Politique

Chambre : le traité de transfèrement de prisonniers avec l’Iran est approuvé en commission

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne en mai 2022
06 juil. 2022 à 10:44 - mise à jour 06 juil. 2022 à 12:19Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par K.D.

La commission des Relations extérieures de la Chambre a approuvé mercredi le projet de loi d’assentiment à plusieurs traités, dont celui qui organise la possibilité de transfèrement de prisonniers entre la Belgique et l’Iran. La majorité a voté en faveur du texte, la N-VA a voté contre, le Vlaams Belang et le PTB se sont abstenus.

Extrait de notre JT de ce mardi :

Le ministre de la Justice, Van Quickenborne, a répété que ce texte controversé visait à protéger les citoyens belges qui se trouveraient dans cette région, et qu’il répondait à un avis positif des services de sécurité. Son application se déroulera au cas par cas, de façon minutieuse et en utilisant toutes les possibilités ouvertes pour contrôler l’exécution de la peine, a-t-il assuré.

Dans l’opposition, la N-VA a voté contre le projet de loi. Les nationalistes se sont particulièrement mobilisés contre ce traité qui ouvre la voie au transfèrement en Iran, et à une possible amnistie, de terroristes condamnés l’an dernier en Belgique pour un projet d’attentat en France, dont le diplomate iranien Assadollah Assadi. Ils pourraient constituer la monnaie d’échange avec un travailleur humanitaire belge arrêté en février à Téhéran et emprisonné depuis lors.

 

Opposition américaine

Bob Menendez, le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain et membre du parti démocrate, a exprimé à son tour sa préoccupation quant à ce texte. Un groupe de treize membres de la Chambre des Représentants, quasi tous républicains, a également protesté contre l'accord dans une lettre adressée au Premier ministre Alexander De Croo.

"Un traité entre la Belgique et l'Iran doit respecter les obligations internationales de la Belgique et ne peut accorder l'impunité à Assadollah Assadi ou à toute autre personne responsable de violations des droits de l'homme et d'actes terroristes odieux", a déclaré l'élu démocrate dans un tweet. "L'Iran doit être tenu pour responsable de son soutien au terrorisme et à la prise d'otages comme moyen de pression", ajoute l'intéressé.

Treize membres du Congrès ont également dit leur opposition à cet accord dans un courrier adressé au Premier ministre Alexander De Croo. Parmi eux, Randy Weber, qui s'était déjà dit "choqué" par le protocole belgo-iranien dans un message vidéo diffusé dimanche via Twitter. Avec douze autres élus, dont un démocrate, M. Weber rappelle également l'existence d'une résolution adoptée par la Chambre des représentants américaine exprimant son soutien à la volonté du peuple iranien "en faveur d'une république iranienne démocratique, laïque et non nucléaire".

Manifestation à Bruxelles

Quelque 250 manifestants, selon les organisateurs, se sont retrouvés place Surlet de Chokier à Bruxelles, mercredi entre 09h00 et 11h00, pour dénoncer, comme la veille déjà, le traité entre la Belgique et l'Iran sur l'échange de prisonniers.

Plusieurs personnes, comme le député Michaël Freilich (N-VA) ou le vice-président du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), Farzin Hashemi, ont pris la parole pour critiquer l'intention de la Belgique de conclure un accord d'échange de prisonniers avec l'Iran. Les manifestants, issus pour la plupart de la communauté iranienne de Belgique, ont appelé les députés belges à voter contre ce projet de loi qui, selon eux, est en totale contradiction avec les principes de l'État de droit.

"C'est complètement inimaginable de conclure un tel accord avec un régime qui ne respecte pas les droits humains, qui ne respecte pas la liberté et qui ne respecte pas les institutions démocratiques. Nous disons non!", a scandé l'un des orateurs.

Sur le même sujet

Traité avec l'Iran : la France suit le dossier avec une "attention particulière"

Monde

Manifestation contre le traité sur le transfèrement de détenus entre l’Iran et la Belgique : "le risque est d'encourager le régime à prendre plus d'otages"

Belgique

Articles recommandés pour vous