

W : J'ai besoin d'un bureau et de calme. Je me suis habitué à ne plus travailler au bureau. Pour être productif, je reste à la maison, avec ma petite musique et sans personne. D'ailleurs, c'est marrant car tous nos amis ou notre famille s'imaginaient qu'on était sur la plage avec notre ordinateur en train de travailler. Alors que pas du tout.

S : Lorsqu'on cherche un logement, on cherche une belle chambre, un jardin. Mais le plus important, c'est le bureau. C'est probablement la première chose qu'on regarde lorsqu'on va chercher un logement.

  • Vous aviez un projet entrepreneurial liant l'écologie et le voyage. Avez-vous pu le faire aboutir ?

W : C'était bien le principe. Malheureusement, je travaille dans une petite start-up. Il y a eu beaucoup de travail d'un coup et je suis passé à temps plein pendant l'année. Je me suis retrouvé à voyager et travailler 60 heures par semaine. J'ai dû vraiment me concentrer sur mon travail.

S : C'était un projet commun. On avait pour objectif de le compléter cette année et les choses ont été un peu différentes. Finalement, je me suis retrouvé sur d'autres projets professionnels cette année.

  • Après un an de voyage, allez-vous continuer ce mode de vie ? 

S : Oui, c'est une belle manière de le dire. C'est un mode de vie qui nous convient. On avait beaucoup voyagé auparavant dans notre vie mais jamais de manière consécutive. Et en fait, c'est une formule qui a très bien marché pour nous. On a réussi à marier les deux objectifs : visiter le monde et garder un rythme de travail.

W : On n'a pas réussi à garder une constante entre toutes les destinations. Et c'est bien normal parce que quand tu vas en Asie, aux États-Unis, en Europe, on est sur des fuseaux horaires différents. Il faut s'adapter. Mais on est plutôt heureux avec ce mode de vie et on va continuer pendant les prochains mois.

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