Judo

Charline Van Snick fait son come-back : "Je n’étais plus du tout capable de faire du sport"

Charline Van Snick fait son come-back : "Je n’étais plus du tout capable de faire du sport"

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Le bruit des travaux résonne dans les sous-sols du Blocry. Un complexe sportif en chantier, des couloirs un peu sombres, mais la lumière irradie du dojo. A l’intérieur, nous retrouvons Charline Van Snick sur le tatami. La Liégeoise est de retour plus d’un an après sa dernière compétition. Plus d’un an après les Jeux de Tokyo. Un long break causé par des problèmes de santé et des problèmes privés.

"J’ai eu des gros problèmes de santé qui m’ont empêché de m’entraîner" se confie Charline Van Snick. "J’ai essayé de maintenir une activité physique régulière, mais c’était très difficile pour moi de faire du sport et de m’entraîner à un haut niveau. J’ai vraiment dû me concentrer sur ma santé. Prendre soin de moi. Et maintenant, je me sens prête à reprendre les entraînements de haut niveau et la compétition".

Sa dernière compétition date du 25 juillet 2021. La judokate belge n’a plus combattu depuis les JO de Tokyo. Eliminée en repêchages, Van Snick a été évacuée en chaise roulante après sa défaite contre la Britannique, Chelsie Giles. Une chute violente, une légère commotion et une 7ème place en -52 kg pour sa 3ème participation aux Jeux. La médaillée de bronze des JO de Londres vit ensuite des mois difficiles. Une véritable descente aux enfers. Sa carrière sportive passe au second plan. Le judo entre parenthèse avant de retrouver la force et l’énergie pour relancer la machine.

J’ai eu des gros problèmes de santé qui m’ont empêché de m’entraîner 

"Ça a été très difficile parce que je n’étais plus du tout capable de faire du sport" admet la judokate. "Je n’étais même plus capable de faire quelque chose de mes journées. Repartir de ce point-là, c’est très dur parce que je n’arrivais plus à rien faire. Je repars de zéro. Au début, c’était un entraînement par semaine. Après, deux entraînements par semaine. Aujourd’hui, je suis à un entraînement par jour en partant de rien du tout. Pour moi, c’est déjà une énorme progression. Et je continue à avancer petit à petit".

Et malgré les difficultés, la Belge n’a jamais songé à dire stop et à ranger définitivement son kimono.

"J’ai toujours eu envie de revenir sur le tatami" affirme la judokate de 32 ans. "Je ne me suis pas posée la question d’arrêter, mais je me suis posée la question de savoir si mon corps était encore capable d’encaisser les sessions d’entraînement. Et si j’allais pouvoir me rétablir pour pouvoir revenir sur le tatami. C’est une autre Charline. C’est une Charline qui a évolué, qui a traversé des défis et qui a relevé des challenges très difficiles. J’ai évolué. Je suis différente et j’espère que mon corps va me suivre (sourire)".

C’est une autre Charline. Une Charline qui a évolué. J’espère que mon corps va me suivre

Depuis le 1er septembre, Charline Van Snick a donc repris l’entraînement sans brûler les étapes. Avec Cédric Taymans, directeur technique de la fédération francophone belge de judo, la Liégeoise a progressivement augmenté le nombre de séances. L’intensité du travail aussi. Cette semaine, Charline a participé au stage du Team Belgium à Belek et elle enchaînera par un autre stage en Italie. Objectif ? Retrouver la forme pour combattre aux Masters de Jérusalem fin décembre.

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"J’espère être sélectionnée pour les Masters" déclare la judokate. "C’est une compétition qui réunit le top 36 de chaque catégorie. Vu que je suis encore 33e, j’ai mes chances d’être sélectionnée. C’est une sélection qui tombe en décembre. Normalement, c’est un tournoi auquel je devrais participer. C’est un retour sur une très grosse compétition, mais c’est un beau challenge. Ça fait un an et demi que je n’ai pas fait de compétition mais ça fait 20 ans que j’en fais. Donc, je connais. C’est ma vie. La compétition, c’est ma vie. Le tatami, c’est ma vie. Et puis, je ne me mets pas la pression. J’y vais vraiment avec le plaisir de retrouver les tatamis".

Ça fait un an et demi que je n’ai pas fait de compétition mais ça fait 20 ans que j’en fais. Je connais. C’est ma vie!

Retrouver les tatamis et les petits bobos. Car, le judo, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.

"Ça ne s’oublie pas, mais ça fait mal quand on revient !" sourit la Liégeoise. "Ça fait mal aux doigts. Ça brule. C’est dur. Les courbatures,... On oublie un peu la douleur que ça représente, mais avec l’habitude, toutes ces choses diminuent. Il y a le plaisir qui prend le dessus".

A 32 ans, Charline Van Snick peut s’appuyer sur son immense expérience. La judokate qui compte plus de 30 médailles internationales à son palmarès entame sa 4è olympiade. Mais en -52kg, la Liégeoise n’est plus la seule Belge en course pour Paris 2024.

"Amber Ryheul est dans le top 30 en combattant. Moi, je suis aux portes du top 30 sans combattre" déclare la double championne d’Europe. "Et puis, il y a de la place pour tout le monde. Je lui souhaite de faire une carrière pleine de réussite. Et ce sera la mieux classée qui ira aux JO. Si c’est elle, je la féliciterai. La concurrence, ce n’est pas quelque chose qui me fait peur. Aujourd’hui, je suis encore 33e mondiale. Je suis sélectionnable pour les Masters qui auront lieu en fin d’année sans avoir combattu depuis un an et demi. C’est quand même flatteur. Ça prouve que j’ai toujours ma place. Chaque compétition que je vais gagner, je vais engranger des points. Et c’est motivant pour la suite. J’adore le challenge en fait. J’adore le sport. J’adore la compétition. C’est vraiment un défi personnel. C’est mon but de faire une 4e fois les Jeux Olympiques et de repousser encore mes limites".

J’ai toujours ma place. Je veux faire une 4e fois les JO

10 ans après avoir décroché le bronze aux JO de Londres, Charline Van Snick est toujours là. Motivée. Ambitieuse. Déterminée. Et cela, malgré les épreuves de la vie qui ont marqué sa longue carrière.

"La vie, c’est du changement. C’est du changement continu. Je change d’année en année. Mes adversaires changent d’année en année. On évolue tous en fait. Je ne combats pas de la même façon aujourd’hui qu’il y a 20 ans" précise Charline Van Snick. "Et il y a aussi tous les défis de ma vie personnelle. J’ai traversé des procès pour des accusations de dopage. J’ai dû faire face à du harcèlement moral, j’ai dû faire face à des violences. J’ai dû faire face à un divorce. J’ai déménagé. J’ai dû reconstruire ma vie dans un autre pays parce qu’il y a plein de raisons qui ont fait que j’ai dû quitter la Belgique. Tout cela, ça fait l’être humain que je suis aujourd’hui. Ce n’est pas que le sport. C’est aussi ma vie personnelle, ma vie familiale, ma vie sentimentale. Et tout cela, ça fait la personne que je suis aujourd’hui et comment je m’exprime sur le tatami".

C’est une autre Charline qui repart au combat. Une Charline Van Snick qui reste une battante. Une jeune femme toujours animée par la même rage de vaincre.

"Ça, cela ne change pas !" conclut la judokate belge. "Ce challenge de tout le temps essayer de m’améliorer. De tout le temps repousser mes limites. Il est toujours là et cette flamme est toujours là".

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