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Cinq mois après les inondations de juillet : "On est face à une assurance fantôme"

14 déc. 2021 à 10:35 - mise à jour 14 déc. 2021 à 13:30Temps de lecture3 min
Par Julie Calleeuw d'après Le dossier de la rédaction de François Heureux

C’était le 15 juillet dernier, il y a cinq mois. La Belgique, surtout la province de Liège, était touchée par de terribles inondations. 38 personnes ont perdu la vie dans cette catastrophe et des centaines d’autres se sont retrouvées sans logement. C’était il y a cinq mois maintenant.

Justine Denis, échevine des Affaires sociales et présidente du CPAS de Limbourg, qui a été particulièrement défigurée par ces inondations, et Monique Cramilion, sinistrée à Ensival, à côté de Verviers, étaient invitées sur La Première. 

Dossier de la rédaction

Le bilan 5 mois après les inondations

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"Il y a cinq mois, ce n’était pas une inondation, c’était une catastrophe. Une inondation, c’est quand on a un mètre d’eau dans sa cave. Ici, on avait quatre mètres d’eau dans la maison. Tout a été ravagé, les meubles arrachés, les portes arrachées, tout a été ravagé. Le plus important, c’est qu’on en sorte vivant, mais le drame, c’est qu’aujourd’hui on en est exactement au même stade", constate Monique Cramilion.


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"Nous avons vécu encore deux mois dans notre maison parce qu’on avait la crainte de pillages, puisque les portes étaient défoncées, la porte du garage n’existait plus, mais avec le froid, on a dû quitter et on a loué une maison ailleurs parce que notre maison n’a pas de chauffage, n’a pas d’électricité, n’a pas d’eau chaude. Dans l’état, elle est comme au lendemain des inondations. Et cela, tout simplement parce que les assurances ne font pas leur boulot", regrette-t-elle.

En Belgique, au 21e siècle, c’est impensable

"Nous avons eu un expert qui a raboté de 40% le devis de l’entrepreneur. Nous avons ouvert une contre-expertise, mais là, en l’état, il n’y a rien qui s’est passé. Notre maison est inhabitable. […] On est face à une assurance fantôme. Et ça, c’est grave. Quand on a un contact téléphonique, c’est pour entendre que tout le monde est débordé. Oui, on sait que tout le monde est débordé, mais on n’a qu’à faire appel à d’autres personnes. Ce n’est pas normal. Nous, nous avons la chance de pouvoir avoir reloué une maison, on n’est pas dans les plus meurtris, mais il y a des gens qui sont toujours dehors ou dans des caravanes. Et ça, en Belgique, au 21e siècle, c’est impensable".

Après les inondations à Ensival
Après les inondations à Ensival

Des dossiers d’indemnisations des assurances qui n’avancent pas, Justine Denis le constate également à Limbourg. "Il y en a qui ont été indemnisés et d’autres pas du tout. Pour mon cas, on n’a pas encore été indemnisé, on n’a l’expertise et contre-expertise que vendredi, et il y a des gens qui n’auront leur expertise et contre-expertise qu’en janvier. Ça fait long ! C’est donc difficile de se projeter au-delà".

L’échevine aussi dénonce un manque de soutien. "L’assurance était très présente au début et, à un moment donné, quand ils ont vu les sommes qu’ils allaient devoir certainement sortir, ils ont pris beaucoup de recul et ça a pris une ampleur à laquelle, à mon avis, ils ne s’attendaient pas".


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A Limbourg, des sinistrés vivent aussi sans chauffage. "Le gaz, on l’a récupéré depuis le 15 octobre, mais tant que les chaudières ne sont pas changées, les gens ne peuvent pas récupérer le gaz. Il faut une conformité. Donc, tout le monde n’a pas récupéré le gaz dans les habitations. … Et en plus, il y a rupture de stock de chaudières, donc c’est très compliqué […] On a reçu beaucoup de chaufferettes, donc on les a distribuées. Ce sont des chaufferettes, ça consomme énormément, donc au niveau énergie, ça va être une catastrophe".


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D’autant que les sinistrés utilisent aussi des déshumidificateurs. "En un mois, on consomme ce qu’on consomme peut-être sur une année".

"Tous les sinistrés peuvent tous avoir droit au tarif social au niveau de l’énergie. Pour ça, il faut s’adresser au CPAS avant le 31 décembre. Ça fera une petite aide, tout est bon à prendre, et il y a la fameuse prime de chez Ores et Resa, où on peut tous avoir 550 euros pour l’énergie. Donc ça, ça vaut la peine d’aller vers eux pour avoir cette prime."

 

Photos prises après les inondations à Limbourg
Photos prises après les inondations à Limbourg
Photos prises après les inondations à Limbourg

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