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Cinéma : La Nuit du 12 – La Dégustation

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Le mercredi à 8h45 dans Coffee on the Rocks, sur Classic 21 !

Des coups de cœur, des découvertes, des pépites et des déceptions aussi, ça fait partie du jeu de la critique ! Début septembre, c’est plutôt calme. Pas de blockbuster ni de films spectaculaires, ce qui laisse la place à des œuvres, certes, plus modestes mais qui méritent toute votre attention. Et mon choix s’est porté sur un grand polar avec un acteur belge au sommet de son art !

Je parle de Bouli Lanners à l’affiche du film policier : ''La nuit du 12'', signé Dominik Moll ; un réalisateur qui a signé des films troubles, ambigus et très marquants comme ''Harry, un ami qui vous veut du bien'' ou plus récemment, le très beau ''Seules les bêtes''. Son nouveau film tord littéralement les codes du polar. En règle générale, l’intérêt d’un film policier, c’est la résolution de l’enquête. Dominik Moll a choisi le chemin inverse : dès le début du film, il nous révèle que nous allons être confrontés à un cold case, l’une de ses affaires sans conclusion, sans assassin, le film est inspiré d’une histoire vraie ! Alors où résident l’intérêt et les qualités de ''La nuit du 12'' si on sait tout de suite qu’on ne trouvera pas le coupable ? Très bonne question, car il y a malgré tout de la tension et du suspens. Cette enquête sur l’assassinat d’une jeune femme semble presque banale. L’intérêt du film réside en fait dans ce qu’il dit de la police d’aujourd’hui : les implications psychologiques, le manque de moyen, le quotidien éprouvant d’hommes consciencieux mais perdus aussi face aux impasses de la justice. ''La nuit du 12'' prend également la forme d’une triste comédie humaine qui explore la notion de virilité et la masculinité toxique à travers les interrogatoires des hommes qui ont croisé la route de la victime. Misogynie du quotidien, jugements hâtifs sur la vie sexuelle d’une jeune femme, chaque homme interpellé nous éclaire sur les violences symboliques faites aux femmes sans que le film ne soit un film à thèse sur le féminicide. L’histoire est très prenante et la mise en scène, l’atmosphère, totalement captivante. Autre point fort, la justesse des acteurs avec un gros coup de cœur pour la tendresse désespérée de Bouli Lanners qui campe un flic mélancolique qui ne sortira pas indemne de cette enquête. Je ne serais pas étonnée de le voir aux César, en lice pour le meilleur second rôle. Le spectateur ne sort pas indemne non plus de ce film qui prend aux tripes : ''La nuit du 12'', l’immanquable de cette rentrée !

La Nuit du 12

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On va rester dans le cinéma français avec une comédie douce-amère qui s’intitule : ''La dégustation''.

Où quand deux quadras célibataires depuis longtemps renouent avec l’amour, chacun trimballant ses douleurs d’échecs sentimentaux du passé. La première partie du film est plutôt comique avec toutes ces maladresses de la drague quand on est célibataire depuis longtemps, l’histoire devient plus touchante dans sa deuxième partie, quand les deux héros ouvrent leurs cœurs. Le film fonctionne d’ailleurs surtout grâce au charme de son couple central : Isabelle Carré et Bernard Campan. Ils connaissent bien ces rôles car avant d’être un film, ''La dégustation'' était une pièce de théâtre, jouée justement, par ces deux comédiens. De la tendresse et de jolis sentiments au programme mais pas un film inoubliable non plus, on est très très loin de l’excellent ''La nuit du 12'' qui sort donc cette semaine : priorité ciné à ce polar de haut vol !

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