Christie Morreale (PS), ministre wallonne de la Santé : "Il faudra peut-être une année pour vacciner tous ceux qui le souhaitent"

Quand commencera la vaccination contre le Covid-19 en Belgique ? Qui sera prioritaire ? Comment encourager la population à se faire vacciner ? La stratégie de la Belgique commence à se dessiner, mais certaines questions restent en suspens. Christie Morreale (PS), ministre en charge notamment de la Santé en Région wallonne, était l’invité de Matin Première ce vendredi pour faire le point.

Concernant la vaccination dans les maisons de repos, Christie Morreale affirme que "ça peut se faire rapidement". Objectif : "Vacciner le personnel en première ligne." Elle ajoute que la vaccination se fera "sur place. On travaille avec la médecine du travail, avec les médecins coordinateurs comme on l’a fait dans le cadre du testing".

Reste que ce programme de vaccination, c’est "une fameuse logistique qui se met en place". Selon la ministre, "on sait que ça va arriver au compte-gouttes." Dans un premier temps, il y a 300 000 personnes à vacciner, dont 100 000 dans les maisons de repos en Wallonie. "Il ne faut pas promettre ou envisager que la vaccination pourra se faire en un mois. […] Le moment ou toute la population sera vaccinée prendra probablement 8-9-10 mois, peut-être une année, pour être sûr qu'on ait vacciné tous ceux qui le souhaitent de manière gratuite."


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À terme, Christie Morreale souligne que la Belgique a commandé 22 millions de vaccins. Dès lors "on pourra vacciner toute la population si on le souhaite". Mais cela reste une "course contre la montre pour les firmes pharmaceutiques qui doivent se faire agréer et puis qui doivent produire, affirme la ministre de la Santé. Même si certaines firmes pharmaceutiques ont déjà commencé la production et elles prennent un risque si leur matériel n'est pas agréé, mais c’est en bonne voie."

Seule certitude à l’heure actuelle : "On a la garantie qu’on devrait obtenir 600 000 vaccins de Pfizer en Belgique pour le mois de janvier."

L'arrivée du vaccin ne va cependant pas tout régler en un clin d’œil. "Être vacciné va nous libérer d’un poids, cela ne permettra pas de vivre de manière totalement indépendante du virus, mais ça va nous permettre de reprendre des activités, même si sans doute on devra garder une partie des gestes barrières, des distances et des règles d'hygiène."


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Christie Morreale insiste : "La liberté de se faire vacciner reste totale. On a souhaité que ça ne soit pas obligatoire, les gens choisissent." Se fera-t-elle vacciner pour montrer l’exemple ? "Il ne faut pas qu’on soit privilégié, nous politiques, et respecter l’ordre. Je suis une population de moins de 45 ans donc je me ferai vacciner dans la dernière partie des citoyens. Je veux bien attendre mon tour. Si maintenant ça peut être un symbole de pouvoir montrer la confiance que je porte en tant que ministre dans le vaccin, alors oui je le ferai."

Il reste donc un gros travail de pédagogie à faire pour les autorités en vue de convaincre la population des bienfaits du vaccin. "Avant de convaincre, il faut informer et être transparent et pédagogue. On va avoir toutes les informations possibles sur les effets de ces vaccins et les communiquer. D’abord aux médecins, aux professionnels de la santé, aux infirmiers à qui les citoyens vont demander leur avis."

Christie Morreale déclare que cette campagne d’information se fera notamment via "des questions/réponses sans tabou dans les médias, des grands débats citoyens aussi. Ça doit se mettre en place très rapidement, dans ce mois-ci".

Selon elle, convaincre la population de l’utilité du vaccin doit aussi se faire partout et par tous : "Ce n’est pas que la responsabilité des hommes et femmes politiques. Ce n'est pas nous qui dispensons la bonne parole ou sommes les juges de ce qui est bon ou ce qui n'est pas bon Dans un processus démocratique il y a des citoyens, des leaders d’opinion, des scientifiques, des sociologues… quand on est dans le stress et l’angoisse, ça crée des réactions de ce type-là. C’est important de comprendre et d'y répondre sans jugement, mais en même temps de ne pas laisser filer parfois des informations totalement fausses."

Il ne faudrait pas qu’en 2-3 jours on détricote tous nos efforts

Après des mois de gestion d’une crise inédite, avec son lot de contestations, les différents niveaux de pouvoir font face à un défi de taille : gérer efficacement une campagne de vaccination dans un contexte sanitaire et économique tendu. "On apprend à chaque fois des épreuves qu’on traverse. Au début on est face à un virus qu’on ne connaît pas, dans une crise sanitaire inédite. Notre responsabilité, c’est aussi de tirer des enseignements de chacune de ces crises."

En attendant, les Belges devront vivre des fêtes de fin d’année en limitant les rassemblements. Si Christie Morreale souligne les mesures présentées vendredi dernier, elle reste vague sur un assouplissement dans les semaines à venir. "On doit continuer nos efforts. On a fait énormément d’efforts en quatre semaines. Aujourd'hui la Belgique est dans le top 10 de la gestion du Covid. Il ne faudrait pas qu’en 2-3 jours on détricote tous ces efforts-là. Si on retrouve la santé, alors on retrouvera aussi l’économie, le lien social et le lien culturel qui est tellement important pour nous."

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