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C’est un grand jour pour la solidarité européenne !

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire (L) applaudit l’ancien directeur général du Trésor français, Odile Renaud-Basso (R), alors qu’ils assistent à une réunion des ministres des Finances de l’UE.
10 avr. 2020 à 08:08Temps de lecture2 min
Par Amid Faljaoui

Les Européens peuvent être fiers d’eux. Ils n’ont pas commis les mêmes erreurs qu’en 2010, lorsque la crise de la dette publique a éclaté juste après la découverte que la Grèce avait falsifié ses comptes publics. À l’époque, on avait assisté à un divorce entre l’Europe du nord, jugée économe, et l’Europe du sud, jugée dispendieuse. Bref, c’était, comme je l’ai déjà dit ici même sur cette antenne, le bras de fer entre les pays fourmis et les pays cigales. Et le résultat, c’est que l’aide est arrivée trop tard et avec tellement de conditions que le remède a fait plus de mal que de bien.

La leçon a été comprise, même si on a eu peur. En effet, les ministres des finances de l’Europe se sont enfin mis d’accord durant la nuit de ce jeudi soir pour relancer l’économie européenne via un plan de sauvetage de 540 milliards d’euros. En gros, il y a 100 milliards qui iraient aider les chômeurs partiels, 200 milliards d’euros de prêts pour les entreprises et 240 milliards de lignes de crédits pour les dépenses de santé. Les ministres ont beaucoup discuté pour arriver à cet accord. La preuve : la réunion, qui devait démarrer hier soir à 17 heures, a d’abord été retardée une première fois d’une heure, avant d’être décalée à nouveau. La raison ? C’est simple : avant de se retrouver en vidéoconférence, il y a eu beaucoup de tractations bilatérales, et ce n’est qu’à 21h30, lorsqu’un accord informel a été trouvé, que la réunion officielle a pu avoir lieu.

Les leçons de 2008 et 2010

Et après 22h, c’était fini, l’accord était enfin trouvé. Il faut dire que la France et l’Allemagne ont aidé à trouver cet accord, en faisant pression sur le ministre néerlandais des Finances, qui se montrait intraitable. En fait, il voulait – et il n’était pas le seul – que ce fonds de 240 milliards d’euros pour les soins de santé soit assortis de certaines conditions strictes, et que les pays qui allaient en profiter en priorité, c’est-à-dire l’Italie, s’engagent à faire des réformes après la crise. Et les Italiens ne voulaient pas en parler car ils estimaient que c’était une ingérence inacceptable et, si l’Union européenne ne pouvait pas être solidaire en pleine crise de coronavirus, ils se demandaient bien à quoi elle pouvait servir.

Au final, c’est la solidarité qui a primé, donc, oui, c’est un grand jour pour l’Europe, qui au final n’aura pas perdu des années à discuter, comme en 2010. Les ministres des Finances ont eu raison de s’applaudir eux-mêmes hier soir. Au fond, si tout va plus vite aujourd’hui, c’est aussi parce que nos élites, nos dirigeants ont appris les leçons de la crise de 2008 et de 2010. Et ça, ça mérite un énorme merci car tout cet argent mis sur la table n’a qu’un seul but : permettre aux salariés, aux indépendants et aux entreprises de se relever de cette crise inédite. Le ministre allemand des Finances a raison de dire que "C’est un grand jour pour la solidarité européenne". Merci donc à l’Europe !

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