On n'est pas des pigeons

« Chaque jour, tout est à refaire ! On se remet en question constamment. » Rencontre avec Benjamin Maréchal et Xavier Guillitte.

Xavier Guillitte, producteur et Benjamin Maréchal, présentateur de "On n'est pas des pigeons"

© Heinrichs Marine

17 mars 2021 à 12:23 - mise à jour 18 mars 2021 à 11:46Temps de lecture5 min
Par Marine Heinrichs

Dix ans plus tard, qui aurait pu imaginer qu’ " On n’est pas des pigeons " serait toujours là, avec un tel succès !

Depuis la première émission, le 21 mars 2011, il s’en est passé des choses ! Ils sont quelques-uns à être là depuis les débuts, comme Benjamin Maréchal et Xavier Guillitte. L’un était chroniqueur, l’autre journaliste. Aujourd’hui, ils assurent la présentation et la production de l’émission. C’est sous leur regard avisé que nous nous faufilons dans les coulisses de cette émission phare de la RTBF

C’était comment les débuts des Pigeons ?

Benjamin Maréchal : Je me souviens qu’il y avait une espèce d’effervescence, on était constamment en mouvement. Tous les jours, on se demandait comment demain, après-demain allait être. Qu’est-ce qu’on allait faire pour innover. C’était très intense.

Tous les jours, on se demandait comment demain, après-demain allait être.

Xavier Guillitte : C’était incroyable, on avait un espace de liberté énorme. C’était 45 minutes d’une télé qui ne se faisait pas encore à la RTBF à ce moment-là. 45 minutes de défis, parce qu’il fallait être créatif pour remplir ce temps d’antenne. Ça a été beaucoup de stress. Mais surtout, ça a été un grand bonheur de voir que dès le départ, la mayonnaise a pris !

En 10 ans, vous devez en avoir des souvenirs ! Y en a-t-il un qui sort du lot ?

Benjamin - Je n’oublierai jamais le lendemain du prime que nous avions fait en novembre 2019. Au matin, toute l’équipe s’est retrouvée pour déjeuner. Nous étions exténués de la veille. L’un de nous a reçu un SMS annonçant les audiences. Elles étaient exceptionnelles. Nous avons tous été pris par l’émotion. C’était une belle récompense.

Xavier - Il y a un moment d’antenne qui m’a particulièrement marqué. C’était le 16 mars 2020. On savait tous que l’heure était grave vu la crise sanitaire qui s’annonçait. On n’allait plus pouvoir faire de la télé comme avant pendant un long moment. L’émission a été interrompue par le discours royal. Malgré cet arrêt, on a fait la meilleure audience de toute l’histoire des pigeons. Et pourtant, ça n’a pas été un moment facile à gérer. Ce souvenir n’est pas joyeux mais il restera à jamais gravé dans ma mémoire.

L’émission a connu une refonte en 2017, qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné, vous vous êtes dit : on doit évoluer et c’est vers là qu’on doit aller ?

Benjamin - Je dis toujours qu’il y a deux périodes dans Pigeons. Le début, où il n’y a pas encore d’émission spécifique à la consommation. Tout était à faire. Avec le temps, l’actualité de consommation a pris de plus en plus place dans les médias. Avec les réseaux sociaux, tout s’est accéléré, l’info conso est devenue omniprésente. C’est là qu’on s’est dit que la patte pigeons devait évoluer. Notre objectif, accompagner cette actualité dès qu’elle apparaît dans l’espace public pour dire qu’elle est là mais surtout, pour expliquer ce que cela implique dans la vie du consommateur.

L'émission aujourd'hui est plus rythmée, centrée sur l’info conso qui nous concerne maintenant.

