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Sportives

Claire Michel déjà focalisée sur les J.O de Paris : "C'est une perpétuelle négociation avec mon corps"

Claire Michel déjà focalisée sur les J.O de Paris : "C'est une perpétuelle négociation avec mon corps" (rires)

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13 juil. 2022 à 08:29Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

À 33 ans, Claire Michel n'a rien perdu de sa bonne humeur et de son perpétuel optimisme. Parce que même si elle continue à être martyrisée, par moments, par un corps qui ne semble visiblement pas décidé à la laisser tranquille, la triathlète belge sait qu'elle en a encore sous le capot. Alors qu'elle a déjà les yeux rivés vers les J.O de Paris en 2024, nous l'avons rencontrée lors d'une journée d’entraînement.

C'est le visage enfoui sous l'eau que nous la retrouvons à la piscine du Blocry à Louvain-la-Neuve. Malgré l'heure bien matinale, Claire Michel enchaîne les longueurs à un rythme soutenu, peaufinant le moindre geste et ne prenant que de rares pauses pour s'hydrater.

Après quelques minutes, elle se rend compte de notre présence : "Salut ! Je la fais calme aujourd'hui. Je ne fais "que" 5 kilomètres" sourit-elle avant de replonger, tête la première, dans le bassin. 

Ce matin-là, elle passera l'essentiel de son temps dans la piscine louvaniste. Et pour cause, son mollet, qui avait déjà fait des siennes aux Jeux de Tokyo, la refait souffrir et l'empêche de courir. "À l’époque, à Tokyo, j’avais senti une vive douleur après 5 kilomètres de course. J’avais vraiment tenu à finir, pour moi et pour oublier Rio 2016 (NDLR : elle avait dû abandonner, disqualifiée après avoir été rattrapée par des concurrentes). Mais j’ai peut-être un peu trop tiré et là j’ai à nouveau mal. Pourtant, on avait été très assidus dans le programme de rééducation..."

Claire Michel en compétition.
Claire Michel en compétition. © Tous droits réservés

“Si je pouvais parler à mon corps ? Je lui dirais d’être plus courageux”

Une rechute qui aurait pu miner le moral de cette éternelle optimiste mais qui, au contraire, la pousse encore et encore à se battre : “Je suis une battante, je l'ai toujours été. La vie c’est 10% ce qui nous arrive et 90% comment on réagit. On pense savoir comment ça va se dérouler, on pense pouvoir anticiper les choses mais ce n'est pas toujours le cas. Et puis, bon, quelle est l'alternative ? Oui il y a de la frustration, de la tristesse avec cette blessure qui revient. On peut ressentir ça pendant un certain temps mais après ça il faut l'accepter et passer à l'action.”

A 33 ans, elle se retrouve donc à nouveau freinée dans son élan. Nous en profitons donc pour lui poser une question volontairement provocante. Que lui dirait-elle si elle pouvait parler à son corps ? La réponse, tout en humour, fuse : ‘D’un côté, je suis très reconnaissante pour tout ce qu’il me permet de faire. Mais de l’autre, j’aimerais qu’il soit un plus résilient et courageux aussi. C’est toujours une négociation, moi qui parle à mon corps, mon corps qui réagit et qui dit “Mais non…” (rires).

Quand, au sortir d’une séance à vélo, on lui demande quel est son grand objectif pour les années à venir, Claire ne passe pas par quatre chemins. Plus qu’un grand objectif sportif, elle veut pouvoir exercer son métier sans être freinée par son corps : “Si aux Jeux de Paris, j’arrive à faire une performance où je sais que j’ai tout donné sans être freinée par mon corps, quitte même à finir 15e, je pourrais être fière. Il y a toujours cette envie de faire mieux” conclut-elle, toujours avec le sourire.

C'est tout ce qu'on lui souhaite, évidemment !


 

Claire Michel, triathlète belge.
Claire Michel, triathlète belge. © Tous droits réservés

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