"Ceux qui sont attachés à la Belgique à papa, qui n’existe plus, vont être condamnés comme le MR à critiquer les gouvernements"

13 déc. 2021 à 08:00 - mise à jour 13 déc. 2021 à 15:17Temps de lecture2 min
Par Julie Calleeuw d'après l'interview de Thomas Gadisseux

Il y a quinze ans, le 13 décembre 2006, la RTBF diffusait une émission spéciale, "Bye Bye Belgium, annonçant une fausse nouvelle : la séparation de la Belgique après une déclaration d’indépendance de la Flandre. Une émission choc préparée dans un contexte d’inquiétude sur la montée du séparatisme en Flandre.

Où en est la Belgique 15 ans plus tard ? Comment rendre le pays plus efficace ? Lorin Parys, vice-président de la N-VA, député flamand, était ce lundi invité sur La Première.

Les Flamands – et la N-VA – ne sont toujours pas révolutionnaires

Depuis la diffusion de "Bye Bye Belgium", "il n’y a pas grand-chose qui a changé, commence-t-il. On réfléchit toujours les uns sur les autres avec des clichés, sans nuance. En Flandre, on était surpris que les francophones aient cru à cette émission. Pour nous c’était vraiment clair que c’était de la fiction".

"Les Flamands – et la N-VA – ne sont toujours pas révolutionnaires. Ce qui a changé, c’est qu’on a eu des gouvernements avec des minorités dans chaque groupe linguistique. Maintenant la Vivaldi est minoritaire en Flandre (la N-VA est dans l’opposition au fédéral, NDLR). Et chaque jour de Vivaldi nous rapproche de Bye Bye Belgium. Le gouvernement prend des décisions qui ne sont pas les nôtres. On vote centre-centre droit en Flandre, à gauche-extrême gauche en Wallonie. Et si on doit mettre les deux ensemble, on voit bien que ça ne marche pas".


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"Avec nous le scénario de Bye Bye Belgium ne deviendra jamais réalité, redit Lorin Parys. On veut un processus qui est rationnel, qui est basé sur l’intérêt de chaque Région à plus d’autonomie. Les Flamands ne sont pas révolutionnaires".

Mais, glisse-t-il, "si on laisse pourrir les choses, il se peut que les Flamands avancent".

Vous avez une belle Région, avec de l’espace pour entreprendre, une réserve de main-d’œuvre…

La N-VA n’est d’ailleurs pas la seule à vouloir du changement. Le CD&V l’a réaffirmé ce week-end : la Belgique doit être pensée autrement. "Oui, le CD&V a réaffirmé le fait que toutes les compétences doivent être au niveau des Régions. Et ensuite les Régions doivent décider ce qu’elles font ensemble. Il reste une solidarité, mais efficace et transparente.

Ceux qui sont attachés à la Belgique à papa, qui n’existe plus, ils vont être condamnés comme le MR à critiquer les gouvernements. Nous on pense vraiment qu’il y a un manque de confiance en soi en Wallonie et dans son leadership politique. Il n’y a aucune raison : vous avez une belle Région, avec de l’espace pour entreprendre, une réserve de main-d’œuvre…"

Pour le député N-VA, la crise sanitaire a démontré l’ingouvernabilité de la Belgique. "On ne peut pas gérer une crise avec neuf ministres, on voit bien que les clivages entre francophones et Flamands, ça rend les choses impossibles à gérer. Même dans la gestion de la crise, on a été freiné par le fédéral sur la troisième dose de vaccin".

Le gouvernement Vilvaldi s’est engagé à réfléchir à une réforme de l’Etat, dans son programme. Mais la N-VA n’y croit pas. "C’est une blague", conclut Lorin Parys.

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