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Chute des prix des légumes : un agriculteur belge détruit son surplus de choux et dénonce l'industrie alimentaire

27 juil. 2022 à 11:59 - mise à jour 27 juil. 2022 à 13:11Temps de lecture2 min
Par Benjamin Verpoorten et Françoise Dubois (mis en page par M. Lehnertz)

Moitié prix, c'est ce qu'on proposait à un agriculteur flamand pour ses surplus de choux. Il a préféré détruire et nourrir son champ plutôt que payer pour arracher à perte. Un geste de colère vis-à-vis des usines de congélation.

Cela aurait pu être une bonne nouvelle : la récolte de certains légumes est bonne ... trop bonne. Et qui dit trop d'offre et pas assez de demande, dit chute des prix. À tel point qu'un agriculteur flamand a détruit ses surplus de choux. Un geste et une situation qui ne sont pas sans conséquence, à terme, sur l'avenir de cette filière.

Le "désespoir" des agriculteurs

Cet agriculteur a travaillé une année et n’aura aucun revenu de sa parcelle.

Pour les agriculteurs, il est de plus en plus difficile de faire face aux coûts de production.
Pour les agriculteurs, il est de plus en plus difficile de faire face aux coûts de production. RTBF

Ce geste fort pour dénoncer le prix d'achat proposé est une situation que Baudouin Dewulf, agriculteur à Geer, comprend. Celui-ci négocie des contrats pour un groupe d'agriculteurs : "Je comprends le désespoir de cet agriculteur qui a travaillé une année et n’aura aucun revenu de sa parcelle. Ça nous est déjà arrivé une fois qu’on soit arrivé au quota et que la marchandise qui reste ne sera pas vendue ou à très petits prix. Et que cela ne paie même pas la récolte. On détruit. On l’a déjà vécu en pommes de terre ou en choux de Bruxelles".

Le prix proposé par contrat est basé sur un tonnage, un rendement moyen. Parfois, les surplus sont prévus dans le contrat, mais si ce n'est pas le cas, il se négocie au bon gré de l'usine ou du marché, au plus bas pour l'instant vu l'offre supérieure à la demande.

Le risque ? Moins de légumes pour plus de céréales

Les entreprises seraient privées du volume de matières premières nécessaires.

Chaque année, 1 milliard de tonnes de légumes congelés quittent la Belgique. Ce qui en fait le leader européen de l'exportation.
Chaque année, 1 milliard de tonnes de légumes congelés quittent la Belgique. Ce qui en fait le leader européen de l'exportation. RTBF

À terme, le risque, c'est un désintérêt pour la culture de légumes. José Renard, de la fédération wallonne de l'agriculture, confirme cette inquiétude : "Nous connaissons une situation d’augmentation générale des coûts. Si les transformateurs n’intègrent pas cette augmentation générale en payant un peu plus les agriculteurs, on pourrait avoir des gens qui disent qu’à ce prix-là, plutôt que d’en baver, ne passent pas de contrat. Et donc là, les entreprises seraient privées du volume de matières premières nécessaires".

En Flandre, le nombre de surfaces cultivées pour les légumes a d'ailleurs déjà diminué au profit des céréales dont le prix de vente explose. Ce qui est problématique pour la Belgique, leader européen de l'exportation. Chaque année, 1 milliard de tonnes de légumes congelés quittent le pays.

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