RTBFPasser au contenu
Rechercher

Regions Bruxelles

C’est notamment ici que le cinéma est arrivé en Belgique, les galeries royales St-Hubert ont 175 ans

Les galeries Saint-Hubert à Bruxelles ont 175 ans et ont accueilli la première projection cinéma de Belgique

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

On les compare souvent aux célèbres galeries commerçantes Victor Emmanuel II de Milan. Et pourtant, ce sont bien les galeries royales Saint-Hubert à Bruxelles qui ont en partie servi de modèle pour leurs consœurs italiennes, construites seulement vingt ans plus tard.

Les galeries couvertes Saint-Hubert, situées au cœur de Bruxelles, à deux pas de la Grand-Place célèbrent leurs 175 ans. Elles ont été érigées suite à la volonté du roi Léopold 1er et inaugurées par ce même souverain le 20 juin 1847. Aujourd’hui, elles sont classées et constituent une vraie attraction pour Bruxelles.

Une rue pas tout à fait comme les autres

Alexandre Grosjean est le président de la société qui possède depuis le début les galeries
Alexandre Grosjean est le président de la société qui possède depuis le début les galeries B. Schmitz – RTBF

Au départ, les galeries Saint-Hubert ont été baties sur une zone marécageuse où passait un petit cours d’eau, le Saint-Hubert, qui leur a donné son nom. Il s’agit d’une rue péitonne couverte par un toit en verre. "En fait, la rue est privée. Mais elle fait l’objet d’une servitude publique avec la Ville de Bruxelles. C’est pour cela qu’on doit laisser le passage et les entrées ouvertes en permanence, ainsi que pour ceux qui habitent ici. Ils doivent pouvoir rentrer quand ils le veulent". Celui qui explique tout cela connaît bien la situation, puisque c’est sa famille qui a construit l’endroit et le possède toujours entièrement aujourd’hui, Alexandre Grosjean. "Ce n’est pas tellement une galerie commerçante comme on l’entend de nos jours. C’est plutôt une rue couverte avec des magasins, mais aussi des bureaux, 150 logements aux étages et une forte vie culturelle avec un cinéma et des théâtres. C’est sans doute cette mixité, comme une ville dans la ville, qui explique que les galeries existent toujours aujourd’hui".

Le berceau du cinéma(tographe) en Belgique

Une plaque rappelle la première projection cinématographique belge. Elle a eu lieu le 1er mars 1896 dans les galeries royales Saint-Hubert
Une plaque rappelle la première projection cinématographique belge. Elle a eu lieu le 1er mars 1896 dans les galeries royales Saint-Hubert B. Schmitz – RTBF

Et depuis leurs inaugurations par le roi Léopold 1er en 1847, ces galeries ont vu passer les plus grands. Depuis le peintre Magritte qui a réalisé le plafond lors de la rénovation du Théâtre des galeries, jusqu’aux débuts du cinéma. "Le 1er mars 1896, pour la première fois en Belgique, c’est ici que les gens ont pu voir du cinéma. Une séance de projection organisée au numéro 7 de la galerie du roi, avec le cinématographe des frères Lumière", raconte Paul Grosjean, frère d’Alexandre et qui en train d’écrire l’histoire des lieux. "Une autre anecdote historique qui me vient à l’esprit, c’est que c’est dans cette galerie que le poète Paul Verlaine a acheté le pistolet avec lequel il a tiré sur Arthur Rimbaud, ce qui lui valut deux ans d’emprisonnement à la prison de Mons".

Paul Grosjean, en chemise bleu clair et blazer bleu marine, est le frère d’Alexandre et est en train d'écrire l'histoire de ces galeries
Paul Grosjean, en chemise bleu clair et blazer bleu marine, est le frère d’Alexandre et est en train d'écrire l'histoire de ces galeries © Tous droits réservés

Les pierres bleues qui recouvrent le sol soufrent. Les plus vieilles n’ont plus que trois centimètres d’épaisseur, alors qu’à l’origine elles en avaient quinze

Un épisode qui date de 1873. Près de 150 ans plus tard, les galeries continuent d’attirer du monde. Beaucoup de monde. "Entre 6 et 7 millions de passants traversent chaque année les trois galeries couvertes, celle du roi, de la reine et des princes", ajoute Alexandre Grosjean. "Au point que les pierres bleues qui recouvrent le sol soufrent. Les plus vieilles n’ont plus que trois centimètres d’épaisseur, alors qu’à l’origine elles en avaient quinze".

Pour fêter les 175 ans, une exposition sur l’histoire des galeries est prévue pour la fin de l’année. Autre projet envisagé par les propriétaires, un jumelage justement avec les galeries Victor Emmanuel II de Milan, dans le cadre de "l’association européenne des passages historiques" que les galeries royales Saint-Hubert ont créé avec d’autres galeries célèbres sur le vieux continent.

L’entrée des galeries en plein centre-ville, à quelques mètres à peine de la Grand-Place
L’entrée des galeries en plein centre-ville, à quelques mètres à peine de la Grand-Place B. Schmitz – RTBF

Articles recommandés pour vous