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Clap 200e en Premier League : "L’effet De Bruyne", ou l’art de rendre probable l’improbable

Kevin De Bruyne s’apprête à disputer son 200e match de Premier League.
25 févr. 2022 à 11:00 - mise à jour 25 févr. 2022 à 19:29Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

Ce samedi face à Everton, Kevin De Bruyne disputera son 200e match de Premier League avec Manchester City. Une étape importante pour un joueur qui s’est toujours surpris à grimper quatre à quatre les échelons qu’on aimait lui fixer. Parce que s’il n’est que le 8e Belge le plus capé de l’histoire du championnat anglais, il est peut-être celui qui a le plus marqué la Premier League de son empreinte. Grâce à son style de jeu, grâce à "l’effet De Bruyne".

Rédiger un article sur Kevin De Bruyne, une mission si complexe. Parce que tout a déjà été dit ou presque. Et que les angles d’attaque sont tellement nombreux. On pourrait évidemment évoquer ses exploits anglais, de son palmarès long comme le bras ou de ses prouesses balle au pied. De ses récompenses collectives, de son emprise sur le jeu de Manchester City ou de son côté parfois volontairement flegmatique. Mais tout ça a sans doute déjà été dit ou écrit à maintes reprises. Parlons plutôt de l’effet Kevin De Bruyne.

'L’effet De Bruyne' : discret mais perceptible à Genk…

Kevin De Bruyne sous le maillot de Genk.

Je me rappelle très bien de la 1e fois où j’ai vu KDB à l’oeuvre. C’était en 2008. Il n’avait que 18 ans environ, le visage d’un prépubère et semblait flotter dans ce maillot de Genk trop grand pour lui. Mais déjà à l’époque, alors que cet intrigant médian n’avait quasiment encore rien prouvé, je ressentais un certain "effet" Kevin De Bruyne.

Difficile de le quantifier, de l’expliquer ou de mettre les mots dessus. Mais disons que cet "effet" résultait alors d’un mélange déroutant de fascination teintée d’un zeste d’effarement. Cette fascination qui me faisait (déja) bondir devant mon écran. Puis le fronçage de sourcils et l’éternelle question "Mais comment fait-il ?"

Cette dernière question résume d’ailleurs peut-être mieux qu’une autre la carrière de Kevin De Bruyne. Comment fait-il ?

Sans daigner donner un élément de réponse, De Bruyne aime lui en jouer. Pour lui, au plus la passe est sortie de derrière les fagots, au mieux c’est. Son sourire, discret mais visible après chaque éclair de génie, en est peut-être la plus belle illustration.

…puis à son apogée sous Guardiola à Manchester City

Kevin De Bruyne, maestro de Manchester City.

Quand il débarque donc en Premier League à l’aube de l’été 2015, Kevin De Bruyne réunit tous les ingrédients pour devenir un futur très grand. Il vient de marcher sur la Bundesliga avec Wolfsburg (10 buts, 21 passes décisives !) et veut effacer la cuisante erreur de parcours Chelsea signée quelques années plus tôt. Revanchard et ambitieux et donc forcément dangereux.

Disparu quelques mois plus tôt, notre fameux "effet Kevin De Bruyne" refait donc très vite surface. Parce que le Diable rouge fait aussi sans doute partie de cette (petite) gamme de joueurs qui carbure à la confiance. Son diesel à lui ? La joie de jouer, la confiance de ses pairs et une certaine liberté dans ses mouvements.

Débarqué à l’Etihad Stadium en 2016, Pep Guardiola le comprend très vite. De chef d’orchestre, De Bruyne passe donc maestro. Les clés du camion mancunien lui sont confiées et tous les ballons se mettent à transiter par ses pieds.

En 6 saisons, De Bruyne prend une importance capitale dans le jeu mancunien. Son tableau de chasse ? 3 titres de champion d’Angleterre, 1 FA Cup, 5 League Cup et un titre de meilleur joueur du championnat lors de la saison 19/20. Ses stats personnelles ? 49 buts et 81 assists en 199 matches de Premier League (dont 3 avec Chelsea).

Discret mais perceptible à Genk, disparu à Chelsea, en pleine recrudescence en Bundesliga, l’effet De Bruyne atteint donc finalement son apogée sous Guardiola. Cet effet qui fait que dès que KDB a la balle dans les pieds, on sent qu’il peut se passer quelque chose. Pas forcément qu’il va se passer quelque chose mais bien qu’il peut se passer quelque chose. La nuance est infime mais primordiale.

Une passe, un décalage, un crochet, un contrôle, un tir, De Bruyne suscite désormais la crainte. La défense, elle, se met à reculer, à hésiter, à tenter d'anticiper, à croire qu'il peut se passer quelque chose. 

Quelques années plus tard, je pense donc avoir enfin trouvé la meilleure définition de l’effet Kevin De Bruyne. Aujourd'hui, parfois même sans rien faire, KDB s'érige comme une menace potentielle, un danger permanent. 

 En fait, De Bruyne a peut-être tout simplement su rendre probable l’improbable.

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