RTBFPasser au contenu
Rechercher

Politique

Christie Morreale à Jeudi en Prime : les maisons de repos appartenant à Orpea en Wallonie ciblées par des inspections

27 janv. 2022 à 20:25 - mise à jour 27 janv. 2022 à 20:27Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet

Christie Morreale (PS), la ministre wallonne de la Santé était l’invitée de l’émission Jeudi en Prime, sur la Une, après le Journal télévisé. Elle était notamment interrogée sur les accusations de maltraitance dans des maisons de repos du groupe Orpea en France. Alors que le groupe Orpea possède aussi des établissements en Belgique, faut-il s’inquiéter ?

Cinq maisons de repos du groupe Orpea contrôlées inopinément aujourd’hui en Wallonie

Pour Christie Morreale, les faits révélés en France au sein de maisons de repos du groupe Orpea sont "intolérables". La ministre estime qu’il est de sa responsabilité de vérifier qu’en Wallonie, cela ne se passe pas de la même manière. En Wallonie, "nous avons 19 maisons de repos qui dépendent du groupe Orpea. Des enquêtes sont diligentées", précise la ministre.
Et d’expliquer que la Région wallonne dispose d’une équipe de 14 inspecteurs qui se rendent dans les maisons de repos pour les contrôler. "Aujourd’hui, par exemple, il y a eu cinq inspections inopinées dans cinq maisons de repos qui dépendent du groupe (Orpea)", confirme la ministre wallonne de la Santé. "J’aurai le rapport dans les prochains jours, puisque j’ai demandé d’autres inspections", ajoute la ministre.

Christie Morreale explique aussi que depuis un an et demi, les contrôles dans les maisons de repos se font de manière inopinée, sans rendez-vous. L’an dernier, 521 contrôles ont été effectués dans les maisons de repos wallonnes.

Dès qu’il y a une plainte, un contrôle est effectué. En 2021, 81 plaintes contre des maisons de repos ont été formulées et suivies d’autant d’inspections. "On voit les délégués syndicaux, on voit les travailleurs, on voit la direction, on voit les médecins coordinateurs et l’Aviq fait un rapport qu’elle nous transmet avec des sanctions potentielles à la clé", explique la ministre. Cela a, par exemple, conduit à la fermeture d’une maison de repos à Tournai, où des faits de maltraitance répétés se sont produits.

Dans les maisons de repos, le meilleur côtoie le pire

Pour la ministre, "il faut être intransigeant". Pour elle, dans les maisons de repos, le meilleur côtoie le pire. La Région wallonne compte 600 maisons de repos dans lesquelles, pour la ministre, "il faut distinguer le bon grain de l’ivraie""Il y a dans les maisons de repos le pire et le meilleur qui parfois se côtoient. Certaines ont des conditions extrêmement bonnes, et il faut aussi saluer les personnes qui, depuis deux ans, se défoncent dans ce secteur-là, que l’on ne voit pas souvent mais qui sont des gens remarquables", souligne la ministre.

Quand on demande à la ministre s’il ne faudrait pas revoir les normes d’encadrement et donner plus de moyens au secteur des maisons de repos, la ministre répond que "sous cette législature, on n’a jamais autant donné aux maisons de repos". Pour la ministre, elles en avaient besoin. Les personnes les plus dépendantes ont reçu d’encadrement supplémentaire. "Des logos, des kinésithérapeutes ont été engagés. On a mis des médecins coordinateurs dans chaque maison de repos. On a créé des liaisons. On a des équipes mobiles, des psychologues qui passent", explique la ministre qui chiffre à 260 millions d'euros en Wallonie, les moyens mis pour ce secteur et celui de l’aide aux personnes.

Quant aux maisons de repos gérées par le privé, comme c’est le cas pour Orpea, avec des objectifs financiers de rentabilité et de rendement pour les actionnaires, Christie Morreale rappelle que pendant la crise, toutes les aides Covid ont été conditionnées. Il y a eu des moyens supplémentaires "moyennant le fait qu’il n’y ait pas d’augmentations de tarif, pas de licenciement de personnel et pas de dividendes donnés dans les maisons de repos privées".

Pour la ministre, il faut aussi de la nuance. "Ce ne sont pas toujours des cas de maltraitance qui sont dans des groupes uniquement privés", dit-elle. Les risques existent aussi dans les maisons de repos gérées par l’associatif, par exemple. Mais, dit la ministre, "il y a un risque qui me semble plus important là où il y a un profit à tous crins".

Sur le même sujet

France : le groupe Orpea condamné au civil pour négligence après le décès d’une patiente

Monde

Scandale Orpea en France : le gouvernement publie un rapport d’enquête accablant

Monde Europe

Articles recommandés pour vous