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Tipik - Pop Culture

Ces petites anecdotes que vous ignorez sur la VHS

La VHS a eu le vent en poupe pendant quelques décennies.

Qui aurait pu prédire qu'un jour, une VHS se vendrait plus de 75.000 dollars? La bonne vieille cassette "VHS", apparue il y a près de 50 aux USA, cache une histoire plus riche qu’on ne le pense en rebondissements et anecdotes. Petit florilège !

Il faut remonter dans les années 1970 pour trouver les premiers "vestiges" de la VHS. En 1975, sort le tout premier magnétoscope, le Sony Betamax, qui s’adresse à tous les foyers américains. Son seul défaut est qu’il coûte un rein : 1.200 dollars US. Autant dire que pour l’époque, c’est une somme faramineuse que l’Américain lambda n’est pas forcément en mesure de se payer. Sony use cependant d’un argument de vente imparable : l’amateur de séries/films ne doit plus choisir s’il préfère regarder le film diffusé sur telle chaîne, ou celui diffusé par une chaîne concurrente. Il peut enregistrer celui qu’il ne regardera pas au moment de sa diffusion télévisée et le visionner plus tard.

Reste quand même que 1200 dollars US, c’est super cher. En 1977, une autre entreprise technologique, JVC, comprend que tout le monde ne peut pas se permettre l’investissement et lance la VHS qui va très vite détrôner la Betamax, grâce à son prix nettement plus avantageux. On pouvait en effet se procurer une VHS pour quelque 300 dollars.

Fun fact : si les initiales VHS correspondent aujourd’hui bien à Video Home System, ce n’est pas ce qui avait été imaginé à son lancement. VHS devait normalement faire référence aux termes "Vertical Helical Scan" mais ceux-ci ont vite été abandonnés parce que le public n’arrivait pas à les retenir (et au passage, ne comprenait rien à leur signification).

Plus longs mais moins bons, les enregistrements ?

Avec sa capacité d’enregistrement plus longue, la VHS se distingue de la Betamax et permet à ses utilisateurs de consommer plus de films/séries. En effet, alors que la Betamax ne proposait qu’une heure d’enregistrement, la VHS, selon ses formats et les pays dans lesquels elle est commercialisée, pourra aller jusqu’à 12 heures d’enregistrement. Seul point faible : l’allongement de la durée des enregistrements se fait au détriment de la qualité.

L’apparition de la cassette vidéo va évidemment bouleverser le paysage audiovisuel américain et prendre par surprise les studios hollywoodiens et les télévisions du monde entier. Les particuliers vont en effet commencer à s’organiser entre eux, via des petites annonces, pour s’échanger les VHS de leurs films préférés. L’amateur de films n’a plus besoin de suivre le programme TV puisqu’il peut se procurer n’importe quel film à n’importe quel moment.

Un procès de longue haleine entre Universal et Sony

Autre avancée majeure : on ne doit plus se farcir les publicités puisqu’on peut avancer dans ce qu’on a enregistré sur notre cassette sans se manger le traditionnel tunnel de publicités.

Bien sûr, tout ceci ne fait pas du tout les affaires des studios hollywoodiens, qui à l’époque se cachent aussi derrière le programme TV. Le studio Universal, par exemple, va poursuivre Sony, prétextant que ce que permettent ces cassettes n’est rien de moins que du vol à l’étalage. Le procès en question va durer près de 10 ans, s’achever en 1984 à la Cour suprême des USA avec la (faible) victoire de Sony, grâce au vote de 5 juges contre 4.

Le vidéoclub, ce lieu né de l’invention de la VHS

Alors qu’Universal et Sony sont encore en procès, un tout nouveau lieu fait son apparition : le vidéoclub. On peut désormais louer tout ce qu’on souhaite, sans devoir passer par la case "Petites annonces" comme c’était le cas au tout début.

Aux prémices de la VHS, il était d’ailleurs assez commun de cacher un film pornographique derrière l’étiquette d’un film connu. Seule la personne qui introduisait la cassette dans un magnétophone se rendait compte de la supercherie. C’est quelque chose qui va faire beaucoup de bruit aux USA : le film pornographique gagne du terrain grâce à la VHS, et se loue aussi dans les vidéoclubs !

En Europe, c’est plutôt le film d’horreur qui fait un scandale. Des films d’horreur à petit budget qui sont distribués uniquement sur VHS. Margaret Thatcher ira jusqu’à voter l’interdiction de ces cassettes en 1984.

Les studios retournent leur veste

À la fin des années 80, tous les studios qui avaient attaqué Sony pour cet "objet de la mort", finissent par se rendre compte que la cassette est plus une opportunité qu’une menace pour eux. Ils se lancent donc dans la commercialisation de leurs films sur VHS. C’est ainsi que l’un des plus gros succès de Steven Spielberg, E.T., finit sur VHS – ce qui va à l’encontre de ce que souhaitait son réalisateur – et fait un carton plein : la commercialisation de la cassette d’E.T. va rapporter plus de 150 millions de dollars.

Les vidéoclubs vont aussi devenir la possession des studios hollywoodiens, qui lancent des chaînes de vidéoclubs dont les rentrées leur reviennent directement. La VHS aura donc finalement permis à tous ces studios de se faire un max de pognon, mais ils auront mis quelques années et plusieurs batailles judiciaires pour s’en rendre compte !

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