Xavier - L’émission d’avant avait fait son temps. Au bout de 7 ans, les attentes du public n’étaient plus les mêmes, la manière de communiquer avait changé, l’information était devenue instantanée sur les réseaux. On ne voulait plus être observateur dans un premier temps, puis fournir des reportages dans un second. Il fallait être plus réactif avec des équipes sur le terrain au quotidien. Faire des choix rapides, trier cette masse d’information qui arrive de partout. C’est dans cette optique qu’est né " Pigeons 2.0 ", une émission plus rythmée, qui est centrée sur " l’info conso instantanée ", celle qui nous concerne maintenant.

Et il semblerait que ce " Pigeon 2.0 " rencontre son public. L’émission ne s’est jamais aussi bien portée, c’est donc ça le secret de votre réussite ?

Xavier - En fait, on se remet en question tout le temps, chaque jour est un nouveau défi. Et puis derrière ce que vous voyez en télé, il y a toute une équipe, ce sont des techniciens, des journalistes qui se démènent pour fournir un travail de qualité. C’est en fédérant les forces de chacun qu’on arrive à un résultat comme celui-ci.

L’audience c’est quelque chose qui se gagne au jour le jour. Rien n’est jamais acquis.

Benjamin - Je n’aime pas trop analyser les chiffres, parce que ceux d’aujourd’hui ne sont pas ceux de demain. L’audience c’est quelque chose qui se gagne au jour le jour. Rien n’est jamais acquis. Alors je remercie ceux qui nous regardent et on va tâcher de continuer à proposer un contenu pertinent.

Avec le coronavirus, l’émission a dû aussi s’adapter. Que retenez-vous de positif dans cette crise sanitaire ?

Benjamin - Ça faisait longtemps qu’on souhaitait passer en direct. Avec la Covid, on a franchi le pas. Cela nous permet d’être plus en phase avec notre ligne éditoriale, être là où l’info conso est, au moment où elle se présente.

Xavier - On a dû adapter notre dispositif, en faisant des interviews par skype par exemple. Cela nous permet de donner la parole à beaucoup plus de personnes qu’avant. Pigeons est devenu un réel espace d’échange où le consommateur est au cœur de l’action. Il participe à notre émission, teste des produits, commente nos sujets. Grâce au direct, on interagit en live avec notre public.

Qu’est-ce qui vous motive au quotidien ?

Benjamin - Chaque matin, tout est à refaire. Il faut préparer l’émission du soir. Au fur et à mesure de la journée, vous sentez si l’émission va être bonne ou pas. C’est très excitant. Et puis arrive le moment d’antenne. C’est la concrétisation de tout le travail d’équipe, c’est ça qui est stimulant.

L'antenne c'est la récompense suprême, " le biscuit ".

Xavier - C’est ce moment où il ne reste que deux secondes avant le générique, les dés sont jetés, il n’y a plus qu’à… On savoure cet instant d’antenne parce qu’il est un peu comme la récompense suprême, " le biscuit ". Une fois qu’on y a goûté, on a qu’une envie, c’est de recommencer.

Derrière ce que l’on voit à l’antenne, qu’est-ce que vous voudriez que le public retienne ?

Xavier - Que c’est une émission qui permet d’apprendre des choses mais aussi de passer un bon moment. La bonne humeur que le public voit en plateau, elle correspond à nos personnalités. S’il aime nous regarder, j’aimerais qu’il sache qu’on est comme ça dans la vraie vie.

Benjamin - Il y a un côté " bonne franquette " dans cette équipe que j’aime bien. On ne se prend pas la tête, on s’entend bien, c’est un peu comme une famille. C’est ça qui fait la force des Pigeons.

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Cette complicité entre les membres de l’équipe était déjà présente les années précédentes. Avec le temps, la troupe d’amis a changé mais la ligne de conduite est toujours la même : aider le consommateur à ne plus se faire pigeonner. Alors si aujourd’hui l’heure est au direct et à ne rien louper, demain il en sera peut-être autrement car la force des Pigeons c’est aussi de pouvoir s’adapter aux besoins de la société.


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