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Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison

Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison.

© Dominique Vandecappelle

19 mai 2022 à 12:23 - mise à jour 19 mai 2022 à 13:04Temps de lecture3 min
Par Nicolas Rondelez

Tout a commencé pendant les longues périodes de confinement. "Je n’en pouvais plus de voir la chapelle des Déportés, à quelques centaines de mètres de chez moi, tomber en ruine", explique Yves Brison. À mon avis, elle était vouée à la destruction. Mais c’est un lieu symbolique parce qu’il a été construit à la fin de la guerre 14-18. Une promesse que s’était faite un habitant de Saint-Remy (entité de Chimay) si lui et tous les autres déportés du village revenaient sains et saufs de la guerre.

"Alors, lors d’un souper avec des amis, j’ai annoncé que j’allais la restaurer, cette chapelle. Et quelques jours plus tard, j’ai pris ma brouette, ma pelle, et je me suis mis au travail". Un chantier d’un an : fondations, stabilité, boiseries, crépis, peintures… Car c’est vrai qu’avant son intervention la chapelle des Déportés avait piètre allure.

Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison.
Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison. © Tous droits réservés

Un chantier après l’autre

Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison.
Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison. © Tous droits réservés

Encore plus près de chez lui, Yves Brison, insatiable, s’attaque ensuite à la rénovation de la chapelle du Calvaire. Et là aussi, tout est à refaire, particulièrement la charpente. Heureusement, Yves Brison est un bricoleur touche à tout.

"J’ai appris certaines choses sur le tas. Et quand je ne savais pas comment m’y prendre je demandais conseil, à droite et à gauche". La restauration est presque terminée et Yves lui a apporté une certaine touche de modernité : "En enlevant l’ancien enduit du plafond, j’ai découvert des petites étoiles en laiton. J’y ai donc ajouté des petites ampoules LED bleues. Elles sont alimentées par un panneau solaire. C’est assez joli, je trouve".

L’appel à un ami

Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison.
Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison.
Chimay : et une… et deux… et trois chapelles restaurées par Yves Brison.

Mais la pièce maîtresse de cette chapelle du Calvaire, c’est une monumentale sculpture en plâtre. Une pietà qui représente le christ chrétien, dans les bras de sa mère, lors de la descente de son corps de la croix. Une œuvre qui a souffert du temps. Un moulage en plâtre, creux, donc, qui présente des trous et des manques. Mais ça, ce n’est pas du ressort d’Yves qui confie l’œuvre à son ami Jean-Claude Dresse, peintre et sculpteur local qui a réalisé le cadran solaire géant récemment installé sur le Ravel à Virelles.

"Cette pietà est une œuvre de valeur. Les proportions et les drapés sont très soignés. Les détails sont extraordinaires. C’est du plâtre, ça n’a pas évidemment le prestige du marbre, mais c’est certainement un grand artiste qui a réalisé cette œuvre. Il ne doit plus y avoir beaucoup d’artistes capables de réaliser ce genre d’œuvre. Il y avait un trou, un manque important au niveau de l’épaule de Jésus. J’ai également restauré les doigts de la Vierge qui étaient cassés. A présent, après une couche d’enduit, je la pendrai dans un blanc qui reproduit l’aspect marbre. C’est une pièce qui le mérite. J’ai hâte qu’elle réintègre la chapelle et magnifie le superbe travail d’Yves".

© Tous droits réservés

Jamais deux sans trois

Cette fois, ce n’est pas Yves lui-même qui est à l’initiative mais des particuliers qui, séduit par son travail, sollicite Yves pour la rénovation d’une petite chapelle qui se trouve en bordure de leur terrain, à Momignies. Ils financent les matériaux. Yves, lui, met à disposition ses bras et le savoir-faire acquis sur ses deux précédentes réalisations. En deux ans, Yves finalise donc la rénovation de trois chapelles du petit patrimoine sacré chimacien.

Sur ses propres fonds alors qu’il existe des subsides

"Pendant deux ans, on ne pouvait plus aller au restaurant, on ne pouvait plus partir en vacances, explique Yves. Donc, je disposais d’un petit pécule et cela me tenait à cœur". À l’exception de son troisième chantier, dont le coût des matériaux a été assumé par les propriétaires, Yves a donc supporté les frais relatifs à ses deux premières restaurations sur ses propres fonds. Par amour et par passion pour ce Petit Patrimoine Populaire, en l’occurrence religieux, dans son environnement direct.

Des subsides existent, pourtant, à destination des particuliers qui veulent restaurer et mettre en valeur ce Petit Patrimoine Populaire wallon. L’AWAP, l’Agence Wallonne du Patrimoine dispose d’une enveloppe annuelle de 300.000 euros et de subsides d’un maximum de 7500 euros à destination des particuliers qui, comme Yves, souhaitent restaurer et mettre en valeur les petits trésors de leur environnement.

Menace de divorce

On imagine bien que c'est un travail de titan qui a occupé Yves, jeune retraité, depuis deux ans. Pas sûr qu'il enchaîne avec d'autres rénovations tout de suite. En cause, la menace émise par son épouse, en forme de clin d'oeil : "maintenant, ça suffit, s'exclame-t-elle ! La maison familiale aussi a besoin de travaux et d'entretien ! S'il remet cela, je demande le divorce !". Reste à voir si Yves entendra les prières de son épouse ! 

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