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Sciences et Techno

Ces personnes qui ont renoncé au smartphone et qui s’en portent bien

01 juin 2022 à 04:20 - mise à jour 01 juin 2022 à 11:50Temps de lecture4 min
Par Eric Boever

Il suffit de s’asseoir à une terrasse, de prendre un transport en commun ou de patienter dans une salle d’attente pour constater la place immense que les smartphones ont pris dans nos vies et nos entourages. Rares sont les personnes qui ne sont pas penchées sur leur écran ou qui ne le consultent pas régulièrement.

Et pourtant, certains anciens utilisateurs ont choisi de s’en passer et, même si leur appareil leur manque parfois, ils affirment tirer de cette déconnexion davantage de liberté, de disponibilité et de bien-être. C’est le cas de Leïla et Antoine que nous avons rencontrés. Tous les deux se contentent d’une " brique ", entendez un appareil basique, mais ils ne sont pas coupés du monde pour autant. On peut être adepte de la frugalité heureuse et resté connecté. La preuve...

Antoine : "je suis davantage focus sur ma journée, le reste peut attendre le soir"

Antoine a 37 ans, il est menuisier indépendant à Saint-Gilles et il n’a plus de smartphone depuis plus de deux ans. " C’est arrivé accidentellement en septembre 2020, mon smartphone m’a lâché et le temps d’en racheter un, j’ai récupéré mon bon vieux Nokia. Et je me suis vite rendu compte que cela me convenait, à tel point qu’après qu’il m’a lâché à son tour, j’en ai racheté un autre, tout aussi basique."

"J’apprécie le fait d’être davantage présent à ce que je fais dans la journée, sans être sollicité sans arrêt par des notifications ou des informations. Je reste joignable, on peut m’appeler mais le reste peut attendre le soir quand je branche mon ordinateur, c’est à ce moment-là que je vais sur Facebook ou Instagram et que je réponds à mes mails, qu’ils soient professionnels ou privés. "

Leïla : « J’avais un smartphone mais son passage à la machine à laver m’a finalement arrangé »

Leïla a 27 ans, elle est enseignante et elle aussi a possédé un smartphone mais très peu de temps : " Franchement je ne rêvais pas d’en avoir un mais on me l’a proposé avec mon abonnement de téléphonie et j’ai accepté. Et c’est vrai que c’est très ludique, sauf que je l’ai laissé dans un tablier qui allait à la machine à laver et qu’il n’a pas du tout apprécié. Je l’ai vu tourner à travers le hublot de la machine, il faisait des bulles et il n’a plus jamais fonctionné. Et tant mieux, ça me protège d’une certaine addiction car c’est dur de résister à l’appel de l’écran."

"Moi, j’ai trop besoin de présence aux autres, aux choses, à mon entourage. J’aime aussi le silence et la lenteur, je ne suis pas totalement déconnectée, j’ai un ordinateur dans mon appartement et même un vieil iPod dans mon sac pour me connecter si nécessaire, aller sur Facebook ou lire mes mails, mais je choisis le moment et l’endroit. Et je le fais de manière parcimonieuse, une seule fois par jour. C’est un grand sentiment de liberté et de légèreté ".

Antoine : "je crois que je vais en reprendre un, surtout pour les photos mais avec un usage limité"

Faut-il en déduire qu’Antoine et Leïla n’auront plus jamais de smartphone, ce n’est pas sûr. Antoine est même sur le point de craquer : " C’est vrai que certaines fonctions me manquent cruellement, surtout l’appareil photo et Whatsapp. Je ne suis pas un grand photographe mais j’aime bien en prendre de la famille et les partager, or avec ma brique, autant oublier ! Professionnellement aussi, j’aimerais garder et partager des images de mes réalisations mais il faut un minimum de qualité."

"Et puis, il y a Whatsapp, je sais qu’on peut le mettre sur l’ordinateur mais je n’y suis pas arrivé, je rate donc des échanges d’infos et de photos et ça m’attriste. Je crois donc que je vais finir par retourner au smartphone mais juste avec les applis de base. Par exemple, je n’utiliserai pas le guidage de Googlemaps, j’ai appris à m’en passer, je connais assez bien la ville et s’il le faut, je prends un plan et des notes."

"Bon, évidemment, je sais que je serai tenté d’utiliser toutes les propriétés d’un smartphone mais j’ai l’intention de me limiter à l’essentiel, j’espère que je tiendrai bon, j’entends tellement de gens se plaindre qu’ils passent trop de temps devant leur écran. "

Leïla :" j’ai parfois l’impression qu’on va être obligé d’en ravoir un"

Comme Antoine, Leïla admet qu’elle ressent une certaine pression pour retourner vers un appareil plus sophistiqué. " Je ne me sens exclue de rien, les infos ou les invitations me parviennent en général, on me téléphone davantage, et puis si je rate quelque chose, cela laisse plus de place au hasard et aux rencontres inattendues, ce n’est pas plus mal. Même les applis de guidage ne me manquent pas, j’aime bien demander mon chemin. Et puis, je suis un peu lunaire, j’aurais peur de le perdre, sans compter qu’il faut sans cesse le charger."

"Mais c’est vrai, il faut l’avouer, je me sens parfois dépendante des personnes qui ont un smartphone et qui peuvent m’informer, notamment concernant les groupes Whatsapp. Et je ressens une certaine pression, comme si on allait être obligé d’en avoir un, par exemple pour le boulot ou les paiements. L’autre jour, c’est à mon agence de banque qu’on m’a reproché de ne pas avoir de quoi utiliser leur application. Mon frère était comme moi, il se contentait d’une "brique" mais il a dû reprendre un smartphone pour le travail. J’ai un autre ami qui n'en a pas, même s'il utilise parfois celui de son amoureuse."

"En tout cas, je ne me sens pas seule, je connais plusieurs jeunes adultes comme moi qui refusent ou renoncent au smartphone, comme s'ils étaient écoeurés d'un trop plein d'écran. Mais ce qui est drôle c’est que mes parents, au contraire, sont carrément accros, ils ont le dernier modèle et ils sont à fond dedans ! "

Un bel exemple de ce qu’on appelle le monde à l’envers…

 

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