Jupiler Pro League

"C’est pourtant historique" : Genk, le leader dont absolument personne ne parle

"C’est historique ce qui se passe" : Genk, le leader dont absolument personne ne parle

© Tous droits réservés

17 oct. 2022 à 08:09Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

Passer sous les radars sans attirer trop d’attention. Tout un art dans ce football moderne où le moindre geste est (sur) médiatisé et où supporters et observateurs s’écharpent sur Twitter à coup de punchlines, scrutant en live ce qui pourrait bien devenir leur nouveau sujet de conversation.

Cette saison, pourtant, une équipe parvient à rester bien loin des projecteurs : Genk, un club dont absolument personne ne parle pour l’instant. Et ce, alors que les Limbourgeois sont désormais leaders de Pro League

"J’ai félicité les gars, ils se sont bien battus."

Alors que le stade Den Dreef se remet tout doucement de ses émotions, Wouter Vrancken a le sourire aux lèvres dans le camp des visiteurs. Ce rictus, discret mais perceptible, du coach apaisé par les victoires.

Quelques minutes plus tôt, c’est au courage que son Genk est allé chercher les trois points contre Louvain. Au courage, parce que, dans les chiffres (19 tirs à 7, un petit tir cadré pour Genk, un pénalty raté pour Louvain), c’était bien OHL la meilleure équipe. Au courage, parce que Preciado a pété les plombs et s’est fait bêtement exclure avant la mi-temps. Mais le but inscrit au quart d’heure par le revenant Paul Onuachu aura finalement suffi à faire la différence. Insubmersible, Genk grappille donc trois points de plus.

Comme il l’avait fait la semaine d’avant, et encore la semaine d’avant. Comme il le fait quasiment de façon ininterrompue depuis le début de saison, en fait. Dans l’indifférence générale, d’ailleurs.

Genk cette saison, c’est un premier accroc contre Bruges lors de la 1e journée. Et depuis… quasiment que des victoires. Sur les 11 adversaires qui ont suivi, seul Saint-Trond est parvenu à grappiller un petit point début septembre (0-0).

En résumé, ça fait donc : 31 points sur 36, 10 victoires en 12 matches, 9 succès sur les 10 dernières rencontres, la meilleure attaque (27), la meilleure défense (11, à égalité avec l’Antwerp) du championnat et donc une place de leader.

Une ribambelle de départs… qui ne se sentent pas

Et là où Genk fait très fort, c’est que l’intersaison a été mouvementée et que quatre tauliers de la saison dernière ont quitté le navire limbourgeois cet été : Junya Ito (Reims), Jhon Lucumi (Bologne), Kristian Thorstvedt (Sassuolo) et Theo Bongonda (Cadix). Quatre titulaires indiscutables qui avaient tous disputé au moins 35 matches la saison dernière :

Junya Ito 48 matches
Kristian Thorstvedt 45 matches
Theo Bongonda 43 matches
Jhon Lucumi 37 matches

Ajoutons à cela feuilleton Cyriel Dessers, déjà reparti malgré un début de saison canon (3 buts en trois matches), et vous obtenez une ribambelle de trous à combler.

Fraîchement débarqué sur le banc après une saison XXL avec Malines, Wouter Vrancken ne s’est pas laissé démonter et a immédiatement décidé de faire du neuf… avec de l’ancien.

La preuve, des quatre transferts entrants (Samatta, Carstensen, Castro et Galarza), aucun ne comptabilise plus de 25% de temps de jeu. Seul Castro (236 minutes sur 1080, soit 22%) dépasse d’ailleurs la barre des 20%. Preuve que Vrancken estime que son noyau, quoiqu’orphelin des stars de la saison dernière, recèle encore d’un vrai talent intrinsèque qu’il suffit de remettre en musique.

Tablant sur un 11 de base quasiment indécrottable  (8 joueurs du noyau ont participé aux 12 rencontres cette saison) et profitant de la saison sans compétition européenne pour rester frais, le coach limbourgeois a donc remis Genk sur les bons rails.

En donnant sa chance au tout jeune, Bilal El Kandouss (né en 2004 !) et en forgeant une vraie identité collective. Identité collective qui saute aux yeux et qui dénote par rapport à certaines saisons récentes. Aujourd’hui, Genk ne se repose plus seulement sur le talent individuel de certaines stars (Bongonda, Ito) mais plutôt sur une vraie osmose collective et un danger qui peut venir… de partout (9 buteurs différents, 5 hommes à plus de trois buts).

Pas un hasard, d’ailleurs, si le meilleur buteur du club se nomme… Bryan Heynen, capitaine et milieu central de formation. Pas un hasard non plus si Paul Onuachu, cité sur le départ depuis belle lurette, a retrouvé goût au jeu et vient de planter 4 buts précieux en trois matches, redevenant la menace offensive qu’il était auparavant.

Face à Louvain, c’est d’ailleurs symboliquement lui qui a offert la victoire à son équipe. D’une belle frappe tendue à l’entrée de la surface, permettant ainsi à Genk de dépasser l’Antwerp pour s’installer en tête du championnat.

Sans faire de bruit mais en signant le meilleur départ de son histoire. 31/36, c’est en effet mieux qu’en 2011 et en 2019. 2011 et 2019, l’année des deux derniers titres du club.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous