Economie

Chantier naval Meuse et Sambre : des repreneurs potentiels frappent à la porte

Une dizaine de repreneurs seraient actuellement intéressés par le chantier naval Meuse et Sambre

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18 févr. 2022 à 08:00Temps de lecture2 min
Par Louis Matagne

Le 28 janvier dernier, le chantier naval Meuse et Sambre, dernier du genre en Wallonie, était déclaré en faillite par le tribunal de commerce de Namur. L’entreprise disposait d’un beau carnet de commandes mais n’avait plus les moyens financiers de les mettre en œuvre. Elle est donc passée sous la tutelle d’un curateur, qui est chargé de trouver des repreneurs solides. Et il semblerait que plusieurs candidats soient intéressés. Interrogé sur le sujet au Parlement cette semaine, le Ministre wallon de l’économie, Willy Borsus, a annoncé que les marques d’intérêts pour une reprise étaient au nombre de dix. Le curateur en charge de la faillite confirme aujourd’hui qu’il y a bien plusieurs candidats repreneurs.

Une vingtaine de travailleurs toujours actifs

Au niveau des ressources humaines, la faillite de Meuse et Sambre a mis septante travailleurs sur la touche. Depuis début février, toutefois, une vingtaine ont été réengagés à durée déterminée par la curatelle, sur les sites de Seilles (Andenne) et Liège. A Seilles, ils sont sous contrat jusqu’à début mars, avec pour mission la construction de barges et la restauration de bateaux. "Compte tenu de l’enjeu de l’implantation industrielle et de l’emploi, nous avons effectivement décidé de poursuivre avec un effectif réduit, explique l’avocat liégeois Pierre Ramquet, curateur de la faillite. Ceci dans le souci de poursuivre diverses commandes qui nous semblent intéressantes et susceptibles d’attirer l’attention de candidats repreneurs." Dans un contexte qu’on imagine difficile, les travailleurs doivent donc essayer de soigner la clientèle restante, tout en faisant office de vitrine pour les candidats repreneurs, qui visitent apparemment le chantier cette semaine et la semaine prochaine. La curatelle espère recevoir des candidatures concrètes, sous la forme de plans industriels, dans les semaines à venir. Par ailleurs, mercredi prochain (le 23 février), le Tribunal de commerce devra statuer sur une éventuelle prolongation de sa tutelle, laquelle arrive techniquement à sa fin.

Moderniser l’entreprise

Si personne n’accepte de donner le moindre indice sur les repreneurs potentiels, côté syndical, on communique toutefois proactivement sur le profil souhaité. " Pour nous, le profil idéal, ce serait un industriel-repreneur, qui s’y connaît dans le métier de la batellerie et peut aussi développer un emploi durable au sein de Meuse et Sambre", explique ainsi Catherine Margraff, permanente CSC. Selon elle, il faut capitaliser sur le savoir-faire actuel tout en se tournant vers l’avenir : "Il va aussi falloir réfléchir à d’autres types de bateau, aux moteurs, à l’électrification, au public visé, pour offrir un avenir durable à l’entreprise." Les syndicats comptent par ailleurs sur l’implication des pouvoirs publics. Ils attendent un appui au repreneur de la part de la Région, mais aussi la mise en place de formations pour permettre aux travailleurs de transmettre leur savoir-faire unique, tout en évoluant vers les nouvelles technologies.

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