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Ces mots finnois presque impossibles à prononcer qui représentent bien la culture du pays

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29 août 2022 à 06:30Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Six mots finnois intraduisibles qui expriment parfaitement ce que le français ne parvient pas à dire de façon concise.

Hyppytyynytyydytys : le plaisir à poser sa tête sur un coussin

Non, il ne s’agit pas d’une erreur. "Hyppytyynytyydytys" comporte bien neuf "y" sur dix-huit lettres au total. Une orthographe particulière pour un mot au sens tout aussi inattendu. Il désigne la satisfaction— pour ne pas dire l’extase— que l’on ressent lorsque l’on enfonce sa tête dans un coussin moelleux. S’il est surprenant qu’il existe un terme précis pour ce petit plaisir du quotidien, on ne peut que s’incliner sur la richesse linguistique du finnois.

Pukukummitus : le collègue bien habillé qui n'en fou pas une

On a tous un "Pukukummitus" au bureau. Ce mot est issu de la contraction des termes finlandais pour "costume" et "fantôme". Il se réfère à ce collègue qui s’habille de façon très stricte et professionnelle, mais qui ne met pas autant d’ardeur dans la réalisation de ses tâches quotidiennes. En d’autres termes, il ne fait pas grand-chose. La preuve, s’il en fallait encore une, que les apparences sont (souvent) trompeuses. 

Peräkammarin poika : le Tanguy

Les francophones les appellent les "Tanguy", en référence au personnage éponyme du film d’Etienne Chatiliez. Les Finlandais préfèrent le terme "Peräkammarin poika" pour les désigner. A comprendre "le garçon qui vit dans la pièce à l’arrière de la maison". Ce mot intraduisible renvoie à ces hommes qui vivent généralement en pleine campagne, pour s’occuper de la ferme familiale. Ils n’ont pas trouvé de partenaire pour les épauler, ce qui les contraint à rester célibataires. Même si ce n’est pas un drame en soi. 

Jokamiehenoikeus : jouir librement de la nature

Les habitants de la Finlande partagent ce concept avec les Suédois, les Norvégiens et les Estoniens. Le "jokamiehenoikeus" fait référence à ce droit fondamental de jouir librement de la nature, indépendamment des droits de propriété qui peuvent régir son accès. Ce concept montre l’importance que l’on accorde à l’environnement et à la protection des espaces verts dans les pays du nord de l’Europe. La preuve en est : 87 % des Finlandais affirment que la nature occupe une place "très" ou "assez" importante dans leur vie, selon un sondage de Kantar pour SITRA.

Kalsarikäänit : boire de l’alcool en sous-vêtements

Voici un concept finnois qui parle à de nombreuses personnes à travers le monde— même si elles n’ont pas de mot dans leur langue natale pour le désigner. Le "kalsarikäänit" renvoie au fait de boire de l’alcool chez soi, seul, en petite tenue. Une pratique que la pandémie de Covid-19 et ses confinements successifs ont contribué à populariser. Les Coréens ont une expression similaire pour décrire ce phénomène : le "homsul". Elle ne fait toutefois pas mention des sous-vêtements.

Sisu : mauvaise santé mentale

Le mot "sisu" est une véritable source de fierté pour les Finlandais. Il signifie littéralement “les tripes”, même si ses origines précises restent mystérieuses. Cette philosophie est devenue un mythe fondateur de la Finlande durant la guerre d’Hiver en 1939, lorsque le pays a été envahi par l’Union soviétique. "Le sisu était la seule chose que les Finlandais possédaient en plus grande quantité que les Soviétiques. Et c’est la raison pour laquelle ils ont miraculeusement triomphé", comme l’explique Joanna Nylund dans "Le sisu, l’art finlandais du courage" (Ed. de l’Homme).

Ce concept englobe plusieurs traits de caractère positifs comme le stoïcisme, le courage, la ténacité et la résilience. Mais il est beaucoup plus nuancé qu’il n’y paraît, selon Emilia Lahti, doctorante à l'université Aalto et spécialiste du "sisu". 

La chercheuse a interrogé 1200 Finlandais sur la signification de ce mot et a publié les résultats de cette enquête dans la revue International Journal of Wellbeing en 2019. Elle a constaté que les personnes interrogées l'associent à une mauvaise santé mentale, à une incapacité à faire preuve d’empathie vis-à-vis de la souffrance d’autrui et au fait de ne pas savoir renoncer à quelque chose. "Trop de sisu peut conduire à l'entêtement, à la déconnexion et à d'autres conséquences potentiellement néfastes", écrit-elle dans son étude. En d’autres termes, tout est une question de modération.

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